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CARACTÈRES PARTICULIERS DE CERTAINES PROFESSIONS

Cordonniers, — Sur la face interne de l'index gauche, très nombreux sillons noirâtres, et durillon à l'union des 2« et 3« phalanges. Bord cubital du pli central de la main, des deux côtés, dur, épaissi et quelquefois gercé. Dernière phalange des pouces un peu déjetée en arrière avec aplatissement de la pulpe. Peau des doigts et ongles enduits d'une matière noire et poisseuse. — Enfoncement des cartilages et de la dernière pièce du sternum ; atrophie ou absence presque constante de l'appendice xyphoïde. Rejet en arrière et en dehors des dernières côtes. Voussure de la colonne vertébrale. — A la face antérieure et moyenne de la cuisse gauche, callosité assez large, dépourvue- de poils.

Causes. — Passage répété des fils chargés de poix. Effet de la traction des fils pour serrer la couture. Dépôt de poussières chargées de poix. Pression de la chaussure en main sur le sternum. Pression du cuissard sur la peau de la cuisse.

Corroyeurg, — Callosités marquées à la face palmaire des deux mains; durillon sur tous les points saillants pendant la flexion complète. Irritations souvent très vives de la peau des doigts, déterminant souvent ce que les ouvriers appellent le pigeon ou le pigeonneau. Développement considérable des muscles de l'un seulement des avant-bras (dr. ou gauche). Callosité au bord cubital de cet avant-bras. Souvent bourse séreuse au coude. Coloration brun rouge des mains et avant-bras, et d'une partie du corps et des vêtements. Odeur spéciale du tan. Parfois déviation de la colonne vertébrale, et saillie des côtes du côté opposé à l'avantbras hypertrophié.

Causes. — Usage de Vétire ou couteau à manche double dans les ateliers de planage des peaux ; coudrage des peaux dans le jus de tan ; action de la roulette ou de la marguerite servie par un avant-bras, pour l'assouplissement des cuirs; pression de cet instrument sur l'avant-bras et du coude sur le cuir. Flexion forcée de la colonne vertébrale pendant ce travail. Action de l'acide tannique et de la chaux sur la peau.

Ebéniitei. — Main droite : écartement marqué du pouce et de l'index avec callosités à la face interne de ces deux doigts, spécialement sur le pouce, à la jonction de la Ire avec la 2^ phalange, celle-ci étant déjetée en dehors. Les autres doigts sont déviés vers le bord interne de la main. Ces déformations sont produites par le rabot ou la varlope, qui occasionne aussi, entre les éminences thénar ou hypothénar, une plaque calleuse. La main gauche, qui tourne les longues vis des châssis, porte trois rangées de petits durillons à la face palmaire : premières phalanges, éminences de la racine des doigts et intérieur de la paume. — Mains colorées par les vernis en rouge acajou, noir, bleu foncé ou jaune, etc. — Odeur de vernis.

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Les parqueteurs, les bilumiers, les couvreurs et les ouvriers qui travaillent à genou, ont une bourse séreuse prérotulienne ; à ce .niveau l'ëpiderme est très épaissi^ et la peau est flasque, relâchée, au point de former, chez les vieux ouvriers, un larg^e repli pendant la station debout.

Les tailleurs d'habits ont à chaque malléole externe une bourse séreuse, qui forme une tumeur molle, ordinairement rougeâtre, qui atteint parfois le volume d'une noix. Des bourses séreuses plus petites s'observent habituellement aussi sur le bord externe du pied, au niveau du 5* métatarsien et du S*' orteil, et aussi à la tète du péroné. — Le thorax est souvent déprimé à sa partie antérieure et inférieure.

Les serruriers ont à la main droite les durillons des ouvriers à marteau. La main gauche, qui tient fortement Tobjet à travailler, présente un fort calus entre le pouce et Tindex, principalement au niveau du pli que forme la peau à la réunion de ces deux doigts. — L'cpiderme des mains est imprégné de particules de fer, reconnaissables à l'analyse chimique (Voir la note de la page 5i5).

