INFANTICIDE PAR SUFFOCATION
pulpe des doigts ; elles peuvent être situées profondément, et ne pas être appréciables à Textérieur ; aussi ne doit-on janaais omettre, dans une autopsie de nouveau-né, de pra« tiquer des incisions nombreuses et profondes sur la peau de la face et du cou *.
La dessiccation des lèvres^ V aplatissement du nez ont été considérés comme indiquant une compression exeijpée sur les orifices respiratoires. Mais ce sont là des signes auxquels on ne peut attribuer aucune valeur ; la dessiccation des lèvres est un phénomène cadavérique très fréquent, et Faplatissement du nez peut résulter d'une compression accidentelle après la mort, par exemple quand le cadavre est resté couché sur la face.
Si la suffocation a été produite soit en introduisant Fenfaut entre les draps du lit, soit en lui recouvrant le corps ou là tête avec une serviette ou une autre pièce d'étoffe, il n'en résulte aucune lésion extérieure. Il en est de même quand Fenfant a été laissé étendu sur le ventre, la face s'enfonçant dans un oreiller. Quand la justice soupçonne qu'un enfant a été tué ainsi, Fexpert ne peut que rechercher si, d'après ses constatations et d'après les circonstances du fait, ce genre de mort est admissible. Il y a lieu de rappeler ici que dans ces cas les signes de l'asphyxie peuvent être eux-mêmes très peu accentués.
La suffocation peut résulter de l'introduction, dans les cïivités de la bouche et du pharynx, d'un tampon de linge, d'ouate, de papier, etc. Deux fois nous avons trouvé à Fautopsie la bouche et le pharynx oblitérés par un tampon d'ouate qui n'avait produit aucune lésion de la muqueuse
4. Il peut arriver que la mère cherche & h&ter la sortie de Tenfant en le tirant par la tête, et produise ainsi des blessures ressemblant plus ou moins exactement à celles qu'occasionne la strangulation. D'après les faits de ce genre qui ont été publiés, ces blessures consistent en égratignures, ecchymoses, extravasations sanguines dans les interstices des muscles du cou, et môme, quand le doigta été introduit dans la bouche en guise de crochet, des plaies de la langue et de la muqueuse buccale.
■ Dans de tels cas, l'expert aurait d'une part à rechercher si l'expulsion de l'enfant a pu être assez difûcile pour nécessiter de pareilles manœuvres, et d'autre part & interpréter l'origine des blessures d'après la nature et le siège de celles-ci.
(le ces cavités. Chez un nouveau-né retiré de la Seine où il avait séjourné peu de temps, nous avons trouvé une éponge qui remplissait le pharynx et sortait par la bouche ; il n'y avait pas non plus de lésions de ces cavités. — Mais si le tampon était retiré après la mort, nous croyons qu'on en retrouverait très souvent les traces. Nous avons constaté en effet^que la ouate ne peut guère être enlevée complètement ; il en reste quelques brins, qu'il est bien difficile d'enlever tous sans produire quelques éraillures ou déchirures sur la muqueuse de la langue, des joues, du palais, du pharynx. Ces lésions se produiraient sans doute aussi si le tampon était constitué par du papier ou telle autre matière plus facile à enlever que Fouate, mais aussi plus rigide. C'est pourquoi dans une autopsie de nouveau-né, il convient de fendre largemement les joues par une incision partant des commissures labiales, et d'examiner minutieusement les diverses parties des muqueuses buccale, linguale et pharyngée.
L'enfant peut avoir été placé sous un matelas ou sous un oreiller, et la mort résulter non seulement de l'oblitération des orifices respiratoires, mais aussi de la compression du thorax et de l'abdomen, qui empêche la dilatation des poumons. Il est rare que cette compression exercée par des objets mous, non rugueux, agissant sur une large surface, produise des lésions. Cependant chez un enfant que la mère avouait avoir placé sous la paillasse sur laquelle elle s'était ensuite couchée, nous avons vu la face antérieure du corps couverte d'érosions très irrégulières et non ecchyjnotiques ; il existait en outre dans la région lombaire un épanchement assez abondant de sang mélangé de sérosité. On congoit qu'une compression violente de la poitrine puisse occasionner des fractures de côtes ou d'autres lésions facilement appréciables.
On connaît des exemples de suffocation amenée par V enfouissement du nouveau-né dans la terre, dans un tas de fumier, de feuilles sèches, de cendre, de sable, etc. Les signes que Ton peut invoquer pour reconnaître ce genre de mort ont déjà été exposés (page 194).
Ce qui est à remarquer, c'est la longue résistance que