‹ Précis de médecine légaleChapitre 286 sur 410 · IMPULSIONS CHEZ LES ÉPILEPTIQUES · texte numérisé non relu

IMPULSIONS CHEZ LES ÉPILEPTIQUES

lui heurte violemment la tête contre le sol à plusieurs reprises. Il est arrêté, déclare aux agents qu'il ne comprend pas ce qu*on lui reproche, et le jour de son entrée en prison, au moment où il prenait un bain, il est pris d'une attaque franche d'épilepsie ; quelques jours après, étant à la promenade avec d'autres détenus, il se jette tout d'un coup sur un gardien et ne peut être maîtrisé que par plusieurs personnes auxquelles il oppose une résistance extraordinaire. Le gardien attaqué, qui était en bons termes avec ce malade, déclarait qu'il était ordinairement doux, docile et qu'il lui témoignait beaucoup d'amitié. Informé des violences auxquelles il s'était livré, le détenu en témoignait du regret, mais n'en avait conservé nul souvenir, non plus que l'acte de brutalité qui avait motivé son arrestation.

L'impulsion n'est pas toujours homicide ; elle peut avoir pour conséquence l'accomplissement d'autres crimes ou délits, ou d'actes non dommageables pour autrui. Il est à remarquer que parfois l'impulsion, revenant à intervalles plus ou moins éloignés, est toujours identique chez le même malade. Voici quelques exemples parmi ceux que cite Legrand du SauUe. Une demoiselle épileptique, qui a toujours vécu dans un milieu distingué, fait entendre quelques paroles grossièrement lubriques, et toujours les mômes, puis relève ses jupes et essaie de déchirer son pantalon. — Un savant, assis à sa table de travail, s'interrompt trois ou quatre fois dans un court espace de temps pour défaire et refaire son lit. — Un homme bien vêtu, ayant de quoi vivre, demande l'aumône à tous les passants, pendant un quart d'heure ou vingt minutes, tous les mois environ.

Nous avons dit que l'impulsion se produisait habituellement avant ou après un accès. C'est le lieu de rappeler que l'accès peut être incomplet ou se manifester sous la forme de vertige.

V accès incomplet est décrit ainsi par Legrand du Saulle * : « Le malade, dans n'importe quelle attitude, s'arrête tout à coup :sa tête tourne lentement d'un côté, sa face pâlit un

1. Voir notamment Legrand du Saulle, Etude médico-légale sur les testaments contestés pour cause de folie^ Paris, 1879.

Page 1