‹ Précis de médecine légaleChapitre 69 sur 410 · MECAMSMB DB L\ MORT PAR PENDAISON · texte numérisé non relu

MECAMSMB DB L\ MORT PAR PENDAISON

La rapidité de cette perte de connaissance s'explique par la compression que le lien exerce sur les gros vaisseaux du cou, c'est-à-dire sur les carotides et les jugulaires.

C'est le professeur Hofmann qui a appelé l'attention sur l'importance de ce fait et qui l'a démontré expérimentalement. L'expérience, que nous avons répétée maintes fois devant les étudiants, prouve en effet que la pendaison, même très incomplète, rend les carotides absolument imperméables. Elle se pratique de la façon suivante : on enlève le cerveau, de manière à mettre à nu l'extrémité terminale des carotides et on pousse une injection parle bout inférieur de ces vaisseaux (au cou). Si Ton passe alors une corde autour du cou et que l'on soulève graduellement le corps en tirant sur cette corde, on constate que quand les épaules et une partie du tronc ont quitté la table, il est impossible de faire pénétrer l'eau dans le crâne. — Les veines jugulaires, en raison de leur situation superficielle, sont encore plus facilement comprimées, de sorte que la circulation cérébrale se trouve interrompue brusquement et d'une façon presque complète, car les artères cérébrales ne donnent passage qu'aune quantité relativement minime de sang *. Or on sait avec quelle rapidité les troubles de la circulation du cerveau retentissent sur les fonctions de cet organe, et il n'est pas surprenant de voir dans ces conditions la perte de connnaissance survenir presque immédiatement.

Cette anémie cérébrale, qui occasionne la perte presque immédiatement de connaissance, suffirait à elle seule pour amener plus ou moins tardivement la mort *. Mais en fait

1. Les vertébrales seraient elles-nieines souvent rendues imperméables par le lien qui les comprimerait au niveau de l'anse qu'elles forment entre les deux premières vertèbres (llaberda et Reiner, Vierteljahrschr. f, gerichtl. Med., 1894).

2. De nombreuses expériences instituées par divers auteurs montrent que les animaux pendus survivent beaucoup plus longtemps quand on s'arrange de façon h. laisser l'air arriver dans les poumons malgré la conslriction que lelien exerce sur le cou. Mais chez l'homme, pour des

celle-ci résulte surtout de l'interruption de la respiration, que le lien suspenseur produit par compression des voies aériennes, ainsi qu'on peut s'en convaincre expérimentalement en opérant de la façon suivante sur un cadavre. Après avoir introduit par la partie inférieure de la trachée un tube de caoutchouc qu'on fait ressortir par la bouche, et dans lequel on injecte de l'eau, on voit que si Ton place un lien au-dessus du larynx, et que Ton soulève le corps par ce lien, Teau cesse de passer un peu après que la circulation est interrompue dans les carotides, alors que les membres inférieurs et le bassin reposent encore sur la table, et que le tronc seul est soulevé.

D'autres facteurs peuvent encore intervenir accessoirement dans le mécanisme de la mort par pendaison : la compression des nerfs pneumogastriques, et aussi l'inhibition dont le point de départ est l'excitation mécanique des régions comprimées par le lien ; nous reviendrons plus loin, à propos de la strangulation, sur ces effets d'inhibition.

La mort par pendaison survient en général très rapidement, c'est-à-dire au bout de cinq à dix minutes. A cet égard cependant, il y a quelquefois des différences remarquables. Dans quelques cas on a vu la mort se produire

raisons anatomiques et physiologiques, la compression des vaisseaux et des nerfs entraîne des conséquences plus graves que chez les animaux. Voir notamment sur ce point un mémoire de Tamassia, in Retista sperimentale di freniatrica et di medicina légale, 1881, et un mémoire de Corin {Bull, Acad. de méd, de Belgique^ 1893) qui contient on môme temps l'indication et la critique des travaux antérieurs sur le même sujet.

Chez riiomme, la pendaison peut entraîner la mort, même lorsqu'il y a dans la trachée un orilice permettant le libre accès de l'air. Une femme, trachéotomisée pour un cancer du larynx, s'est suicidée en se pendant de façon k ce que ses genoux touchent le sol. La mort est survenue en moins de 15 minutes. Le lien passait au dessous du menton, par cons«.'qucnt bien au dessus de la canule trachéale qui était restée parfaitement en place. (Bertelsmann, Vierteljahrs fur gericht, Medic, t. XXVI, 1903). On connaît aussi deux cas où la pendaison judiciaire a été clTectuée alors qu'un orifice pratiqué dans la trachée permettait l'accès de Tair. Dans Tun de ces cas (Gordon- Smith) la mort survint après 3/4 d'heure de pendaison ; dans l'autre (Mahon), le supplicié fut dépendu vivant, mais succomba quelques minutes après.

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