MORT NATURELLE OU ACCIDENTELLE DU NOUVEAU-NÉ
de Tabdomen ; elle est favorisée aussi par les troubles de la respiration, etelle ne survient quelquefois qu'un certain temps après la naissance, quand les mouvements respiratoires se trouvent entravés, par exemple, ainsi que le signale Depaul, chez des enfants qui ont été fortement serrés dans leurs langes. Elle peut aussi ne se produire qu'aprés plusieurs jours, et elle est souvent alors Tune des manifestations d'un état général grave. L'hémorragie n'amène pas ordinairement la mort d'une façon très rapide, mais au bout de plusieurs heures seulement ^.
A Taulopsie, on trouve les signes de toute hémorragie abondante, c'est-à-dire l'état exsangue des divers viscères. Cetétat estsurtout prononcé sur le foie, organe qui, comme on le sait, est, à l'état normal, extrêmement vasculaire chez le nouveau-né.
L'hémorragie ombilicale peut être la conséquence de circonstances particulières, dont la mère ne saurait être rendue responsable ; le cordon peut s'être rompu au niveau de l'ombilic, de sorte que l'application d'une ligature était impossible ; quelquefois une ligature a été mal faite, soit que le fil trop étroit ait coupé les vaisseaux, soit que le lien ait été trop peu serré. Cette dernière circonstance est difficile à reconnaître quand le cordon est desséché, car alors la ligature paraît toujours trop lâche et permet souvent rintroduction d'une sonde cannelée à travers les vaisseaux.
Mort de Ventant à la suite d'un accouchement précipité. — On appelle, en médecine légale, accouchement précipité l'accouchement qui s'accomplit à Timprovisle et si rapidement que la femme n'a que le temps de se coucher, en* sorte que l'expulsion de Tenfant a lieu la mère restant debout ou accroupie. La mort de l'enfant peut être quelquefois la conséquence de la chute qui accompagne alors sa naissance.
La possibilité de l'accouchement précipité ne saurait être
I. Les cas de mort par cette cause concernent souvent des enfants qui ont été atteints d'hémorragie au moment de la chute du cordon, et cela par suite d'un état particulier du sang, par hémophilie. Il peut se faire en même temps des hémorragies par d'autres voies.
Ô04 IKFAWTICIDK
mise en doute ; Klein ^ a pu en réunir cent quatre-lvingU irois cas, el presque tous les'accoucheùrs et médecins lé- •gistes en citent des exemples. Ces accouchements ont lieu quelquefois sur la voie publique^ et c'est pourquoi on leé -appelle en Allemagne naissances de yues ; ils se produisent -fréquemment aussi au moment où la mère satisfait un be- -soin impérieux d*aller à la garde-robe, ou croit éprouver ce besoin*
. Il arrive fréquemment qu'une femme accusée d'infanticide déclare (souvent sur le conseil de son avocat) qu'elle est accouchée d'une façon précipitée, et que Tenfant s'est tué en tombant sur le sol, ou dans les latrines, un seau, etc., avant qu'elle aiteiile temps de le retenir. L'expert est alors chargé de dire si ces explications sont admissibles.
En général, quand on constate l'existence d'une bosse •séro-sanguine sur le crâne de l'enfant, ou que la tête de celui-ci est très volumineuse relativement aux dimensions du bassin de la mère, on doit en conclure qu'il est peu probable que l'accouchement se soit effectué rapidement. Cependant Hofmann fait remarquer que c'est quelquefois la dernière partie seule de Taccouchement qui est rapide, la tête ayant pu rester longtemps retenue dans le bassin. Aussi Texpert ne peut-il que rarement repousser d'unefàçon absolue, en s'appuyant sur cette considération, la possibiilité de l'accouchement précipité. •
L'examen du cordon ombilical peut fournir des indica-f tions très utiles. Dans un accouchement précipité, il arrive quelquefois que le placenta est expulsé en même temps que l'enfant et que le cordon reste par conséquent intact. Dànç d'autres cas, le cordon se rompt sous Tinfluence de la chute du corps de l'enfant^. Mais il est évident que si le cordon
1. En 1813, Klein fit faire sur ce sujet une enquête officielle dans toute l'étendue du royaume de Wurtemberg ; il rassembla ainsi 183cââ d'accouchement précipité: 155 fois la mère était debout; 22 fois dans la position assise ; 6 fols à genoux. Sur les 183 accouchées, il y avait 21 primipares.
