Arch. de méd, et de pharmac, militaires
2. Le docteur Marix dit : « Le coup de chaleur est éminemment contagieux, et c'est en voyant tomber leurs camarades que beaucoup de chasseurs succombent & leur tour. » II a remarqué en effet que dans la 2* compagnie placée de telle sorte qu'elle voyait toute la colonne, des rangs entiers tombaient à la fois, tandis que dans les autres compagnies les cas étaient Isolés et répartis dans diverses escouades.
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vultueuse; anéantissement moral, faiblesse musculaire extrême. Pouls rapide, mal battu ; respiralion profonde et précipitée ; quelquefois vomissements alimentaires. — Dans la seconde forme, « Thomme était sans connaissance, la face congestionnée ou livide, les mâchoires vigoureusement contraclurées, un peu d'écume à la bouche. Chez les uns> le corps toniquement contracture est secoué par intermittences de convulsions éclamptiques ; chez d'autres il n'y a que cet élat éclamplique ou de courtes secousses dans les membres. Tous ces insolés ont le pouls serré, la respiralion stertoreuse. Les globes oculaires sont convulsés, les pupilles dilatées ». — Forme asphyxique : « face cyanosée, yeux vitreux ne réagissant plus à la lumière, pupilles dilatées; pouls misérable et presque insensible; respiration suspendue. Un peu d'écume sanguinolente s'écoule des mâchoires contraclurées. Muscles complètement relâchés, y compris les sphincters. »
Cette description concorde dans ses traits principaux avec celles qui ont été données par d'autres auteurs. Ajoutons qu'un symptôme à peu près constant est l'élévation considérable de la température du corps qui aurait atteint dans certains cas 42 et même 45*. — On a observé aussi des hémorragies en divers organes, surtout quand il y a eu une certaine survie. La mort ne survient en effet quelquefois qu'au bout de plusieurs jours. •
Le cadavre conserve longtemps une température très élevée ; la rigidité cadavérique est remarquable par sa pré- CDcité el son intensité; les membres sont souvent immobilisés au bout de deux heures; le cœur, et spécialement le ventricule gauche, présente aussi une forte rigidité. Divers observateurs ont insisté sur la firéquence de la congestion pulmonaire qui serait poussée au plus haut degré, et aussi sur la couleur noire du sang qui ne rougirait plus à l'air. On a noté encore la congestion cérébrale, des hémorragies méningées, et aussi de larges ecchymoses cutanées, des ecchymoses ponctuées du péricarde et des plèvres.
Nous ne pouvons qu'indiquer très sommairement les théories présentées pour expliquer la mort : l'altération du sang, comparable à celle de l'urémie (Kelsch) el résultant
MORT* PAR l'action d'uNE TEMPERATURE TROP ÉLEVÉE 205
de rinsuffisance rénale; les lésions du système nerveux (Lnveran), les allérations de l'appareil musculaire, et en particulier du myocarde (Vallin)*.
La question de la mort par chaleur peut se poser dans des conditions différentes. Nous avons eu une expertise relative à la mort d'un nommé M... survenue dans les conditions suivantes. Cet homme, âgé de 30 ans, était atteint de rhumatisme articulaire qui Tavait obligé à s'aliter quelques jours. Un mois après, ne se trouvant pas bien guéri, il s'adresse à un charlatan, F... Le 17 juillet 1900, c'est-à-dire pendant une période de chaleurs extraordinaires, F... arriva à 7 heures du matin chez M..., lui fitune onction sur tout le corps avec une pommade composée de saindoux, caramel et camphre, puis Tenveloppa dans trois peaux fraîches de mouton dont le poil était tourné au dehors. M... était couché dans son lit, et F... lui faisait boire de temps en temps du vin blanc coupé d'eau. Vers 1 heure et demie, M... fut pris d'une crise (?) qui dura environ 40 minutes. A 3 heures, F..., commençant à s'inquiéter de l'état de M..., fit enlever les peaux, puis à 5 heures demanda un médecin qui fit appliquer des sinapismes. M... mourut à 7 heures. — L'autopsie fut pratiquée en pleine putréfaction, et la seule constatation utile fut qu'il n'y avait pas d'endocardite rhumatismale.
Un cas fort analogue avait été publié antérieurement dans un recueil allemand 2. Il s'agissait d'une jeune fille qu'un charlatan avait fait envelopper d'une peau de mouton fraîche et recouvrir avec dix miches de pain sortant du four ; cette fille mourut au bout de trois heures.
1. Parmiles nombreux travaux sur ce sujet, nous citerons seulement Yallin: Du mécanisme de la mort par la chaleur extérieure (Arch. gêner, de médecine^ février 1870. décembre 1871, janvier 187:i), et une Discussion à l'Acad. de méd., 1894-1895.
2. Vierteljahrschr. fur gerichtl, Medic, Neue Folge, Band XXI.