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EXAMEN DE L*INCULPÉ DANS LES AFFAIRES DE VIOL

S V. — Examea de l'iaculpé dans les alTaires de viol et attentat aux mœurs.

Nous avons déjà parlé de Texamen de Tinculpé dans les cas de transmission de la syphilis ou de maladies vénériennes, et aussi quand il s'agit de rechercher si un individu n'est pas atteint de quelque infirmité expliquant les manœuvres qui l'ont fait arrêter comme commettant un outrage public à la pudeur.

L'examen médical de l'inculpé a encore lieu dans d'autres circonstances. Quelquefois, il a pour but de rechercher les traces d'une lutte soutenue pendant un viol. Dans d'autres cas le médecin doit constater si les parties génitales présentent quelque signe spécial décrit par la plaignante. Tardieu cite un cas où l'inculpé présentait une tumeur érectile en forme de fraise, située au-dessous des bourses, et un autre où les poils du pubis étaient enroulés en boucles sur les côtés, et rasés au milieu, particularités qui avaient été indiquées par les jeunes filles qu'avaient violées ces deux individus.

Quelquefois aussi Ton demande à l'expert s'il n'y a pas disproportion entre les organes génitaux de l'homme et ceux de la plaignante. Cette constatation peut avoir une certaine importance quand la victime, ou soi-disant telle, est une jeune fille dont l'hymen ne présente pas de traces certaines de déchirures, mais est cependant susceptible d'admettre un pénis qui ne serait pas très volumineux. Toutefois il faut se rappeler que l'augmentation de volume de la verge au moment de l'érection varie notablement suivant les sujets, et que des différences très marquées pendant l'état de flaccidité peuvent s'atténuer beaucoup pendant l'érection. D*autre part, la petitesse du membre viril n'exclut pas, comme le fait remarquer Tardieu, la possibilité de la production de déchirures ou de lésions peu graves sur les organes génitaux de la femme ; c'est moins le volume de l'organe que la violence de l'intromission et la résistance de la victime qui occasionnent ces lésions.

Impuissance. — Il arrive quelquefois que des individus inculpés de viol, d'attentat ou d'outrage public à la pudeur, allèguent qu'ils sont impuissants, pour prouver qu'ils n'ont pas commis les actes qui leur sont imputés. Ces déclarations sont quelquefois Toccasion d'expertises médicales.

Il y a lieu de distinguer Vinfécondité de Vimpuissancôf c'est-à-dire de l'inaptitude au coït par défaut d'érection. L'infécondité n'intéresse le médecin légiste que dans des cas tout à fait exceptionnels. Elle résulte du manque de sécrétion de spermatozoïdes ou d'un vice de conformation des parties génitales qui met obstacle au dépôt du sperme dans le vagin. Mais les individus chez lesquels la sécrétion spermatique n'existe pas ne sont pas toujours impuissants, beaucoup peuvent entrer en érection et se livrer au coït. C'est ainsi par exemple que certains adeptes d'une secte russe, les Skopzys, qui ont subi l'ablation des testicules en leur âge adulte, conservent toute leurvigueurgénitale; chez les Romains, les esclaves qui avaient subi une pareille opération étaient fort recherchés des femmes, s'il faut en croire les satiriques ; on a observé plusieurs fois l'absence de spermatozoïdes chez des individus atteints d'une orchite ou d'une épididymitedouble, alorsqueces individus avaient encore des érections et des éjaculations fréquentes.

Le coït peut être rendu impossible par certains vices de conformation ou difformités des parties génitales, bien que les facultés génésiques aient conservé d'ailleurs leur intégrité. Ainsi une rétraction cicatricielle de la verge, certaines indurations des corps caverneux, le raccourcissement considérable du frein qui accompagne quelquefois l'hypospadias, rendent l'érection, ou du moins l'introduction de la verge dans le vagin, mécaniquement impossible. Les tumeurs très volumineuses des bourses, et les hernies scrotales, seulement dans les cas où elles sont très grosses et très difficilement réductibles, peuvent mettre obstacle à l'intromission du pénis en érection. Au contraire, l'hypospadias, l'épispadias, le phimosis, le rétrécissement du canal de l'urètre n'entraînent pas par eux-mêmes l'impuissance. Il en est de même de la brièveté excessive de la verge, résultant d'un accident ou d'une conformation spéciale, qui

Ai A IMPUISSANCE

permet Térection et le plus souvent rintromission du membre.

L'impuissance proprement dite, c'est-à-dire le défaut d'érection, peut tenir soit à Tétat de Tappareil génital, soit à des maladies générales, à l'âge, etc.

La cryptorchidie est loin d'entraîner toujours l'impuissance, ni môme la stérilité, ainsi qu'en témoignent de nombreuses observations.

