DÉCHIRURES DE L^HYMEN SANS DÉFLORATION
Tétai de repos ou d'excitation répétée des parties. La longueur et la profondeur de la plaie ont sans doute aussi une certaine influence à cet égard.
§111.^ Déchirures et plaies de ihymen non produites par la défloration. . Ulcérations de i'hymen et de la vulve.
L'hymen peut être évidemment le siège de plaies produites par un coup d'un corps contondant, tranchant, etc. ou par une chute dans laquelle les parties génitales viennent heurter contre un obstacle. Mais il faudrait un concours de circonstances bien singulier pour que la plaie ainsi produite intéresse uniquement Thymen, parte du bord libre de cette membrane, et soit en tout semblable à une déchirure produite p^ar la défloration.
Il nous paraît bien difficile d'admettre que Thymen puisse se déchirer à la suite d'un saut, d'écartement brusque et étendu des cuisses, ou d'une chute d'une certaine hauteur sans que les parties génitales aient heurté contre un obstacle. Le professeur Hofmann a vu une jeune fille de 15 ans trouvée morte dans une cave ; elle était atteinte d'une contusion du cuir chevelu et du cerveau, et présentait en outre une déchirure saignante de l'hymen, à bords finement dentelés, allant perpendiculairement du bord libre de l'hymen, à son insertion. Comme l'examen des lieux ne permettait pas d'admettre que les parties génitales eussent buté contre un obstacle, Hofmann déclara que la déchirure ne pouvait être le résultat d'une chute.
Cependant le D' Moret (de Courlon, Yonne) nous a communiqué une observation recueillie par lui-môme, qui concerne une fillette de 5 ans 1/2, tombée d'une hauteur de 3 ou 4 mètres par la fenôtre d'une chambre où elle jouait avec ses camarades ; l'enfant, examinée une heure après ne présentait d'autres blessures qu'une conlusion du cou-de-pied ; mais sur la membrane hymen, en forme de fer à cheval, il y avait une déchirure saignante, linéaire,
oblique, longue d^enviroQ 1 centimètre ; il n'existait aucune.' autre lésion apparente des parties génitales *.
Il n'est pas vraisemblable que Tonanisme exercé en in-* troduisant le doigt dans le vagin amène la déchirure de rhyraen ; on ne saurait admettre, sauf peut-être pour certaines nymphomanes ou certaines idiotes, que la mastur-' bation soit exercée avec une violence telle, que la fille qui s'y livre brave la douleur qu'occasionnerait de telles manœuvres.
Par contre, il est évident que l'hymen peut être déchiré par l'introduction violente des doigts d'une autre personne, ou par la pénétration d'un autre objet, accomplie ou tentée au cours d'un attentat à la pudeur. Il n*y a guère moyen de reconnaître si la rupture de l'hymen résulte d'une telle manœuvre ou d'un coït ; l'expert, suivant la remarque de Tardieu, peut dire seulement que la déchirure aétéprO" duite par Vintromission d'un corps volumineux et dur^ tel que le membre viril en érection.
La membrane hymen peut présenter, ainsi que les diverses parties de la vulve, des solutions de continuité résultant de processus ulcéreux ou gangreneux, et qui ont été prises quelquefois par des médecins pour le résultat d'un viol. L'aspect des lésions, une enquête . médicale sur l'état antérieur de santéde l'enfant, sufGsent ordinairement pour éviter cette erreur et montrer que l'on est en présence de la maladie désignée sous le nom de vulvite ulcéreuse^ diphtéroîdique, aphteuse.
Cette affection apparaît chez les jeunes enfants, et très rarement après 10 ou 12 ans. Le plus souvent, elle est consécutive à une maladie antérieure, spécialement à la rougeole, ou à un mauvais état général'.
Le début de la maladie passe souvent inaperçu, parce
1. La déchirure de l'hymen sans blessure directe sur les parties gé» nitales est sans doute d'une extrême rareté. Un exposé très complet de Topinion des divers médecins-légistes sur cette question a été fait par le Dr Nina-Rodrigues : Des ruptures de l'hymen dans les chutes (Ann. d'hyg. publ. et de méd. lég., 1903).
