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ARTICLE PREMIER. — SIGNES DE LA MORT

En général, la mort est caractérisée par Tarrêt des grandes fonctions apparentes de Téconomie : respiration,' circulation, sensibilité cutanée et sensorielle, motricité. Ces fonctions ne cessent pas toujours toutes au môme moment ; la respiration et la circulation persistent parfois bien plus longtemps; la circulation peut continuer aussi quelque temps après que la respiration est arrêtée.

Mais il peut arriver que toutes ces fonctions restent simultanément interrompues ou réduites à un minimum à peine perceptible pendant un temps plus ou moins long pour se rétablir ensuite. C*est la mort apparente dont on observe des exemples relativement nombreux chez les nouveau-nés, mais qui est infiniment plus rare chez Tadulte.

Néanmoins, comme il faut tenir compte de cette éventualité, au moins dans certains cas spéciaux qui seront indiqués plus loin, on s'est efforcé de chercher un signe sûrement caractéristique de la mort réelle.

Il en est au moins un qui est absolument en dehors de toute contestation : c'est la putréfaction, qui est certaine dès qu'apparaît la tache verte de Tabdomen. — Quant aux

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autres signes, la valeur de chacun d'eux est plus ou moins discutable, mais leur réunion permet dans Timmense majorité des cas de formuler le diagnostic de la mort.

Ces signes peuvent être divisés, suivant le moment de leur apparition, en signes immédiats et signes non immédiats.

§ I. — Sig^nes immédiats de ia mort.

Abolition de r intelligence, de la sensibilité cutanée et sensorielle. — C'est un signe qui n'a pas grande valeur ; cette abolition se produit parfois longtemps avant la mort; elle est môme bien loin d'être toujours un signe avantcoureur de celle-ci.

Arrêt de la respiration. — C'est le vrai signe de la mort pour les personnes qui assistent un agonisant. Dans la plupart des cas ce signe n'est pas trompeur, et quand la respiration est arrêtée depuis une minute, la vie est définitivement éteinte. Mais il y a à cette règle des exceptions incontestables, qui empêchent de donner à l'arrêt, même longtemps prolongé, de la respiration, la valeur d'un signe certain de la mort.

Arrêt de la circulation. — Le cœur est presque toujours Vultimum moriens ; il continue souvent à battre après que les autres grandes fonctions ont cessé, et son arrêt est une des meilleures preuves de la mort. Il est fort douteux, sauf peut-être en ce qui concerne les nouveau-nés, que pendant la syncope ou les états de mort apparente, le cœur puisse s'arrêter d'une façon complète pendant un temps prolongé, et nous croyons que Ton doit admettre avec Bouchut^ que quand les battements ont cessé pendant vingt minutes la mort est toujours certaine ; encore ce délai estil évalué aussi largement pour écarter toute chance d'erreur et pour tenir compte d'observations relatées par certains auteurs, observations dont la valeur pourrait être contestée. Mais pendant la syncope et la mort apparente, les battements peuvent rester pendant longtemps faibles, ralentis et irréguliers ; ils sont alors difficiles ou impossi-

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