TARDIEU BROUARDEL VIBERT
Submersion .... 4 4 . 0 Défaut de boîds • . 4 J 0 0 Blessures. .... 4 4 4,4 Combustion. • . • i 4 0 Hémorragie ombilicale 1 2 0
Exposition au froid . 0,5 4 0
Empoisonnement • 0,2 0,5 0
Proportion des infanticides sur 400 autopsies 69 43 2G
g I. — • Infanticide par suffocation.
Nous avons indiqué dans un autre chapitre (p. 189) ce que Ton entend par suffocation et quels en sont les divers modes. Mais il est nécessaire de revenir ici sur quelques points de ce sujet, qui appartient d'ailleursen grande partie à rhisloire de l'infanticide.
Une remarque importante doit tout d'abord être faite, c'est que les signes internes, bien qu'ordinairement très accusési, ne sont pas absolument caractéristiques ; ce sont ceux de Tasphyxie en général, et comme Tasphyxie peut survenir chez le nouveau-né en dehors de toute tentative criminelle, il est ordinairement très difficile ou impossible d'affirmer qu*un enfant a été tué par suffocation, si Ton ne constate pas sur le corps des traces de violences dont Tinierprétation ne soit pas douteuse.
Quand la suffocation a été exercée par Vapplication de la main au-devant de la bouche et du nez, il est rare que ces traces de violences fassent défaut. En effet, une occlusion suffisante pour amener la mort exige une application énergique de la main, et qui doit être prolongée sans doute assez longtemps*. D'autre part en raison de la présence de
4. On ne peut déterminer exartement combien de temps cette application doit être continuée; mais les expériences sur les animaux permettent quelques présomptions & cet égard. La Société médico-chirurgicale de Londres a établi que chez les chiens adultes, la privation
Fenduit sébacé qui rend la peau glissante, il est nécessaire que la main prenne un point d'appui solide à Faide des ongles ; et comme les mouvements de la mère sont souvent rendus tremblants et mal assurés par la fatigue et Tépiiisèment qui succèdent à l'accouchement, les empreintes des ongles sont fréquemment multipliées et agrandies. — Déjà, à propos de la strangulation (p. 182), nous avons décrit ces érosions unguéales ; rappelons qu'elles peuvent être curvilignes et correspondre exactement à Textrémité libre de Tongle, ou bien irrégulières et représenter des égratignures plus ou moins longues. Ces érosions sont en général d'un rouge vif sur le cadavre frais ; au bout de quelque temps elles prennent Taspect parcheminé, et dans cet étal sont souvent plus nettes encore. Quand la putréfaction est assez avancée pour que Tépiderme soit très peu adhérent et que le derme soit coloré en vert, elles sont beaucoup plus difficilement appréciables; si la putréfaction est plus avancée encore, elles ne peuvent être reconnues. — Ces érosions sont quelquefois doublées d'une ecchymose que Ton trouve soit dans le derme, soit dans le tissu cellulo-adipeux sousjacent, à plusieurs millimètres de profondeur. On comprend que les ecchymoses se produisent d'autant plus facilement que la pression a été exercée en un point qui reposait sur un plan résistant (os ou cartilage). On comprend aussi qu'on peut rencontrer des ecchymoses en des points où n'existent pas d'empreintes unguéales. Ces ecchymoses ont en général une forme arrondie correspondant à celle de la
complète de l'air pouvait être prolongée pendant 3 minutes 50 secondes pans que la mort en résulte. Chez les animaux qui viennent de naître^ la respiration peut être interrompue plus longtemps. Il est donc probable que chez Tenfant nouveau-né, les manœuvres criminelles doivent i^tre prolongées assez longtemps, bien que souvent interviennent d'autres violences, telles que la compression des carotides ou du larynx, qui sont de nature à accélérer la mort. — Plusieurs fois, nous avons recueilli sur ce point des aveux qui paraissent sincères. Dans un cas, la mère avait étouffé son enfant en lui fermant la bouche et le nez avec la main ; elle déclarait que l'enfant avait remué longtemps, et qu elle avait prolongé l'application de la main pendant au moins cinq minutes. Dans un autre cas, l'enfant avait été étouffé de la même façon ; il s'était débattu, au dire de la mère, pendant près d'un quart d'heure. Malgré cela, le cadavre ne portait aucune marque de violences, daiis ce dernier cas.