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HYSTÉRIQUE. ATTENTAT SIMULÉ

un rétrécissement très marqué du champ visuel des deux yeux; enfin une paralysie incomplète de la paupière supérieure gauche est vraisemblablement aussi de nature hystérique. — La demoiselle X. paraît assez intelligente : elle s'exprime clairement, avec calme, sans exagération de sensibilité ni indifférence.

L*a conviction de M. le Juge d'instruction^ basée sur des motifs d'ordre extra- médical, était que la fille X. n*avait pas cherché à commettre un vol. S'il en est ainsi, comment expliquer la conduite de la fille X.? Faut-il y voir simplement une comédiequ'elle a jouée pour s'amuser ? Un fait précédent aurait pu, peut-être, le faire supposer; il y a un an ou deux ans, la fille X. a fait croire à son amant qu'elle était morte, et quand un médecin est arrivé, il l'a trouvée calme et souriante. La fille X. reconnaît le fait ; mais elle prétend qu'elle voulait seulement, à la suite d'une querelle, simuler un évanouissement et que son amant, affolé, a quitté la chambre avant qu'elle ait compris qu'il la croyait morte.

Dans la circonstance actuelle, il paraît cependant difficile de croire que la fille X. ait joué une comédie. Elle est assez intelligente pour comprendre quelles devaient être les conséquences de celle-ci : la perte de sa place, son incarcération, et enfin une occasion fournie à son amant pour l'abandonner, ce qu'il cherchait, dit-elle, depuis qu'il la savait enceinte.

D'ailleurs, à moins d'admettre que la fille X. a inventé aussi les renseignements qu'elle m'a donnés sur elle-même, la scène de la prétendue agression apparaît, non pas comme une histoire inventée à plaisir, mais comme un phénomène psychique inconscient. C'est un incident survenu au milieu d'un état mental troublé depuis longtemps ; il n'a pas surgi brusquement, mais a été préparé et comme annoncé par d'autres manifestations psycho-pathologiques ; il n'a pas disparu non plus sans laisser quelques vestiges. Il est certain, en effet, que la fille X. est atteinte d'hystérie, et d'hystérie à manifestations psychiques. C'est ainsi qu'au cours d'une attaque convulsive, elle tient une conversation suivie avec un personnage imaginaire. Plus tard, elle a des hallucinations dont le point de départ est dans la sensation d'étouffement qu'elle éprouve; elle voit un homme qui lui étreint la poitrine, et à plusieurs reprises, elle constate, sans en être autrement surprise, que cette vision est une erreur. C'est en quelque sorte une ébauche de l'attentat imaginaire qui a lieu bientôt après. La mise en scène de cet attentat, si complète qu'elle soit, se fait remarquer cependant par quelques particularités étranges, notamment le désordre bizarre des meubles. Cette scène est bientôt oubliée, et c'est seulement le souvenir du récit qui persiste. Quelques heures après, l'état mental change brusquement; la fille X. sort comme d'un rêve, et doute de ce qu'elle a dit. Les jours suivants, la mé-

moire reste encore incertaine, et sur ce point, il n'y a guère de doutes à (B^arder, car, en disant à M. le juge d^instruction qu'elle n'avait pas reçu ma visite, la fille X. savait fort bien qu'elle retardait sa mise en liberté.

Il semble donc vraisemblable que la fille X. n'a pas joué une comédie, qu'elle a cru de bonne foi avoir été victime d'une agression, qu'elle a eu ce qu'on peut appeler, je crois, un accès de somnambulisme hystérique.

Mais, si cette interprétation est exacte, le somnambulisme a été ici d'une complication rare. La fille X. a fait plus que de réaliser son rêve, car elle a rempli à la fors les rôles d'auteur et de spectatrice; elle a accompli les actes que devait exécuter le personnage créé par son imagination, et les résultats matériels de ces actes, elle les a attribués à ce personnage qu'elle a vu et qu'elle décrit.

XXÏX. — Hystérique, Supposition d'enfant,

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