Vatrophie congénitale des testicules et de tout l'appareil sexuel a été observé quelquefois. Briand et Chaude parlent d'un homme de 29 ans dont les parties génitales étaient tellement atrophiées qu'on pouvait les comparer à celles d'un enfant qui vient de naître. Il est moins rare de voir un arrêt de développement portant soit sur l'appareil génital seulement, soit sur d'autres organes en môme temps, ou coïncidant avec d'autres vices de conformation. Cet état rudimentaire des organes sexuels s'observe notamment chez certains idiots. Il forme aussi l'un des traits principaux d'une sorte particulière d arrêt du développement général que Lorain a désigné sous le nom d'infantilisme ou de féminisme. L'arrôt de développement des organes génitaux n'entraîne l'impuissance que lorsqu'il est extrêmement prononcé ; dans les autres cas, le coït est ordinairement possible encore, mais seulement à intervalles éloignés.

Uatrophie testiculaire est amenée par diverses causes : par l'orchite ourlienne, syphilitique, traumatique, blennorrhagique, ou par une compression prolongée des testicules restés dans le canal inguinal, comprimés par un hydrocèle, une tumeur. L'atrophie peut être aussi le résultat de l'alcoolisme chronique, des excès vénériens ; elle survient quelquefois sous l'influence des progrès de l'âge. L'atrophie des deux testicules, quand elle est portée très loin, paraît abolir ou diminuer considérablement la puissance génitale, bien que l'ablation de ces organes, pratiquée chez un adulte sain et vigoureux, ne produise pas ordinairement cet effet, ainsi que nous l'avons vu. Mais il est ordinairement impossible de reconnaître dans un cas particulier si l'impuissance est complète, si toute érection est impossible. Quand il s'agit d'un arrêt de développement ou d'une atrophie tes-

liculaire survenue dans Tenfance, Timpuissance se traduit souvent par l'aspect extérieur du sujet : Fabsence ou la rareté des poils de la barbe et des organes génitaux, la gracilité de la voix ; ces signes n'ont cependant pas une valeur absolue.

Parmi les maladies générales qui entraînent le plus souvent rimpuissance, il faut citer surtout les affections de la moelle et le diabète. — On admet généralement aujourd'hui qu'il existe un centre nerveux de Téreclion que Ton place dans la moelle épiniëre, et cette proposition est fondée en partie sur les observations cliniques où Ton a vu rimpuissance être amenée par des affections médullaires. Il est certain que Tataxie locomotrice, par exemple, amène presque constamment l'impuissance ; celle-ci est môme quelquefois un des symptômes du début de la maladie bien que dans d^autres cas ce soit, au contraire, une vive excitation génitale qui se produise à cette période. — L'impuissance est presque constante chez les diabétiques qui rendent une grande quantité de sucre et sont cachectiques; elle peut exister dès le début de la maladie, alors que les urines ne contiennent qu'une minime quantité de glucose, et que le diabétique né présente pas d'autres troubles de la santé générale. L'azoturie aurait les mêmes effets. En général, toutes les maladies chroniques accompagnées d'une cachexie profonde, occasionnent l'impuissance. Il y a cependant, à cet égard, des exceptions singulières, notamment en faveur des tuberculeux.

L'alcoolisme, les excès vénériens, des travaux intellectuels longtemps prolongés et toutes les causes qui débilitent l'organisme peuvent aussi amener une impuissance plus ou moins complète, mais toutes ces causes agissent très différemment, suivant qu'elles atteignent tel ou tel individu, et il est impossible d'apprécier exactement les effets de chacune d'elles, dans un cas donné. Le médecin sait, parles confidences qu'il reçoit dans sa clientèle, que quelques hommes deviennent impuissants, non seulement sous l'influence des causes qui viennent d'être énumérées, mais parfois aussi sans qu'on puisse trouver chez eux d'autres troubles bien caractérisés de la santé, ni aucune

particularité dans l*état des organes génitaux. Mais quand il s'agit d'une expertise médico-légale, il n'est pas en mesure de reconnaître si de telles allégations sont véridiques.

Il est également impossible de préciser entre quelles limites d'âge s'exerce la puissance génitale. On cite plusieurs exemples paraissant authentiques, de vieillards audessus de 70 ans restés aptes au coït, et môme à un coït fécondant, et les recherches de Duplay * et A. Dieu * montrent que, môme après 80 ans, les spermatozoïdes peuvent encore exister. D'un autre côté, les jeunes garçons ont très souvent des érections et sont capables de se livrer au coït avant que la puberté ne se manifeste par ses signes ordinaires et avant que la sécrétion spermatique ne soit établie.

Il est important de ne pas oublier que des individus absolument impuissants, incapables de tout coït, peuvent avoir conservé des appétits génésiques et se livrer à divers actes lubriques. Le fait n'est môme pas rare chez des vieillards 3 qui, bien que tout à fait incapables d'avoir une érection, commettent toutes les obscénités imaginables, et recherchent souvent des excitations génésiques en exerçant des attouchements sur les enfants ou en s'en faisant exercer par ceux-ci. Les petits garçons se livrent souvent aussi à la masturbation dès leur première]enfance. Fleischmann aurait même vu des enfants de 9 et de 13 mois se livrer à l'onanisme ; cette habitude se serait développée à la suite des manœuvres de la nourrice qui, pour apaiser les cris de l'enfant, lui suçait le pénis *.

Quelquefois, un accusé invoque seulement une impuissance momentanée, causée par un état pathologique tran-

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