2. Négrier, puis Devergie ont montré qu'un cordon Ombilical pouvait suppoKer sans se rompre un poids notablement supérieur à eelu» de l'enfant 4 terme (5 Jcilog. et même 9). Mais il n'en est pas de môme quand au lieu de suspendre simplement le poids après 1& Cordon, oa
MORT NATURELLE OU ACCIDENTELLE Ul] NOUVEAU NE <50S
ra été coupé, cela indiquées générai que la chute complète de Tenfant aurait pu 'être empêchée, et qu'il ne serait pas tombé dans les latrines, par exemple, si la mère n'avait pas .sectionné le cordon* il faut remarquer toutefois que le .cordon peut être assez long pour permettre le choc de la •tête de Tenfant contre le sol, la mère accouchant debout ou accroupie ; on doit dans chaque cas particulier vérifier si cette explication est admissible et concorde avec la position que la mère dit avoir eue au moment de Taccouchement. — D*un autre côté, alors môme que Ton trouve le cordon rompu, cela peut résulter et résulte très fréquemment non pas de la chute de l'enfant, mais de ce que la mère a déchiré elle-même le cordon en tirant dessus. Cette rupture exige une force assez grande, surtout parce que la -surface du cordon est lisse et ne donne pas un point d'appui suffisant ; en entamant cette surface avec les ongles, on obtient cependant assez facilement la déchirure.
Il est en général facile de reconnaître si le cordon est rompu, ou, au contraire, s'il a été sectionné avec des ciseaux ou un instrument tranchant. Dans le premier cas, l'extrémité est irrégulière, déchiquetée et présente" des lambeaux, allongés quelquefois en forme de lanières. Quand le cordon a été coupé, l'extrémité est nette, régulière, les vaisseaux sont divisés au même niveau que la gaine ; cependant, quand la section a été faite avec des ciseaux coupant mal, l'extrémité libre du cordon peut être mâchurée, irrégulière et en zigzag^ Si le cordon est desséché, il est né-
le laisse tomber d'une certaine hauteur en imitant ainsi ce qui a eu lieu au moment de l'accouchement; les expériences de Pfannhuck (cité par Hofmann) montrent que le cordon se rompt alors sous l'influence d'un poids de 1 kilogramme et moins encore. Du reste des exemples authentiques ne laissent aucun doute sur la possibilité de la rupture du cordon dans les accouchements précipités.
Il faut noCer qu'il y a parfois une fragilité exceptionnelle du cordon. Budin a cité des cas où il. s'était rompu par la simple propulsion de l'enfant, la mère étant couchée dans son lit. Il faut donc rechercher dans chaque cas particulier quelle est la résistance du cordon, s'il n'a pas ua point faible. Il paraît aussi qu'il est plus fragile au moment i^éme de la naissance qu'après la mort (Soc. de méd, /e^., juillet 1887). .1. M. Tissicr {Soc, d^ méd, lég., nov. 1898) a vu, dans un cas d'accbuchement précipité, la mère restant debout, le cordon rompu et pré-
cessaire, pour apprécier l*état de son extrémité, de le ramollir en le laissant macérer pendant quelques heures dans Teau.
Môme quand raccouchemeni précipité est admissible, Texamen et Tautopsie de l'enfant montrent souvent que la mort de celui-ci n'est pas due à cette cause. Nous reviendrons sur ce point à l'occasion de Tinranticidepar fracture du crftne et par précipitation dans les fosses d'aisances.