‹ Précis de médecine légaleChapitre 228 sur 410 · ÉTAT DE LA. CHEVELURE ET DE LA BAI\DE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA. CHEVELURE ET DE LA BAI\DE

lence du plomb et de la chaux, à l'aide de Tacide sulfhydriqueetde Toxalate d'ammoniaque.

« Veau de la Floride est une dissolution d'acétate de plomb tenant en suspension de la fleur de soufre.

« Les teintures dites progressives, telles que Veau des Fées, Y eau dHéhê, etc., ont pour base Tacétate de plomb et rhyposulfite de soude ; on y ajoute de l'acétate ou du chlorhydrate d'ammoniaque, de Talcool et de la glycérine.

« Les sels de bismuth et d'argent servent surtout lorsqu'on veut obtenir une coloration plus rapide. Les cheveux sont d'abord lavés 5 l'eau ammoniacale, et après les avoir mouillés avec une dissolution de sel métallique, on les met en contact avec de l'eau contenant de l'acide sulfhydrique ou un sulfure.

« L'azotate d'argent seul donne souvent aux cheveux une coloration violette ; on évite cela en employant successivement une dissolution d'azotate d'argent ammoniacale et une dissolution d'acide pyrogallique. On obtient ainsi une belle teinte noire.

« L'eau athénienne. Veau mystérieuse, renferment de l'azotate d'argent.

« Le meilleur moyen de reconnaître la nature du sel qui a servi à colorer les cheveux consiste à incinérer une partie de ces cheveux, à reprendre les cendres par l'acide azotique, à évaporer l'excès d'acide, à reprendre par l'eau et à constater les caractères des sels d'argent, de bismuth ou de plomb. » (J. Bonis.)

Orfila * a constaté que des mèches de cheveux noii-s, plongées dans l'eau de chlore, passaient au châtain clair, au blond foncé, au blond clair, et devenaient même blanches après une longue immersion dans l'eau chlorée souvent renouvelée. Les cheveux conservent longtemps l'odeur du chlore et deviennent cassants.

On donne aux cheveux des teintes rouges ou blondes au moyen du safran ou du permanganate de potasse. On emploie beaucoup l'eau oxygénée ammoniacale pour le même usage.

1. Orfila, Traité de méd, lég., 4e édition, tome I, pages 122 et suivantes.

540 DE L*IDEMTITÉ

{V. — Des cicatrices.

Toute solution de continuité du derme laisse une cicatrice, qui esi indélébile et persiste indéfiniment. Toutefois, les cicatrices qui succèdent à une plaie très petite, surtout à une plaie produite par un instrument piquant ou tranchant, peuvent, en raison de leur rétractilité, devenir si minimes, qu'il est très difficile ou impossible de les apercevoir. Lorsqu'une cicatrice n'est pas très apparente, on la rend beaucoup p^us évidente (sur le vivant) en frictionnant ou en congestionnant par un procédé quelconque la région où elle siège ; la cicatrice étant presque complètement dépourvue de vaisseaux, ne participe pas à la coloration rouge de celle-ci.

Les cicatrices présentent d'abord une coloration rouge ou rose qui pâlit graduellement et disparaît pour faire place à une coloration généralement blanche qui se manifeste au bout de quelques semaines ou quelques mois, suivant retendue de la plaie. Les cicatrices ne subissent plus, dès lors, de modifications et offrent le môme aspect, quelle que soit leur ancienneté. Il en résulte qu'une cicatrice étant donnée, on peut dire si elle est récente, c'est-à-dire si elle remonte à quelques semaines ou quelques mois, mais que, si elle est ancienne, on ne peut déterminer, môme avec une large approximation, à quelle date elle remonte. Cependant, les cicatrices étendues continuent à se rétracter pendant 18 mois, 2 ans, ou plus longtemps encore. Si l'on avait à examiner un individu à intervalles suffisamment éloignés, on pourrait tirer parli de cette donnée.

On reconnaît souvent, à l'aspect de la cicatrice, la nature de la plaie ou de la lésion qui lui a donné naissance. Une cicatrice linéaire, à bords nets et réguliers, indique une blessure par instrument tranchant ; les cicatrices qui succèdent à une blessure par un instrument piquant triangulaire ou quadrangulaire, prennent, en se rétractant, la forme d'une étoile à trois ou quatre branches. Mais il faut se rappeler que les blessures, et par suite les cicatrices, ont souvent une forme différente de celle de l'instrument qui les a produites (voir p. 239). Le siège des cicatrices en

Page 1