DES CICATRICES
certaines régions, au niveau des ganglions des aines ou du cou, au niveau des plis du coude, etc., indiquent que très probablement elles sont le résultat de plaies chirurgicales.
Les cicatrices des plaies contuses sont en général irrégulières et plus ou moins déprimées ; mais ces caractères sont loin d*être constants. Il peut arriver que des plaies de ce genre laissent des cicatrices linéaires régulières, rectilignes, semblables à celles des plaies par instrument tranchant ; c'est ce qu'on voit notamment sur le cuir chevelu.
Les cicatrices des plaies pénétrantes d'armes à feu sont souvent déprimées et adhérentes aux parties profondes. Quand le coup a été tiré à distance, la cicatrice est d'ordinaire assez régulièrement arrondie ; quand le coup a été tiré de très près, la cicatrice est souvent irrégulière, plus ou moins noirâtre, et on peut trouver autour d'elle des grains de poudre incrustés dans la peau. Les complications dont les plaies d'armes à feu sont parfois le siège et les incisions chirurgicales qu'elles nécessitent peuvent enlever à ces cicatrices tout aspect caractéristique.
Les cicatrices de brûlures produites par un liquide chaud ou caustique se reconnaissent généralement à leur étendue, à leur irrégularité (gouttes ayant glissé sur la peau), à leur aspect lisse, à leur rétraction qui amène le plissement des parties voisines.
Certaines affections de la peau laissent des cicatrices profondes ; citons notamment celles des anthrax ; celles de l'acné, presque toujours multiples et siégeant surtout dans le dos ; celles de rupia, déprimées, irrégulières, presque toujours multiples aussi, et siégeant de préférence à la partie interne des membres inférieurs.
Les cicatrices, en raison de leur rétractililé, sont plus petites que la plaie qui leur a donné naissance, par exemple une plaie par balle de revolver laisse quelquefois une cicatrice presque ponctiforme. Cependant les cicatrices produites pendant l'enfance peuvent augmenter de dimensions proportionnellement à l'accroissement général de l'individu (c'est ce qui se voit journellement pour les cicatrices de vaccine).
542 DE l'identité
§ VI. — Talouases^
L'expert ne doit jamais oublier de rechercher et de décrire avec détails les tatouages qui peuvent se trouver sur le corps d*un individu inconnu. Il serait même bon, dans certains cas, de reproduire ces tatouages par le procédé qu*a indiqué M. Lacassagne. On applique une toile transparente sur le dessin, on le calque avec un crayon ordinaire, puis, on passe ensuite les traits à l'encre bleue, rouge ou noire, suivant le modèle que l'on a sous les yeux.
Non seulement les dessins tatoués peuvent faire reconnaître ultérieurement un inconnu par les personnes qui ont vécu près de lui, mais quelquefois encore ils donnent des indications sur sa profession ou certaines de ses habitudes. Des ouvriers se font tatouer les instruments de leur métier : enclume, marteau, truelle, compas, fil à plomb, etc. ; d'autres fois, c'est un nom, une date qui peuvent avoir une signification importante. Les images ou inscriptions obscènes sont fréquentes ; quelques-unes, par leur nature, indiquent des habitudes de pédérastie (serpent avec la tête dirigée vers l'anus; botte sur la verge).
Une question importante, qui s'est présentée plusieurs fois dans la pratique, est celle de savoir si un tatouage peut disparaître spontanément, sans laisser de traces.
Indiquons d'abord comment est pratiqué le tatouage. — Le dessin étant tracé sur la peau, le tatoueur en pique les contours à l'aide d'aiguilles enduites d'une pâte formée par de fines particules d'une matière insoluble et inaltérable (noir de fumée, encre de Chine, poudre à canon, vermillon, bleu des blanchisseuses, etc.) délayée dans de l'eau ou un autre liquide. Le tatoueur enfonce ses aiguilles à