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ETAT DES CADAVRES, CONGELATION

puisse leur attribuer une valeur diagnostique réelle *. — Les résultats fournis par Tautopsic sont parfois complètement négatifs. Aussi outre le cas cité à la page 1%, il en a été de même dans le cas suivant : Par un temps froid de novembre, une femme avait été chassée de son domicile à 9 h. du soir et avait erré dans les rues jusqu'à 2 heures du matin, tenant dans ses bras son enfant, âgé de deux m'ois, bien constitué et nullement amaigri. L'enfant, bien que ne paraissant pas malade lorsque la mère eut trouvé un asile, et bien qu'ayant encore tété, est morle à 5 heures du matin.

Le froid peut amener la congélation, pendant la vie, de certaines parties du corps, notamment des oreilles, du nez, des pieds et des mains ; ces parties sontd*abord érythémateuses,' puis apparaît une phlyctène d'un volume moyen, remplie de sérosité rougeûtre qui devient bientôt purulente ; il se forme ensuite une escarre molle, livide ou noirâtre. Ces caractères constatés sur le cadavre pourraient servir à reconnaître qu'un individu a supporté vivant, et pendant un certain temps l'action du froid.

La congélation du corps entier se produit assez vile par des froids très rigoureux ; il est évident que l'individu est mort bien avant qu'elle ne soit étendue. A la Morgue de Paris, les cadavres déposés dans une caisse dont la température varie environ de — 8® pendant la nuit à — 18® pendant le jour, sont en général entièrement congelés en vingtquatre heures. Le corps offre alors la dureté et la résistance de la pierre, tous les organes sont également congelés. — Dès que le dégel commence, il se forme des traînées rouges le long des vaisseaux, phénomène qui s'explique bien par la transsudation du plasma sanguin auquel les hématies ont abandonné leur matière colorante.

i. L'inflammatioD gastro-intostinale et des ulcérations de l'iléon et da côlon ont été notées par lu Dr Shrimplon chez les soldats de l'cxpédition de Bou-Thaled qui n'avaient pas succombé immédiatement ; le même médecin a vu aussi deux cas de gangrène pulmonaire consécutive à la congélation (Relation de la retraite de Bou-Thalcd, in Re^ cueil de mémoires de médecine et de chirurgie militaires, 2« série, 1. 1, p, 154).

202 MOHT PAR L ACTION d'uNE TEMPERATURE TROP ÉLEVÉE

§ IV. — Diag^nostlc médico- léguai.

Il résulte de ce qui précède qu'il n'existe pas de lésions absolument caractéristiques par elles-mêmes de la mort par le froid. Mais à Taide des renseignements que Ton possède ordinairement sur les circonstances au milieu desquelles rindividu a succombé, sur les conditions dans lesquelles son corps a été trouvé, on peut interpréter les signes que Ton aura trouvés à Tautopsie. D'ailleurs Tabsence de toute trace matérielle de maladie ou d'une autre cause de mort contribue aussi à établir le diagnostic médico-légal.

11 est important de rechercher à l'autopsie si l'estomac est vide, s'il existe des signes d'ivresse, et de relever dans la discussion les circonstances qui, dans chaque cas particulier, peuvent avoir favorisé l'action du froid. — L'existence de congélations partielles a une importance sur laquelle il n'est pas besoin d'insister ; nous avons indiqué les caractères de ces congélations produites pendant la vie.

On demande quelquefois aussi à l'expert s'il peut vérifier qu'un enfant, maltraité par une marâtre, a été souvent exposé au froid. Il est presque toujours impossible de répondre affirmativement. Cependant dans un cas où la mère avouait que souvent, après avoir plongé son enfant dans l'eau froide, elle l'abandonnait vêtu seulement d'une chemise, pendant une demi-heure et plus, dans une chambre non chaufTée, nous avons constaté que ledit enfant, âgé de 26 mois, présentait, outre de nombreuses engelures, un aspect assez spécial de la peau. Le tronc et les membres étaient couverts de macules violacées, dont la forme rappelait celle de l'éruption rubéolique, et qui persistaient sans modifications notables quinze jours après l'entrée à l'hôpital.

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