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ÉTAT SOMATIQUE

pulsions épileplîques. — En outre, le diagnostic de certaines affections mentales nettement définies peut offrir de très grandes difficultés ; ainsi, la paralysie générale à son début ne se manifeste quelquefois» pendant une longue période, que par des troubles qui n'ont rien de réellement caractéristique ; certaines formes d*épilepsie restent long* temps méconnues, bien que produisant des désordres très accentués de Tétat mental, etc.

L'expert est donc quelquefois obligé de renoncer à clas* ser exactement un individu chez lequel il trouve cependant des défectuosités manifestes de l'état mental ; mais après avoir signalé ces défectuosités, il lui reste le soin de rechercher et d'indiquer les causes plus ou moins nombreuses et complexes : hérédité» alcoolisme, affections antérieures, etc. dont rinfluence peut être invoquée, alors même que ces causes n'auraient pas traduit leur action par des manifes* talions classiques.

Le médecin éviterait la partie la plus délicate de sa tâche, celle qui engage le plus sa conscience, s'il pouvait se borner à tracer un tableau aussi précis que possible de l'état mental de l'individu qu'il a examiné, laissant au juge seul le soin d'en tirer les conséquences relatives à la responsabilité. Mais comme son opinion sur ce point est implicitement contenue dans la description qu'il donne, il est préférable, afin d'éviter toute équivoque, qu'il formule nettement des conclusions, en ayant soin de les motiver suffisamment pour que ses déductions puissent être appréciées en toute connaissance de cause.

L'expertise relative à un individu aliéné, ou supposé tel, comprend l'examen de l'état mental, l'examen de Tétat somatique et l'enquête.

§ I. — État somatique.

L'examen corporel peut fournir des indices importants. L'aspect et le maintien de certains aliénés, des maniaques, des lypémaniaques, des catatoniques, des déments, des idiots, etc., sont souvent caractéristiques et méritent d'être consignés dans le rapport. Les malformations du crâne, les

iZi CONDUITE DES EXPERTISES RELATIVES A l'eTAT UBKTJlL,

asymétries de la tête doivent ôtreaussi recherchées, ainsi que les vices de conformation d'autres parties du corps. — On peut trouver encore des traces* de blessures indiquant des tentatives anciennes de suicide. Chez les épileptiques, les cicatrices de la langue, les marques de plaies produites sur diverses parties du corps pendant les accès, ont une valeur bien connue.

Plusieurs maladies, qui exercent une profonde influence sur Tétat mental, se manifestent en môme temps par des symptômes d'un autre ordre, dont la recherche est indispensable. Chez le paralytique général, c'est l'inégalité pupillaire, le bégaiement, l'hésitation dans la parole, le tremblement des lèvres, de la langue, des mains. Chez le lypémaniaque, c'est le ralentissement du pouls, l'abaissement de la température. Chez l'hystérique, ce sont les troubles de la sensibilité cutanée, ou des muqueuses, ou des organes des sens ; les altérations des vaso-moteurs (raies dermographiques), les paralysies, les contractures, et tous les désordres fonctionnels si complexes et si variés qui constituent la symptomatologie de la maladie. Chez l'alcoolique, c'est le tremblement spécial, lesanesthésies, les troubles gastriques, etc. Dans tous ces cas, les symptômes physiques ont évidemment une importance capitale et sont souvent la base même du diagnostic.

§ II. — Examen de l'état mental.

11 y a à rechercher chez l'aliéné, ainsi que le fait remarquer Tardieu, trois ordres de faits : l^les troubles des fonctions intellectuelles; 2** la perversité des facultés aflfectives et des instincts ; S» l'altération des fonctions' sensorielles (hallucinations, illusions).

Quelques aliénés, spécialement des dégénérés, des délirants chroniques, cachent leurs idées délirantes, et il faut, pour en obtenir des confidences, gagner leur confiance en paraissant entrer dans leurs vues. Mais 1q plus souvent le délire se montre d'emblée ou dès les premières phases do rentretion, et IVxpcrt n'a plus qu'à en discerner les traits

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