‹ Précis de médecine légaleChapitre 370 sur 410 · XIV. — Transmisssion de la syphilis par la pédérastie · texte numérisé non relu

XIV. — Transmisssion de la syphilis par la pédérastie

— PERSONNEL

Le jeune G., âgé de 42 ans, est bien constitué et aurait toujours joui d'une assez bonne santé ; il aurait eu toutefois à diverses reprises, dans sa première enfance, une éruption abondante de gourme au cuir chevelu.

Cet enfant raconte que plusieurs fois, à une époque qu'il ne peut indiquer, il a subi des actes de pédérastie. Quelque temps après il se serait aperçu qu'il avait à l'anus « un gros bouton n qui a duré pendant très longtemps, donnait à peine d'humeur, et n'occasionnait pas de douleurs, sauf une légère cuisson au moment de la défécation. L'enfant dit se rappeler très bien que vers la même époque il avait dans les aines quelques «boules » (ganglions) qu'il sentait rouler sous son doigt, qui étaient dures et ne le faisaient nullement souffrir. 11 ne se rappelle pas avoir eu des taches rouges ou rosées sur le corps. Au bout d'un certain temps, il serait survenu à l'anus d'autres « gros boutons » très nombreux. C'est alors seulement que la dame G., qui prend soin de l'enfant, aurait remarqué qu'il était malade. Elle l'aurait conduit à un médecin, puis aurait obtenu son admission à l'hôpital.

Des renseignements qui nous ont été donnés à cet hôpital il résulte que le jeune C. présentait au moment de son entrée de nombreuses plaques muqueuses à l'anus, et des plaqurs muqueuses à la gorge et à la bouche. Sous l'influence d'un traitement

coosistant en piliiles de proto-iodure de mercure^ et pansements au calomel et en gargarîsmes, tous ces accidents se sont amendés rapidement, et aujourd'hui on constate ce qui suit :

Autour de Tanus il existe quatre plaques muqueuses de la grandeur d'une amande, faisant une saillie à peine appréciable» à surface tout à fait sèche, et en somme presque complètement guéries.

L'anus ne présentepas actuellement de lésion : son orifice n'est pas dilaté ni déprimé, en infundibulum ; ses plis sont bien conservés. On sent dans les aines quelques petits ganglions ne dé* passant pas le volume d'un noyau de cerise. La gorge et la bouche ne présentent plus aucune trace de plaques muqueuses ; maïs les ganglions sous-maxillaires sont un peu tuméfiés. Les cheveux sont c]airsemés,et l'enfant assure qu'ilsont tombé beaucoup à une certaine époque, maisque cette chute est maintenant arrêtée. Sur le tronc, on aperçoit, disséminées en diverses régions, une quarantaine de petites macules brunâtres, arrondies, à bords un peu irréguliers, mais aucune autre trace d*éruption.

L*état actuel de l'enfant, et surtout les renseignements obtenus à l'hôpital, la nature du traitement institué et les résultats fournis par ce traitement montrent que le jeune G. est atteint de syphilis. Le récit de cet enfant qui déclare notamment que le premier « bouton » (sans doute le chancre) est apparu à l'anus doit faire considérer comme vraisemblable que la syphilis a été communiquée par un acte de pédérastie.

Conclusions. — lo Le jeune C. est atteint de syphilis.

2^ Il est probable que cette maladie lui a été communiquée par un acte de pédérastie.

30 Les manifestations actuelles de la syphilis sont aujourd'hui en voie de guérison ;mais l'enfant reste exposé aux conséquences ultérieures de cette maladie, aux divers accidents, dont quelques-uns pouvant être graves, qui menacent toute personne syphilitique pendant un temps illimité.

XV. — Inculpalion de viol el de transmisfiion de la syphilis,

— PERSONNEL

/. Examen de la Jeune H. — Cet examen a été pratiqué les 2 et 19 mars. Nous avions à rechercher chez cette jeune enfant : a) si elle était déflorée et si elle portait des traces d'attouchements ; b) si elle était atteinte de syphilis, ainsi que cela est attesté dans les certificats de MM. les docteurs R. etC*.

Page 1