BLENNORRHAGIE
sible. Toutefois, en se basant sur les signes précédemment indiqués, on est quelquefois autorisé à déclarer que l'écouleméntesl très probablement blennorrhagique L'expert doit indiquer les difficultés du diagnostic et son incertitude relative ; mais, même formulée avec ces réserves, son opinion a encore une grande importance quand l'individu est lui-même atteint d'une chaude-pisse.
Il va sans dire que toutes les fois que Ton a constaté une vulvite et qu'il y a lieu de soupçonner la blennorrhagie, il faut demander à examiner l'inculpé.
Examen de Vinculpé dans les cas de transmission supposée delà blennorrhagie. — L'existence d'un écoulement du canal de l'urètre est facile à constater quand cet écoulement est abondant; il suffit d'examiner la verge, ou de presser sur le canal en comprimant le pénis depuis sa racine jusqu'au gland ; on voit alors apparaître du pus ou du muco-pus à Torifice du méat urinaire. Quand l'écoulement est très minime, il est souvent nécessaire de répéter plusieurs fois cette manœuvre, et quelquefois de revoir à diverses reprises l'inculpé, afin d'avoir chance de ne pas pratiquer Texamen peu de temps après la miction. L'inspection de la chemise montre du reste s'il existe des taches de pus ou de muco-pus, et permet d'apprécier exactement quelle est l'abondance de l'écoulement. En examinant aussi les chemises qui ont été quelquefois saisies au domicile de l'inculpé, on peut se convaincre que l'écoulement existait à une époque déterminée.
Un écoulement franchement purulent contenant des gonocoques nettement caractérisés est certainement contagieux. — Mais quand on trouve un écoulement minime, réduit à quelques gouttes de muco-pus clair, il est souvent presque impossible de reconnaître s'il s'agit de la terminaison d'une blennorrhagie aiguë, récente, ou d'une de ces blennorrhagies intermittentes qui durent pendant des années, disparaissent pendant de longues périodes pour reparaître de temps en temps sous forme d'écoulement plus ou moins abondant. Dans le premier cas, l'écoulement est sans doute encore contagieux; dans le second cas, il ne l'est probablement plus. Pour la plupart des médecins, la
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question est tranchée par la présence ou Tabsence du gonocoque ; quant à nous, après avoir fait cette recherche et après avoir indiqué la valeur qu'on lui attribue généralement, nous avons soin d'ajouter dans le rapport que cette valeur ne nous paraît pas encore indiscutable.
§ II. — Syphilis, chancre Induré et chancre mou.
La syphilis est susceptible d'un diagnostic certain, mais à la condition qu'on puisse observer diverses manifestations de la maladie, et qu'on ne s'appuie pas seulement sur l'existence du chancre. Le diagnostic du chancre par lui-même est souvent, en effet, de l'aveu des spécialistes les plus éminents, un problème fort délicat.
L'expert, dont l'affirmation, une fois formulée, peut avoir des conséquences si graves *, ne doit pas oublier qu'ici, les causes d'erreur sont nombreuses, et il est bon qu'il ait toujours présent à leur esprit ce précepte du professeur Fournier : « Le diagnostic médico-légal du chancre ne doit pas être institué sur la constatation seule d'une lésion réputée chancre, mais bien sur un ensemble de signes se confirmant les uns les autres, sur une évolution totale et complète, évolution comprenant comme premier terme le chancre, accident initial delà maladie, et comme second terme, plus probant et plus essentiel, les manifestations diathésiques secondaires, survenant à un point nommé, à échéance fixe et significative'*. »
A un premier examen, alors que le chancre est à sa période de début, ou même d'état, une erreur peut en effet être facilement commise. L'induration de la base peut manquer, ou bien être constituée par une tuméfaction inflammatoire, et n'être pas de nature spécifique ; elle peut être
1. On trouvera à Ja fin de ce livre un rapport fort instructif à cet égard. Une dame B... avait réussi à persuader à deux médecins qu'une enfant avait la syphilis, et elle obtint d'eux trois certificats rédigés en ce sens. S'appuyant sur ces certificats, elle dénonça le père de l'enfant comme ayant violé sa fille. Son but était de s'emparer des économies de cet homme, ce qu'elle fît quand il fut arrêté. Mais tout fut découvert et la dame B... fut condamnée.
2, Alfred Fournier, Leçons cliniques sur la syphilis, 1881, p. 286.