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RIGIDITÉ CADAVÉRIQUE

muscle sur une petite étendue, et on le met en contact avec Fun des pôles de la pile, Tautre pôle étant porté sur une partie voisine du même muscle ou sur la colonne vertébrale. II est plus simple d'enfoncer dans le muscle deux aiguilles mises en communication avec les fils d'un appareil à induction ; les mouvements de Taiguille traduisent ceux du muscle.

Le ventricule gauche perd sa contractilité peu de temps après la mort et avant tous les autres muscles ; viennent ensuite les intestins, Testomac et la vessie au bout de trois quarts d'heure à une heure, puis le ventricule droit du cœur. Les muscles du tronc, puis ceux des membres per-^ dent plus tard leur contractilité, ces derniers après sept ou huit heures. Les oreillettes du cœur, et spécialement l'oreillette droite, sont les parties où la contractilité s'éteint en dernier lieu.

Si cet ordre est à peu près constant, les délais qui viennent d'être indiqués sont très variables, suivant les individus et suivant le genre de mort. La contractilité s'éteint très rapidement chez les sujets intoxiqués par l'hydrogène sulfuré, les vapeurs de charbon, le gaz ammoniac, etc.

t III. — Rigidité cadavérique.

On désigne sous le nom de rigidité cadavérique la raideur que présente constamment le cadavre à une certaine période, et qui est due à un état particulier des muscles. Tous les muscles, striés ou lisses, sont envahis par la rigidité, et cela chez tous les sujets. Les quelques exceptions qui ont été signalées sont bien rares et laissent place au doute.

Quand la rigidité est bien développée, le cadavre est tout entier raide et inflexible, en sorte qu'il peut être remué et soulevé tout d'une pièce, et que les membres et les segments de membre n'obéissent plus aux lois de la pesanteur. Sur les sujets bien musclés, il faut un effort considérable auquel suffit à peine la force d'un homme, pour faire mouvoir les grandes articulations ; mais une fois que la rigidité a été vaincue par cet effort, le membre reste souple et

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mobile, du moins pendant un certain temps, car si Ton se trouve encore dans la période de développement du phénomène, la rigidité peut réapparaître après qu'elle a été surmontée.

La rigidité n'envahit pas en même temps tous les muscles ; elle commence à la mâchoire inférieure et au cou pour gagner les autres parties du corps, suivant un ordre qui n'est pas constant ; elle abandonne successivement ces mêmes parties. Elle persiste, en général, le plus longtemps aux mains, aux orteils et à la mâchoire inférieure.

La rigidité apparaît, en général, de deux à six heures après la mort * ; au bout de dix-huit à vingt-quatre heures, elle est généralisée ; elle cesse après trente-six à quarantehuit heures. Diverses circonstances, qui ne sont pas encore exactement connues, font varier l'intensité de la rigidité, sa durée, l'époque de son apparition. On a remarqué que chez les animaux forcés à la course, elle apparaissait très rapidement ; que chez les vieillards et les sujets affaiblis elle était précoce et de peu de durée ; chez les individus vigoureux, morts rapidement, elle est également précoce mais dure longtemps. Elle est faible et de peu de durée sur les membres œdématiés. En général, elle n'existe plus quand la putréfaction se manifeste par des signes extérieurs ; mais il y a des exceptions à cette règle.

Dans certains cas, la rigidité cadavérique s'empare du corps à l'instant même de la mort, en sorte que l'individu conserve la position qu'il avait au moment où il a succombé, les muscles n'ayant pas subi de relâchement et ayant été immédiatement immobilisés dans la situation qu'ils occupaient pour effectuer un mouvement. Cela peut s'observer

1. Voici les époques d'apparition de la rigidité sur 103 cadavres observés par Niederkorn, cité par le Pf Brouardel in : la Mort et la mort subite,

2 fois.

De 2 à 4 heures . .

Ulb ....

De 5 & 6 heures. . .

De 7 à 8 heures . .

De 9 à iO heures . .

De 11 à 13 heures. .

Total :

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