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SIGNES NON IMMÉDIATS DK LA MORT

L'épreuve par l'injection de fluorescéïne constitue un procédé ingénieux, loué par beaucoup de médecins-légistes, et apprécié officiellement, car les travaux de l'auteur sur cette question ont été récompensés deux fois par l'Académie des sciences (prix Dugaste).

Modifications de ïœil. — Déjà pendant Tagonie la cornée et la conjonctive sont souvent insensibles et la pupille est ordinairement contractée. Au moment de la mort, celle-ci se dilate généralement pour se rétrécir de nouveau au bout de quelques heures ; on remarque parfois au bout de deux ou trois jours que son contour est devenu irrégulier. Mais c'est seulement pour mémoire que nous indiquons ces modifications pupillaires qui sont loin d'être constantes.

Au moment de la mort, et quelquefois dès l'agonie, les yeux perdent leur aspect brillant; il se forme sur la cornée une couche que l'on a appelée la toile glaireuse et qui est constituée surtout par Tépithélium ramolli et désagrégé.

Vé' affaissement et la mollesse du globe oculaire se produisent aussi au moment de la mort ou peu d'instants après*.

I II. — Sigrnes non immédiats de la mort. Pliénomènes cadavériques.

Il s'agit là de phénomènes qui non seulement peuvent servir à établir la réalité de la mort, mais qui, en outre, peuvent, à divers points de vue, présenter de l'importance pour le médecin légiste.

Refroidissement cadavérique. — Après la mort, le cadavre se refroidit graduellement, jusqu'à ce que sa température se trouve en équilibre avec celle du milieu am-^ biant : elle peut même descendre un peu plus bas, en

i, Bouchut a décrit les modifications que l'arrêt de la circulation entraîne dans le fond de l'œil et que Ton peut constater par l'examen opbtalraoscopique ; ce sont : la vacuité de Tartôre de la rétine, la dis-» parition de la papille du nerf optique et la coloration grisâtre de la choroïde.

raison de Tévaporalion qui se fait à ta surface des téguments.

Dans certains cas, la température ne s'abaisse pas immédiatement après la mort ; elle peut môme s'élever un certain temps encore après que la vie a cessé, et parfois monter au delà de 40 degrés. On observe notamment ce fait chez des individus qui ont succombé au tétanos, à des maladies aiguës des centres nerveux, à des maladies infectieuses, variole, scarlatine, typhus, choléra, à Tinsolation, etc.

La rapidité du refroidissement dépend évidemment delà température du milieu ambiant, de la nature des vêtements ou des couvertures qui enveloppent le corps. Elle dépend aussi de conditions individuelles ; les petits enfants se refroidissent vite, les individus maigres plus rapidement que ceux qui sont gras ou obèses. Les gens affaiblis, les vieillards se refroidissent aussi plus promptemenl que ceux qui ont succombé à la suite d'une maladie aiguë ou qui sont morts subitement *.

Bouchut déclare qu'une température de 20** centigrades constatée dans le rectum est un signe certain de la mort, et cette assertion est, en eflet, largement justifiée par toutes les observations sur ce sujet.

Cessation de la contractilité musculaire. — La contractilité des divers muscles ne cesse pas immédiatement après la mort^. Une excitation mécanique, le simple contact de Tair quand ils sont dénudés, détermine des mouvements sur lesmusles d'un corps quela vie vient de quitter* C'est aux contractions de l'utérus que l'on attribue certains accouchements effectués post mortem.

Le défaut de contraction des muscles sous Tinfluence de l'électricité peut fournir un signe de mort réelle. Pour s'assurer si la contractilité existe ou non, on dénude un

1. Guillomot, Du refroidissement cadavérique, thèse de Paris, 4878.

2. Après la mort de l'individu, la vie continue à se manifester pendant un certain temps non seulement sur les muscles, mais encore sur d'autres tissus. Les cils de l'épithélium vibratile, les spermatozoïdes peuvent continuer à se mouvoir pendant 48 heures et plus chez certains sujets, notamment chez ceux qui ont succombé rapidement à une mort violente.

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