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TATOUAGE

une profondeur suffisante pour déposer la matière colorante dans le derme : s'il ne dépassait pas la couche de Malpighi le tatouage disparaîtrait en assez peu de temps.

Il paraît à priori peu probable qu'un tatouage bien fait, c'est-à-dire en colorant le derme lui-même, puisse disparaître. Les recherches qui ont été faites sur cette question par divers observateurs, notamment par Casper, Hutin, Tardieu, montrent qu'en effet les tatouages sont le plus souvent indélébiles, mais que cependant ils finissent quelquefois, après de longues années, par pâlir, et même, mais très rarement, par s'effacer au moins en partie. — Ce sont les parties colorées en rouge qui disparaissent le plus facilement, et les parties noires qui résistent le plus, en sorte que, dans un dessin primitivement multicolore, il arrive quelquefois que l'on n'aperçoit plus que les parties noires (ou bleuâtres car les particules de charbon vues à travers la jpeau ont ordinairement cette teinte) ^

Certains individus cherchent à faire disparaître leurs tatouages, et ils y réussissent quelquefois assez bien par l'application de substances escarrotiques *. Mais ce résul-

1. Les parties noires sont constituées par du charbon qui est absolument inaltérable dans Forganisme, tandis que les corpuscules colorés finissent peut-être par être, en partie, dissous et résorbés. — Mais un autre facteur peut intervenir. On a remarqué dans quelques cas que les grains de la matière colorante avaient pénétré dans les ganglions de la région tatouée ; TefTacement spontané d'une partie du tatouage peut donc être attribué à l'entrainement des parties colorées dans les vaisseaux lymphatiques qu'elles finiraient par traverser. Les particules de vermillon et de cinabre étant beaucoup plus anguleuses que celles du noir de fumée qui entre dans la composition de l'encre de Chine et de Tencre d'imprimerie, on s'expliquerait ainsi pourquoi les tatouages rouges disparaissent plus facilement que les noirs. — Il est probable que plus les particules sont grosses, moins elles disparaissent facilement, leur volume les empochant de cheminer dans les voies lymphatiques.

2. Variot (le Détatouage, in Revue scientifique, 1889) a étudié les moyens de détruire les tatouages, et s'est arrêté au procédé suivant : 11 badigeonne la partie tatouée avec une solution concentrée de tanin, et la couvre aussitôt après de piqûres très serrées. Puis il frotte forte* ment avec le crayon de nitrate d'argent. Les 3 jours suivants, il saupoudre plusieurs fois avec du tanin. Au bout de i4 à 18 jours, lescarre superficielle qui s*est formée tombe spontanément et on aperçoit audessous le derme, débarrassé des particules du tatouage. La cicatrice blanchit graduellement, et au bout de quelques mois elle serait généralement peu apparente.

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tat ne peul être obtenu que par la destruction de la couche du derme où se trouvent implantées les particules colorantes, et l'opération laisse à sa suite une cicatrice qui peut être retrouvée quand on la recherche soigneusement. Ces cicatrices, comme celles provenant de toute autre cause, sont rendues plus apparentes en frictionnant la région où elles sont situées. Quand Tagent destructeur a été porté uniquement sur les contours du dessin, on peut quelquefois reconstituer ainsi celui ci.

Sur un cadavre, l'imprégnation, par une substance colorante, des ganglions de la région où se trouve une cicatrice, pourrait faire reconnaître que celle-ci résulte de la destruction d'un tatouage à Taide d'une substance caustique.

§ VII. —Caractères résultant de l'exercice de certaines professions.

Un grand nombre de professions manuelles produisent, quand elles sont exercées depuis un certain temps, des modifications spéciales, et plus ou moins durables, de diverses parties du corps.

C'est surtout sur les mains que s'impriment les stigmates professionnels. L'usage constant d'un instrument amène un épaississement de l'épiderme, un durillon ou caluSy siégeant sur la partie de la main avec laquelle cet instrument est en contact. Chez les ouvriers qui manient continuellement le marteau par exemple, le durillon se trouve à la face palmaire de la main droite, au niveau de la base des doigts, et entre le pouce et Tindex. Chez d'autres artisans il occupe une situation plus spéciale et est par suite plus caractéristique. C'est ainsi que les ébénistes portent à la face interne du pouce et de Tindex droits des callosités produites par la pression du rabot à la main droite, à la partie extenie et saillante de l'articulation des première et deuxième phaianges de l'index des callosités produites par la poignée de la varlope. Les brunisseuses, qui maintiennent fortement l'objet à polir entre le pouce et l'index gauches, tandis qu'elles tiennent à pleine main le brunissoir de la main droite, présentent un calus sur la face dorsale et le bord

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