INCULPATION DE VIOL ET DE TRANSMISSION DE LA SYPHILIS
a. Les parties génitales de la jeune H. sont Dormalement conformées; Forifice de la membrane hymen est de forme circulaire; il présente à sa partie médiane et inférieure un lobe séparé des parties voisines par deux scissures peu profondes, sans aucune trace de tissu cicatriciel. Sur le reste des bords de l'orifice, il n'y a pas de déchirures. Les deux scissures, symétriquement disposées, dont il vient d'être parlé, doivent être considérées comme dues très probablement à une conformation naturelle et non pas à des déchirures.
La muqueuse vulvaîre est atteinte d'une inflammation subaiguê qui se manifeste par une rougeur diffuse et par une sécrétion muco-purulente assez abondante. Cette inflammation ne paraît pas étendue au canal de Turètre, la miction n'est pas douloureuse. Il n*y a pas d'autres lésions sur la vulve. Lesganglions des aioes ne sont pas tuméfiés.
b, La jeune H. prétend qu'il y a environ deux ans elle a eu aux parties génitales un bouton (au niveau de la grande lèvre droite) accompagné de grosses glandes dans les aines ; que plus tard elle a eu des boutons sur la peau et dans la gorge. Cette déclaration éveille à priori l'idée d'un chancre syphilitique suivi d'accidents secondaires. Mais le récit de l'enfant est très probablement inexact, du moins sur ce point ; elle nous a dit en effet qu'elle avait été soignée de son « bouton » par M. le docteur S.. ; or, celui-ci nous a fait savoir qu'il avait en effet donné ses soins à l'enfant, mais qu'il n'avait jamais constaté chez elle de chancre, et qu'il ne se souvenait même pas lui avoir vu de a bouton » aux parties génitales.
En réalité, ce qui a fait supposer récemment que la jeune H. était atteinte de syphilis, c'est l'existence sur les deux pieds d'ulcérations dont il va être parlé plus loin. Mais auparavant, nous devons déclarer que lors de nos deux examens il nous a été impossible de trouver aucune autre lésion pouvant faire soupçonner
intense. Aux pieds existent des plaques de pemphigus, affection contagieuse en voie de gaérison. Il est nécessaire de surveiller de près cette enfant.
21 février.
Certificat du Dr C. — L'enfant est atteinte de vulvite qui est consécutive à des traumatismes d'origine probablement vénérienne. De plus il existe des adénites cervicales, et du pemphigus des deux pieds.
22 février.
Deuxième certificat du Dr R. — Je soussigné, certifie que la jeune Lucienne,àgée de 11 ans, demeurant en ce moment chez M"«''", porte, oatre les marques d'une délloration, une affection vénérienne grave et déj& ancienne (syphilis) caractérisée par du pemphigus aax pieds, de l'adénite cervicale, et des plaques muqueuses k la vulve. 28 février.
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la syphilis. Cest en vain que nous avons cherché les plaques muqueuses de la vulve signalées dans un certificat de M. le docteur R., en date du 28 février. Il n'y a aucune trace du chancre initial, il n'y a pas non plus de plaques muqueuses à la gorge, k la bouche, à l'anus, aucune éruption cutanée (sauf aux pieds) ; les divers ganglions accessibles à la palpation ne sont pas tuméfiés, à l'exception de ceux de la nuque ; mais ceux-ci sonttrès petits, n'atteignent pas le volume d'un pois, et leur légère irritation est due vraisemblablement à ce que l'enfant a eu récemment des poux et s'est excorié le cuir chevelu en se grattant.
Les lésions que l'on remarque sur les pieds consistent en des macules d'un rouge sombre, plus ou moins régulières, arrondies, ne dépassant guère la dimension d'une pièce de cinquante ceolimes. £n quelques points, certaines de ces macules sont parsemées de cicatrices blanchâtres très superficielles. Sur le pieii droit, il y a une vingtaine de ces taches qui occupent le bord externe, la face plantaire et surtout le talon. Sur le pied gauche, elles sont moins nombreuses, et occupent surtout les orteils ; l'une d'elles est encore recouverte d'une croûte de pus sanguinolent. — Il est difficile de croire qu'il s'agisse là d*une véritable éruption de pemphigus, car la jeune H. et la personne qui la soigne nous ont déclaré que les taches actuelles n'ont jamais étô* précédées de bulles, de « cloques » qui constituent le pemphigus. Il est plus difficile encore d'admettre qu'il s'agisse de pemphigus « syphilitique », puisqu'on ne constate aucune autre trace de .syphilis. — En réalité, si l'on tient compte de l'aspect des macules, de leur siège, du fait qu'elles se sont développées toute<i pendant l'hiver, et quelles sont aujourd'hui cicatrisées ou en voie de cicatrisation avancée, il devient très vraisemblable que les lésions sont simplement des engelures.
//. Examen du sieur H, père. — Cet examen a été pratiqué le 2 mars.
Les parties génitales du sieur H. sont actuellement saines : elles ne présentent pas notamment de plaques muqueuses ni de cicatrices de chancre. Les ganglions des aines ne sont pas tuméfiés. La bouche, la gorge, l'anus ne présentent pas de plaques muqueuses. Il n'a pas d'éruptions cutanées, ni aucun signe de syphilis. On remarque seulement au-devant des deux tibias quelques cicatrices jaunâtres qui paraissent résulter de traumatisme» superficiels, et sur le dos du pied droit une cicatrice blanche irrégulière de 3 centimètres de diamètre.
Conclusions, — 1*' La jeune H. n'est pas déflorée. Elle est atteinte d'une inflammation des parties génitales ; il est impossible de. dire si cette inflammation s'est développée spontanément ou si elle a été provoquée par des attouchements.
2o Rien n'indique, à notre avis, que la jeune H. soit atteinte de syphilis.
3<* Le sieur H. ne présente pas actuellement de traces de syphilis.