‹ Précis de médecine légaleChapitre 189 sur 410 · GROSSESSE · texte numérisé non relu

GROSSESSE

faction des seins, établissement de la sécrétion lactée. Des accoucheurs expérimentés ont môme commis des erreurs en croyant à tort avoir constaté les signes dits certains.

A plus forte raison, le diagnostic peut-il être difficile en médecine légale, alors que la femme a très souvent intérêt à tromper et à égarer l'expert. Aussi ne doit-on se prononcer que lorsqu'on a constaté un ensemble de signes concordant bien entre eux et parmi lesquels doit s'en trouver au moins un ou deux donnés comme certains ; à notre avis, l'affirmalion n'est guère possible que lorsqu'on a entendu d'une façon bien nette les bruits du cœur du fœtus, seul signe qui ne prête pas à Terreur. Cela revient à dire que la grossesse ne peut être affirmée avant le sixième mois ; et encore faut-il, chaque fois qu'il subsiste le moindre doute, réserver son jugement et demander un délai avant de se prononcer.

L'époque à laquelle est parvenue la grossesse ne doit aussi être fixée qu'avec une large approximation.

§ IV. — Une femme peut-elle ig:norer qu'elle e^t enceinte?

La grossesse peut être ignorée de la femme pendant les trois ou quatre premiers mois; c'est môme là un fait commun. Mais il est extrêmement rare que la grossesse soit méconnue pendant toute sa durée ; le développement graduel du ventre, les mouvements de l'enfant suffisent, sans parler des autres signes, pour avertir la mère de son état. Cependant on a cité des cas où la femme, sans avoir aucun intérêt à dissimuler sa grossesse, n'en a eu conscience qu'au moment où commençait le travail. Ces cas sont en très petit nombre, et, d'une façon générale, il n'y a guère lieu de tenir compte de ces exceptions si peu souvent constatées.

Parmi ces exceptions quelques-unes concernent des femmes mariées, pluripares. Le professeur Brouardel* a vu par exemple une dame, mère de trois enfants, qui nourrissait encore le dernier Agé d'un an. Depuis sa dernière

1 . P. Brouardel, Mariage, grossesse, accouchement. Paris 1 900, p. 233.

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