Les vitriers peintres, à force de pétrir et d'appliquer le mastic, ont le pouce droit aplati en forme de spatule, très large au niveau de l'articulation des deux phalanges, effilée à son extrémité. Le médius droit est déjclé dans sa moitié inférieure, vers Tannulaire, par la pression de la brosse.

§ VIII. -«Identifloation d'un cadavre qui a été dépecé.

II arrive quelquefois qu'un meurtrier découpe en morceaux le cadavre de l'individu qu'il a tué, pour s'en débarrasser plus facilement*.

. Les moyens à l'aide desquels on peut retrouver ridenlité de la victime dans ces cas sont les mômes que ceux indiqués précédemment. Mais il y a ici quelques particularités à signaler à d'autres points de vue. La façon dont le dépe- (jage a été pratiqué i)eut donner quelques indications, sur ridentité du criminel. Un étudiant en médecine (affaire Lebiez), un garçon d'amphithéûtre (affaire Avinain) pratiquent de véritables désarticulations anatomiques. Un

• 1. Michel, élève du P»" Ilofinann, a rassemblé 40 cas de dépeçage d'adultes (Vierte/Jahrschr, /ûr. gerichtl, Medic), — Lçs cas concernant le nouveau-né sont beaucoup plus fréquents ; on en voit plusieurs cliaque année à la Morgue de Paris.

IDENTJFICATION UES CRIMINELS nÉCJDIViSTES Ç3t

garçon bouchçr (affaire Prévost), une cuisinière (affaire d'infanticide) dépècent le cadavre suivant les procédés., qu'ils emploient dans leur métier. On peut reconnaître que tel instrument a été employé plutôt que tel autre, par exemple grâce aux traits plus ou moins fins que la scie a laissés sur les os, etc.

On demande aussi quelquefois s'il s'écoule ou non pendant cette opération assez de sang pour produire les taches que Ton a trouvées soit dans une chambre, soit sur les vêtements de l'inculpé. Cette quantité de sang varie beaucoup suivant les sujets, le genre de mort ; elle est plu^ grande quand le dépeçage a été fait immédiatement que lorsqu'on attend plusieurs heures ou plus longtemps ; dans ce dernier cas, une partie du sang s'est coagulée, une autre partie s'est incorporée aux tissus. En règle générale, il est rare que le volume total du sang qui s'écoule dépasse un litre. Ce sang peut former des plaques desséchées, mais non pas de véritables caillots renfermant un réseau de fibrine.

Nous avons vu déjà que des fragments détachés d'un cadavre résistent plus longtemps à la putréfaction que s'ils étaient restés attachés au corps.

§ IX. — Identification des criminels récidivistes. Antiiropométrie.

Les individus qui ont déjà subi une ou plusieurs condamnations et qui sont arrêtés pour un nouveau crime ou délit ' s'efforcent souvent de cacher leur identité en donnant un faux nom, afin d'échapper aux conséquences pénales qu'entraîne l'état de récidive.

Il était jusqu'en ces derniers temps fort difficile de dérnasquer cette imposture. M. Alphonse Bertillon a indiqué le moyen dé dresser avec une grande précision le signjalement d'un individu et de retrouver ensuite ce signalement, sûrement et rapidement, parmi une foule d'autres. Pour cela, il mesure chez chaque individu les longueurs de certaines parties du corps, longueurs qui sont immuables à partir de l'âge adulte. La combinaison de ces diverses Ion-

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gueurs, dont chacune varie isolément pour les divers sujets, suffit à caractériser un individu parmi un très grand nombre d'autres (il y a actuellement plus de 250.000 fiches accumulées à la Préfecture de police, pour Paris seulement) ou tout au moins à le classer dans un très petit groupe d'in-

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Fi^r. 49.

dividus entre lesquels se circonscrit le problème de Tidentification. Interviennent alors d'une part la photographie, d'au Ire part la couleur des yeux, des cheveux et surtout les signes particuliers. Il n'est pour ainsi dire pas un seul individu qui ne présente un ou plusieurs de ces signes : grains de beauté, cicatrices de plaies, de coupures, de furoncles, etc., dont le siège exactement relevé vient ap-

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