‹ Précis de médecine légaleChapitre 68 sur 410 · MASCULINS · texte numérisé non relu

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On peut se demander comment dans ces cas le suicidé n'a pas exécuté le faible mouvementqui suffirait à le mettre debout et à faire cesser la constriction du cou, tandis que dans d'autres genres de mort, la submersion, par exemple,

rhomme le plus fermement décidé à périr exécute presque toujours, d'une façon en quelque sorte instinctive, des mouvements tendant à le sauver. C'est que, dans la pendaison, la perte de connaissance survient très rapidement et rend le patient incapable d'eflForts coordonnés ; on cite plusieurs exemples d'individus qui, ayant voulu observer sur eux-mêmes les effets de la suspension, n'ont pu reprendre un point d'appui et se dépendre, et n'ont dû leur salut qu'à l'intervention d'une autre personne ; des saltimbanques qui se pendaient en public pour amuser les badauds n'ont pu cesser leur jeu à temps et ont succombé devant la foule qui croyait à une prolongation de spectacle *. Les pendus rappelés à la vie déclarent aussi qu'ils ont perdu connaissance au bout d'un temps extrêmement court.

(1) Plusieurs de ces exemples sont relatés par Fodéré": il a vu notaniQient un de ses compagnons d'études, qui, après une conversation sur les effets de la pendaison, avait voulu se rendre compte sur lui-môme de ce qui venait d'être discuté ; il perdit promptement connaissance et ne dut la vie qu'à l'intervention fortuite d'un ami (Traité de médecine légale et d'hygiène publique, Paris, 1813, t. III, p. 135).

Un procès retentissant a eu lieu en 1831, à l'occasion du suicide du prince de Condé qui s'était pendu à l'espagnolette de sa fenêtre, à:raide d'un mouchoir attaché à celle-ci et d'un autre mouchoir passé dans le premier et faisant le tour du cou. Dans ce procès, où d'ailleurs les assertions médico-légales les plus singulières furent émises de part et d'autre, l'un des arguments invoqués pour appuyer le soupçon d'un crime, était que le cadavre du prince avait été trouvé les pieds touchant le sol ; les avocats de la défense attribuaient le fait au relâchement graduel des mouchoirs ; mais ils ont paru ignorer tout à fait que la mort pouvait se produire après une suspension incomplète (Voir Causes célèbres, par A. Fouquier, Paris, Lebrun, éditeur, t, 111, cahier 15).

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