PLAI£S PAU INSTRUMENTS PIQUANTS
du corps qui ont été atteints. En effet, Tinstrument piquant pénètre en écartant les fibres de la peau, comme il écarterait celles plus grossières d*un morceau de bois, de sorte que le sens de la plaie se trouve être le môme que celui des fibres. Or, les fibres de la peau sont orientées dans une direction qui varie suivant les régions.
C'est ainsi que sur les membres les plaies sont verticales, c'est-à-dire parallèles au grand axe de ceux-ci ; sur le tronc et sur la tête, leur direction est différente pour chaque région, ainsi que le montre la figure 14.
Quand l'instrument rencontre un point où convergent plusieurs systèmes de fibres cutanées orientées d'une façon différente, comme par exemple au voisinage de la colonne vertébrale, la plaie est irrégulièrement étoilée, et Ton pourrait croire qu'elle a été faite par un instrument à section triangulaire ou quadrangulaire.
Les diverses membranes :
aponévroses, séreuses, muqueuses, etc., présentent
Fig. 14. — Un cadavre d'enfant piqué avec une tige conique de 0 m, 055 de longueur et de 0 m, 005 de diamètre à la base. On voit l'orientation des plaies en système régulier, et la disposition triangulaire de ces plaies au point où les systèmes d'orienlation des fibres de la peau changent.
aussi une orientation spéciale de leurs fibres qui, souvent, sur une même région, est
emprunts pour la rédaction de ce paragraphe (Wiener Medic. Jahrbûcher, 1881, analysé par nous in Annales d'hyg. publ, et de méd. lég., 1883, 3« série, t. IX).
différente pour chaque membrane. Il en résulte qu'un ins- Irumenl pointu peut produire sur chacune des membranes qu'il traverse successivement des orifices dont les directions sont obliques ou perpendiculaires entre elles ; c'est ce qu'on voit sur la figure 15 qui représente un estomac perforé par plusieurs coups de poinçon.
Les instruments à arêtes, c'est-à-dire dont la coupe est triangulaire, quadrangulaire ou polygonale, tels que les fleurets, les limes, compas, etc., produisent des plaies dont la forme varie notablement suivant les cas. Si les arêtes sont émoussées et peu tranchantes, l'instrument agit à peu près comme s'il était conique, et il détermine des plaies analogues à celles que nous venons de décrire, dont la direction est également commandée par Torientation des fibres de la peau ; toutefois les lèvres de la plaie présentent souvent de petites déchirures correspondant aux arêtes de l'instrument. Si les arêtes sont ne l tes, la blessure reproduit dans beaucoup de cas la forme de l'instrument ; elle est triangulaire ou quadrangulaire , en lorme d'étoile à trois ou quatre branches *. Mais il n'en est pas toujours ainsi, et la plaie a souvent une forme différente de l'instrument, ce qui est dû sans doute à ce que celui-ci a pénétré obliquement ou a atteint des tissus inégalement tendus : c'est ainsi
qu'un fleuret peut produire une ouverture triangulaire ou irrégulière. Les orifices d'entrée et de sortie d'une blessure faite par un même instrument sont souvent aussi de formes différentes.
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Fig. 15. — Elle montre l'orientalion différente des diverses tuniques de la muqueuse stomacale. Une mùme lige produit en un môme point des plaies dont les directions sur la tunique musculaire et sur la séreuse sont perpendiculaires entre elles.
1. Ces plaies, môme quand elles étaient à l'origine régulièrement polygonales, laissent des cicatrices étoilées, en raison de la rétraction du tissu cicatriciel.
YiBKRT. Médecine légale. ?• édit. 16