PLAIES PAR INTRUMEKTS PIQUANTS
était tombé sur les pieds dans une excavation de 3 à 4 mètres de profondeur et qui était mort en très peu de temps ; à Tautopsie, on ne trouva que des érosions sur diverses parties du corps et aucune lésion extra ou intra-crânienne. Nous connaissons aussi un officier qui a eu une commotion cérébrale très grave dans les circonstances suivantes : il se trouvait sur un cheval lancé au grand trot, quand l'animal s'arrêta brusquement ; Toffîcier qui était habile cavalier fit un effort énergique pour se maintenir en selle ; il y réussit, mais perdit immédiatement connaissance ; toutefois il ne tomba pas de suite et sa chute fut amortie par des personnes qui lui portèrent secours, de sorte que la commotion ne devait pas être attribuée à cette chute, mais ne pouvait s'expliquer que par Tébranlement que l'arrêt brusque du corps avait communiqué au cerveau.
Pour ce qui concerne la commotion des autres organes» nous renvoyons au chapitre consacré aux morts et blessures accidentelles i
ARTICLE ni. — PLAIES PAR INSTRUMENTS PIQUANTS ET PAR INSTRUMENTS A LA FOIS PIQUANTS ET TRANCHANTS
Les plaies par instruments piquants sont caractérisées par i'ctroitesse de leur orifice relativement à la profondeur de leur trajet : cependant il peut arriver que l'instrument ne pénètre que sur une faible étendue.
yuand rinstrument piquant est extrêmement délié, comme une fine aiguille, par exemple, on admet qu'il pénètre dans les tissus en écartant simplement leurs éléments analomiques, sans produire de déchirures. Il est certain que les blessures faites avec ces fines aiguilles sont souvent tout à fait inoffensives, môme lorsqu'elles pénètrent très profondément ; c'est ainsi que l'on peut traverser impunément, avec une aiguille ou une épingle, la main ou la joue d'un sujet atteint d'anesthésie, qu'on peut introduire une aiguille dans les parois du cœur d'un animal sans qu'il en résulte d'accidents ultérieurs, etc. De semblables blessures ne font à la peau qu'une blessure extrêmement minime.
difBcilement appréciable, et il serait sans doute souvent impossible de retrouver leur trajet sur le cadavre.
Avec des instruments d'un calibre un peu plus considérable: poinçons, fleurets, etc., la blessure s'accompagne d'un épanchement sanguin qui dessine le trajet et indique le chemin parcouru par l'arme ; mais le canal creusé par celle-ci est souvent très difficile à suivre sur toute son étendue. C'est surtout sur les parties résistantes, aponévroses, tendons, cartilages, sur la plèvre et sur le péritoine, que l'instrument laisse une trace nette de son passage. Sur les organes mous et vasculaires, comme le poumon, le trajet est presque toujours impossible à suivre, et Ton aperçoit seulement l'orifice d'entrée ou de sortie à la surface de l'organe.
{ 1. — Forme des blessures.
La forme des blessures n'est pas toujours en rapport avec celle de l'instrument. Les instruments cylindriques ou coniques tels que les poinçons, les clous, les dents de fourche, etc., produisent sur la peau des plaies qui en général ne sont pas arrondies, mais le plus souvent linéaires et rectilignes. Il en est ainsi même quand la tige est volumineuse, de sorte qu'on pourrait croire que la plaie a
été faite par un couteau ou un autre inslrumenl analogue. On voit par exemple sur la figure 13, avec ses dimension? réelles,une plaie produite par une tige conique de 0'" ,0*25 de diamètre *. La direction de ces plaies varie suivant les points
1. Les figures 13,14, 15, 16 sont tintes d'un mémoire du professeur Hofinano de Vienne, mémoire auquel nous avons fait de nombreux
Fig. 13. — Plaie rectiligne produite par une tige conique de 0 m, 025 de diamètre, grandeur naturelle.