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EXAMEN HISTOLOQIQUE DES TACHES DE SANG

reste emprisonné entre les plis d'un vêtement. Il suffit d'en enlever une petite quantité avec un scalpel, de le porter sur une lame de verre et de le recouvrir d'une lamelle sans addition d'aucun réactif, pour apercevoir les globules le plus souvent presque intacts ; dans ces conditions le diag* nostic est aussi facile que sur une préparation de sang frais.

Mais dans l'immense majorité des cas il n'en est pas ainsi, et c'est sur du sang desséché que Ton doit opérer. Les globules ont alors subi de nombreuses altérations de forme, en même temps que leurs dimensions sont notablement réduites. Souvent ils deviennent crénelés, et ces crénelures forment sur le contour une série de petites dents qui donnent au globule l'aspect d'une roue d'engrenage ; quand ces aspérités sont plus nombreuses et plus accentuées, elles s'aperçoivent de face et rendent le globule épineux. A cet état, les hématies sont encore parfaitement reconnaissables et caractéristiques. D'autres fois l'excavation centrale disparaît et est fréquemment remplacée au contraire par une saillie qui donne au globule la forme d'une sphère, d'une demi-sphère ou d'une calotte ; souvent ils deviennent très pâles, presque incolores, et contiennent des granulations dans leur intérieur; quelquefois aussi ils ont été brisés et sont réduits à l'état de fragments plus ou moins volumineux. Quand les globules se trouvaient pressés les uns contre les autres au moment où ils se sont desséchés, ils se présentent sous des formes très irrégulières : polyédriques, anguleux, et constituent souvent, par leur agglomération, des plaques jaunâtres, rouges ou brunes, au milieu desquelles leurs contours se dessinent en traits noirs plus ou moins nets, qui forment une sorte de mosaïque.

• C'est quand le sang s'est desséché sous une certaine épaisseur, et qu'on peiit en détacher un petit fragment, que l'examen est le plus facile et donne les meilleurs résultats. Lorsque, par exemple, une tache est recouverte d'une croûte, on enlève un petit morceau de cette croûte et on le place sur une lame de verre au milieu d'une goutte de l'un des liquides qui seront énumérés plus loin ; on attend

quelques instants que la substance commence à se ramollir, puis on la dissocie légèrement avec des aiguilles de verre, et on la recouvre d'une lamelle. On aperçoit alors les globules rouges avec Taspecl qui vient d'être indiqué, emprisonnés au milieu de filaments minces, finement granuleux, très légèrement teintés de gris, constitués par la fibrine. Çh et là apparaissent quelques globules blancs reconnâissables à leur volume, à leur corps incolore et surtout à leur noyau. Si Ton ajoute un peu d*acide acétique à la préparation, tous les globules rouges se décolorent presque instantanément, et la matière colorante va se porter sur le *noyau des globules blancs, qui paraissent bien plus nombreux qu'auparavant parce que la plupart étaient masqués par les globules rouges. En même temps la fibrine se gonfle, devient transparente, les granulations disparaissent, et elle est bientôt invisible. Il ne reste plus alors de toute la préparation que les noyaux des globules blancs fortement colorés, autour desquels on aperçoit en regardant avec attention le corps cellulaire incolore.

Quand il s'agit d'examiner une tache focmée seulement par l'imbibition du sang dans une étofTe, sans croùlelles à la surface, l'opération devient beaucoup plus difilcile, surtout si celle tache est plus étendue. En pareil cas, la manière de procéder pour ramollir et délayer la matière de la tache est à peu près la môme que celle qui a été indiquée précédemment à propos de la recherche des cristaux d'hémine ; seulement, comme il ne s*agit plus ici d'une dissolution^ il faut remplacer l'eau par un autre liquide dans lequel les globules puissent se conserver. Quand la tache siège sur une étoffe que le sang n'a fait qu'imbiber faiblement, on découpe cette tache et on la mouille avec le liquide que Ton a choisi, dont on emploie une quantité aussi petite que possible, afin que tous les éléments qu'on pourra obtenir soient rassemblés dans une même préparation et soient plus faciles à rechercher. Quand l'imbibition est suffisante pour que le liquide ait pris une coloration rouge, ce qui exige un temps variable suivant l'ancienneté de la tache et le liquide employé, on racle fortement l'étoffe avec un scalpel, en la maintenant avec une aiguille. Quand

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