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EMPREINTES LAISSEES PAR LES PAS

Télargissement du talon et raffaissement de la voûte plantaire résultant d'une fracture du culcanéum.

Mais, hors ce cas spécial, la comparaison des empreintes demande beaucoup de soins et de circonspection. Des pieds de formes très différentes peuvent avoir la même longueur et la même largeur, et Ton se tromperait souvent si Ton se bornait à mesurer ces deux dimensions.

Le docteur Gaussé * (d'Albi) a indiqué un procédé avec lequel on obtient des résultats plus précis. Sur Tempreinte incriminée, on tire une ligne AB (fig. 59) tangente à la partie interne de la courbe formée par le talon et à la partie saillante en dedans de l'articulation métatarsophalangienne. On divise cette ligne en autant de parties égales que Ton veut, suivant le degré d'approximation que Ton désire, et sur chacune des divisions on élève des perpendiculaires faisant l'onction d'ordonnées. On procède ensuite de la môme façon, en élevant le môme nombre d'ordonnées sur Tempreinte que Ton a obtenue en faisant poser sur le sol le pied de Tinculpé, qu'on a d'abord fait marcher dans un liquide coloré. En mesurant lesdistances entre les tracesde chaque doigt ou les divers points delà courbe externe jusqu'à la tangente, on apprécie facilement des différences qui échapperaient par la simple inspection. Il faut remarquer cependant que certaines parties de l'empreinte peuvent être plus ou moins larges, suivant que le pied était plus ou moins chargé de couleur, qu'il a plus ou moins appuyé, qu'il a un peu glissé sur le sol, et aussi suivant que ce sol était plus ou moins régulièrement plan.

Quand les empreintes consistent en des taches de sang.

Fi^. 59. — Procéd»'*^ pour relever l'oinprointo des pied:^ (Gaussé).

i. Severin Gaussé, Des empreintes san^lantps des pieds et de leur mode de inensuration (Ann. d'hyg. pubL. et de méd, leg.^ 1854).

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de boue, etc., qui se trouvent sur un plancher, un dallage, etc., le mieux est de faire enlever les portions du plancher où se trouvent les empreintes, qui seront conservées telles quelles comme pièces à conviction. Si la chose est impossible, il faut faire photographier les empreintes, ou les dessiner par le procédé indiqué plus haut.

Quand les marques de pas sont gravées dans la terre, la boue, le sable, la neige, elles sont évidemment très fragiles, et il serait bien difficile d'en obtenir une photographie ou un dessin d'une exactitude rigoureuse. On a cherché à les conserver en en prenant un moulage, et divers procédés ont été proposés. Hugoulin * conseille de chauffer l'empreinte en tenant au-dessus d'elle une plaque de tôle recouverte de charbons, et de la recouvrir ensuite avec de Tacide sléarique réduit en poudre impalpable ; celui-ci fond d'abord, puis se solidifie en moulant exactement l'empreinte. — On peut aussi mouler en plâtre, en ayant soin d'enduire préalablement d'une très légère couche d'huile l'empreinte, si celle-ci ne repose pas sur un sol trop meuble. Hodann se sert d'un mélange à parties égales de plâtre, de sable très fin et de ciment qu'on étend à l'aide d'un tamis sur les traces préalablement desséchées avec du papier buvard ; quand le mélange dépasse un peu l'empreinte, on dessèche un peu sa surface, on étend un morceau de toile par-dessus, et on y répand doucement, à l'aide de la pomme d'arrosoir, une quantité d'eau suffisante pour imprégner toute la masse. On laisse à cette masse le temps nécessaire pour durcir, et on l'enlève avec précaution.

Lorsque les empreintes se trouvent sur la neige, Hugoulin recommande le procédé suivant. Si une partie de l'empreinte repose non pas directement sur la neige, mais sur un sol dur et pierreux mis à nu, on enduit ces points d'une légère couche d'huile; puis on prend delà gélatine de bonne qualité qu'on trempe à plusieurs reprises dansPeau, de façon à la faire gonfler ; on la fait fondre lentement à la chaleur, et quand elle est refroidie, mais encore fluide, on la coule doucement sur l'empreinte où on la laisse se soli-

1. Hugoulin, Ann. d'hyg. pu'jl. et de mèd. lég.y 1850 et 1855.

EMPJliaMTES LAISSÉES PAR LES MAINS 575

difier. — En saupoudrant d'abord la neige de sel marin on la refroidit assez pour qu'on puisse prendre l'empreinte par un autre procédé. — Coutagne et Florence ont pris des empreintes sur la neige avec du plâtre gâché dans de Teau à 0**, additionné constamment de neige.

Une fois l'empreinte moulée d'une façon quelconque, on peut reproduire la trace primitive en tirant, avec le plâtre desnibuleurs, des épreuves du relief obtenu. Si Ton a opéré avec de la gélatine, comme celle-ci, une fois solidifiée, se 4essèche et se raccornit assez vite, il faut faire le moulage au plâtre dans un délai qui ne dépasse pas quelques heures.

^ II. — Empreintes laissées par ics mains.

On trouve quelquefois sur des objets divers Tempreinte d'une main ou de doigts ensanglantés. On comprend que ces empreintes peuvent dans certains cas donner des renseignements utiles sur la façon dont un crime a été commis, sur les actes accomplis ensuite par le meurtrier, de reconnaître si celui-ci avait des complices, etc.

Mais il n'est pas besoin que la main soit ensanglantée ou tachée d'une façon quelconque pour qu'elle laisse des empreintes sur divers objets : le papier, le verre, les métaux polis, etc.

Cette empreinte reproduit les lignes papillaires qui couvrent la face palmaire de la main et des doigts, ce qui est dû au contact de la sueur et des matières grasses déposées au niveau des papilles.

Or, le dessin extrêmement capricieux de ces lignes papillaires est spécial à chaque individu et constitue ainsi un excellent signe d'identité.

On comprend le parti qu'on peut tirer de ces faits dans la pratique médico-légale. En' comparant une empreinte bien nette laissée par les doigts avec l'empreinte prise sur la main d'un inculpé, on peut affirmer que celui-ci est réellement coupable si l'on trouve que les deux empreintes sont rigoureusement semblables.

EXAMEIf DES EMPREINTES

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Fig. 60. — Kmpreinles laissées par les doigts.

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