INTERPRETATION DES RÉSULTATS DE LA UOGIMASIE
mais leur réalité ne saurait être mise en doute. On en trouve dans les auteurs des exemples relativement nombreux, dont plusieurs observés avec toute la précaution et toute la rigueur désirables. C'est ainsi que Budin a vu un enfant né à 6 mois 1/2 survivre pendant 39 heures ; à Tautopsie aucune des parties des poumons ne surnageait, et de quelques fragments seulement on put faire sortir un petit nombre de très fines vésicules d'air. Un enfant né à 7 mois, dans le service de M. le professeur Brouardel, vécut 36 heures pendant lesquelles il fit entendre des cris plaintifs ; ses poumons furent trouvés tout à fait vides d*air. Nous-même avons fait H'autopsie d'un enfant né à 7 mois environ, dont les poumons ne contenaient pas d'air. Nous avions conclu que cet enfant n'avait pas respiré, quand nous apprîmes qu'il avait été trouvé sur un tas d'ordures par des agents de police qui l'avaient transporté au poste, et que là il avait remué pendant une heure et fait entendre quelques cris.
Presque tous les faits de ce genre concernent des enfants nés longtemps avant terme, ou bien chétifs, débilités pour une cause quelconque, dont l'appareil respiratoire (centres nerveux et muscles) n'est pas assez développé pour permettre un fonctionnement régulier, et qui sont voués à une mort à peu près certaine. L'expert doitexpliquer ainsi l'erreur que peut faire commettre quelquefois la docimasie pulmonaire, erreur qui n'est d'ailleurs jamais au préjudice de l'inculpée.
noyau renfermant encore de l'air. C'est donc à travers les parois alvéolaires, et non par l'arbre bronchique, que l'air est expulsé.
D'après Ungar, chez les enfants qui ont vécu et dont les poumons sont trouvés vides à l'autopsie, une partie de l'air disparait par suite de la diminution de l'énergie des mouvements respiratoires ; ce qui reste est absorbé par les vaisseaux capillaires du poumon, car la circulation continue longtemps après que la respiration a cessé. Ungar a réalisé les conditions indiquées par sa théorie, en empoisonnant des animaux nouveau-nés par de faibles doses de curare qui^ en arrêtant la respiration, laissent la circulation persister pendant longtemps. En opérant ainsi, il a trouvé à l'autopsie que les poumons étaient vides d'air, sauf en quelques points peu étendus (Ungar, Ueber dieÂteloctase der Lungen Neugeborener, Vierteljahvschrift fur gerichtL Medic, 1883).
t V. — Vie sans respiration.
Il n'est pas rare que chez un enfant né vivant la respiration tarde longtemps à s'établir ; chez beaucoup de ces enfants- les mouvements respiratoires spontanés n'apparaissent qu'à la suite de manœuvres exercées par l'accoucheur et longtemps prolongées. Depaul, dont rexpérience sur ce sujet était fort étenduey'déclare qu'il a vu des enfants qui ne commençaient à respirer que deux heures après la naissance*. Cette absence de respiration résulte de circonstances défavorables de Taccouchement; retentissant sur Tenfant : interruption de la circulation placentaire, compression du cordon, hémorragie, compression prolongée dé la tête, etc. Dans d'autres cas» Tenfànt, bien que né vivant, ne respire pas en raison d'un obstacle mécanique qu'il est en général facile de reconnaître. C'est ainsi que la face peut être recouverte par la membrane amniotique, ou bien les orifices respiratoires obstrués par du mucus, du méconium, etc. Hofmann a vu des enfants chez lesquels rétablissement de la respiration avait été empêché par la rupture congénitale du diaphragme et par un kyste très volumineux du rein.
Quand, après la naissance, le cordon ombilical n'est pas rompu et que la circulation se fait dans le placenta non décollé de l'utérus, l'enfant, encore en communication avec l'organisme maternel, peut supporter un certain temps la privation d'air.
1. Certains animaux nouveau-nés peuvent rester sous Teau plus d'une demi-heure sans mourir. C'est un fait qui a été observé depuis longtemps par plusieurs expérimentateurs. La faculté de résister à la privation d'air persiste pendant les premiers jours qui suivent la naissance ; mais elle va en diminuant et au bout de deux semaines environ, le jeune animal ne peut pas supporter la submersion plus longtemps qu'un adulte.
L'expérience réussit bien avec les lapins, les chiens nouveau-nés, mais non avec les cobayes, les poulets, etc. Suivant la remarque de Paul Bert, plus les animaux naissent chétifs et éloijçnés de leur organisation définitive, mieux ils résistent à l'asphyxie.
SURVIVANCE DE L^ENfAI^T APRES SA NAISSANCE 49^
§ VI. — Infanticide commis sur des enfants /, ; n'ayant pas respiré.
Quelle qu'ait été la cause qui a empêché i'élablissemei^t de la respiration, l'enfant peut subir, pendant le tempe pju&ou moins long qu'il vit sans respirer, des violences capables d'entraîner la mort. Plusieurs fois, on a pu reconnaître que les blessures avaient été.produites pendant la vie, parce qu'elles étaient accompagnées ;d'un épaiïchement plus ou moins abondant de sang coagulé. Bellot du Havre*, Ollivier d'Angers*, Bardinet^ et d'autres auteurs en ont publié des exemples ; il s'agit priesque toujours de fractures du crâne. / .
Il est à noter tqutefois que dans certains cas, des plaies faites à des nouveau-nés en état de mort apparente ne saignent pas, ou ne commencent à saigner que lorsque là respiration s'établit ; c'est ce qu'a vu Maschka sur deux enfants atteints de plaie, Tun au cou, l'autre à la poitrine.
On peut reconnaître dans certains cas que l'enfant, bien que n'ayant pas vécu, a respiré, grâce aux signes suivants.
§ VII. — Sigrnes qui, en deliors de i'état des poumons;,
peuvent étabiir que i'enfant a vécu
après sa naissance.
Présence de rsiir dans Festomac et rintestin. — Le tube digestif est vide de gaz avant la naissance, et si l'on trouve de l'air dans l'estomac et l'intestin, on peut en conclure que l'enfant a vécu de la vie extra-utérine *. Ce signe peut être constaté quelquefois sur des enfants qui n'ont