‹ Précis de médecine légaleChapitre 155 sur 410 · ARTICLE PREMIER. — VIOL · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER. — VIOL

Nous avons déjà donné la défmition du viol (p. 354) ; pour qu'il soit consommé, il faut qu*il y ait eu introduction de la verge dans le vagin. Au point de vue de l'expertise, il y a lieu de distinguer les cas où le viol est commis sur une femme antérieurement déflorée ou sur une fille vierge.

§ I. — Mol sur une femme antérieurement déflorée.

On comprend que lorsqu'il s'agit d'une femme qui a eu antérieurement des rapports sexuels, la preuve médicale du viol ne peut être faite que dans des circonstances exceptionnelles. Il est rare en effet que l'introduction violente et non consentie du pénis laisse dans ces cas des traces sur les parties sexuelles. Cela arrive cependant quand le coït a été

répété un grand nombre de fois en peu de temps. On trouve alors la muqueuse vulvaire contusionnée, excoriée, tuméfiée et enflammée, mais le plus souvent sans écoulement notable. La muqueuse vaginale est lésée de la môme façon, mais en général à un degré moindre. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire que la femme ait opposé une résistance un peu sérieuse pour que de telles lésions se produisent. Nous les avons vues extrêmement accusées, chez une fille publique de 17 ans, qui avait été violée, en l'espace d'environ deux heures, par seize individus dont plusieurs avaient réitéré l'acte sexuel. Or, cette fille ne portait aucune marque de violences sur le reste du corps, et elle reconnaissait que sa résistance physique avait été à peu près nulle.

En l'absence des lésions sur les organes génitaux, les traces de lutte. sur les diverses parties du corps, les marques de contusions, les ecchymoses, qui attestent les violences subies, ont une grande importance et doivent être recherchées dans tous les cas.

Dans quelques cas on peut trouver du sperme sur les poils du pubis, sur la peau du ventre ou du périnée, sur les vêtements. Cette constatation, bien qu'elle prouve seulement un coït accompli ou tenté plus ou moins récemment, a dans certains cas une signification décisive au point de vue de l'accusation. (Pour la recherche des taches de sperme, voy. la troisième section de ce livre,)

§ II. — Viol accompli sur une fllle viergre. — Sig^nes de la vlrgrinlté et de la défloration.

Signes de la virginité et de la défloration. — Ce

n'est pas seulement dans les affaires de viol, mais quelquefois aussi dans d'autres cas, notamment dans les inculpations d'avortement ou d'infanticide, que le médecin légiste est chargé de rechercher si une fille est ou non déflorée. En général, l'ensemble des parties génitales a un aspect différent chez les vierges et chez les femmes qui ont eu depuis longtemps des rapports sexuels, et à plus forte raison chez celles qui ont accouché. Chez les vierges, les grandes lèvres sont ordinairement fermes, bien appliquées

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