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CARACTÈRES PARTICULIERS DE CERTAINES PROFESSIONS

vreurs, etc., à la face antérieure de la cuisse chez les cordonniers^ chez certains terrassiers qui, pour soulever leur pelle chargée de terre, en appuient le manche un peu au dessus du genou ; — au sternum chez les charrojis^ les cordonniers y aux coudes chez les bijoutiers, etc.

Sur les points soumis à une pression constante ou fréquemment répétée, il se développe une bourse séreuse : au-devant des rotules chez les ouvriers qui travaillent à genoux ; — à la malléole externe, à la tête du péroné et à la tête du cinquième métatarsien chez les tailleurSy etc.

Les poils sont usés et réduits à leur partie intra-dermique sur les points où la peau est frottée ou comprimée continuellement : à la face externe des jambes chez le tailleur, à la face interne des jambes chez les cavaliers, à la cuisse gauche chez le cordonnier, etc.

Les os ou les articulations peuvent être déformés. Le sternum est déprimé chez les cordoriniers, les charrons, La colonne vertébrale reste courbée chez les ouvriers qui travaillent toujours le corps incliné, par exemple chez les vignerons. Les cavaliers ont une démarche particulière, due à la déformation des membres inférieurs ; les cuisses et les jambes forment une convexité externe : les articulalions fémorotibiales présentent un commencement de luxation en dehors.

Enfin il faut encore mentionner les signes qui résultent d'une irritation spéciale de la peau, ou d'une intoxication professionnelle. Signalons les ulcérations des mains, de la face et des organes génitaux chez les ouvriers qui manient le vert de Schweinfurt, les furoncles flstuleux des tanneurs, l'eczéma aigu des mains chez les blanchisseuses de tissu^s, chez les ouvriers qui travaillent le sulfate de quinine, etc ; le liseré bleuâtre des gencives chez les ouvriers qui manient le plomb, ainsi que tous les symptômes de Tempoisonnement chronique par le plomb, le mercure et le phosphore.

Les signes qui viennent d'être énumérés ne sont pas tous pathognomoniques ; il en est qui ne sont pas constants, il en est d'autres dont l'interprétation peut rester douteuse. Mais il faut remarquer que souvent plusieurs de ces signes

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sont réunis chez un môme individu, et cette association leur confère une signification beaucoup plus précise. Nous ne pouvons, dans ce volume où la place nous est mesurée, donner la liste complète de toutes les professions qui laissent des empreintes plus ou moins spéciales. Nous devons nous borner à en indiquer quelques-unes choisies parmi les plus répandues ou les mieux caractérisées, renvoyant pour une étude plus détaillée au mémoire de Tardieu *, et surtout à celui beaucoup plus complet de Vernois', auquel nous avons emprunté presque tout ce paragraphe.

Les blanchisseurs de tissus blanchissent les tissus de laine au moyen de la vapeur et du soufre, en étendant les pièces d'étoffe qui se déroulent entre deux cylindres. L'épiderme des mains, et surtout celui des pouces et des index, est blanchi, soulevé par places et ramolli.

Blanchisseuses, — Celles qui travaillent au gros linge, tenant constamment le battoir, les mains dans la lessive, ont une rétraction des tendons ou de Taponévrose palmaire qui empêche l'extension complète de la main droite. Gerçures au dos des mains et dans rintervalle des doigts, plus rarement dans la paume; ongles en général usés et peu développés ; peau rouge et lisse des avant-bras.

Les blanchisseuses à la rivière, qui travaillent à genoux, ont les mêmes signes aux mains, mais moins développés) et en outre des bourses séreuses prérotu lien nés.

Brunisseuses, — Callosités de moyenne intensité à la face interne de la main droite^ dans tous les points devenus saillants pendant la flexion totale, avec apparence noirâtre de ces parties; état sain, lisse et blanc des points placés entre les plis, pendant l'extension de la main ; à la main gauche, la peau qui recouvre la face dorsale et le bord radial de l'index, et surtout la tête du 3^^ métacarpien, est très dure et très calleuse ; il en est de même de rexlrcmité delà face palmaire du pouce.

Causes. — Pression constante, mais modérée du brunissoir qui est saisi par toute la main droite. A gauche, callosités dues à la contention énergique de l'objet à brunir.

1. Tardieu, Modifications physiques que déterminent certaines professions sur diverses parties du corps {Annales d'hyg, pubL et de méd. lég., ire série, 1849, t. XLII).

2. Vernois, De la main des ouvriers et des artisans (Ann. d'hyg. .^ 2e série, 1822, t XVII avec planches et tirage à part, J.-B. Baillièro).

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