î. Parrot, La vulvite aphteuse et la gangrène de la vulve chez les enfants {Revue de méd., 1881).
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qu'il n'existe alors aucune douleur. Les ulcérations, qui succèdent aux petites élevures aphteuses sont arrondies et recouvertes d'une matière pulpeuse grisâtre ; elles ont ordinairement le diamètre d'une pièce de 50 centimes, mais peuvent atteindre des dimensions beaucoup plus considérables. Dans quelques cas, mais presque uniquement après la rougeole, la gangrène apparaît alors, et peut s'étendre non seulement à toute la vulve, mais encore au pénil, au périnée, à l'anus. La mort est souvent la conséquence de cette complication.
La gangrène de la vulve peut d'ailleurs survenir d'emblée, surtout à la suite de la rougeole ou d'autres maladies générales, ou encore chez des enfants profondément débilitées par une cause quelconque.
g IV. — Violences qui accompag^nent quelquefois le viol.
La défloration peut occasionner d'autres lésions que la déchirure de l'hymen ; c'est même ce qui arrive presque /constamment quand il s'agit de petites filles, ainsi que nous l'avons dit plus haut.
.Chez les femmes et les filles adultes, les lésions graves produites par le viol sont beaucoup plus rares*. Dans quelques cas, on a trouvé des blessures très profondes des organes génitaux, qui n'étaient pas le résultat du coït, mais qui avaient été produites par la main du coupable que poussait une fureur sadique. Pénard* a cité un cas de ce genre concernant une femme de 60 ans, atteinte de rupture du périnée, de déchirure du vagin et du rectum, dont une portion avait été arrachée et complètement séparée du corps.
Outre-les lésions des organes génitaux, la victime peut
1. Voir sur cette question : Neugebauer^ Lésions traumatiques « sub coïtu I» des organes sexuels de la femme (Monatschrift fur Geburts^ hilfe und Gynœkologie, Band IX).
S. Pénard (de Versailles), De l'intervention du médecin légiste dans les questions d'attentats aux mœurs {Annales d'hyg. publ. et de méd. lég., 2* série, t. XIV, 1860). — Tirage à part. Paris, J.-B. Baillière et fils, in-8, 140 p.
porter sur les diverses parties du corps des traces dé violences. Ces traces consistent ordinairement en ecchymoses, qui quelquefois reproduisent la forme de Textrémité des doigts, et en égratignures ou coups d'ongles. On les rencontre surtout à la face interne des cuisses, sur les seins, sur le pénil, autour de la bouche et du nez qui ont été comprimés pour empêcher les cris, sur les bras et les poignets, sur la face antérieure du cou, etc. Quelquefois, les blessures sont beaucoup plus graves et, dans certains cas, le viol est précédé ou suivi d'un meurtre. Il ne faut pas oublier alors de rechercher le sperme qui peut exister sur la peau du ventre, du périnée, des cuisses, sur les poils du pubis, dans le vagin dont on raclera la muqueuse et jusque dans la cavité utérine.
Le viol soulève encore diverses questions médico-légales dont les principales sont les suivantes.
§ V — A quelle époque remonte la défloration?
Il est évident qu'on ne saurait fixer exactement cette époque, mais il est très important dans certains cas de pouvoir dire s'il est admissible qu'elle coïncide avec la date de Tatlentat allégué, ou si, au contraire, la défloration est certainement antérieure. Posée dans ces termes, la question peut être résolue à la condition que l'examen ne soit pratiqué que quelques jours au plus après que l'acte incriminé aurait eu lieu. Nous avons vu, en effet, que la cicatrisation des déchirures de Thymen s'effectue en un temps qui varie ordinairement entre deux et huit et dixjours:en prenant en considération l'étendue de ces déchirures, on peut reconnaître avec une approximation suffisante l'époque de la défloration. Ajoutons que, dans les cas où Ton trouve à la place de l'hymen des caroncules plus ou moins saillantes, un orifice vaginal large et non résistant, un vagin dilaté, on peut dire que la défloration est très ancienne et que la femme a subi probablement de nombreux rapports sexuels.
S VI. — Un homme peut-Il violer une femme qui résiste?
Cette question est assez souvent posée à l'expert, surtout