SI. LA FEMME EST-ELLE ENCEINTE
Si, dans la pratique obstétricale, cette question est relativement facile à résoudre; il n'en est pas toujours ainsi en médecine légale. L'expert en effet, se trouve en présence d’une personne qüi a intérêt à tromper, c'est-à-dire, à simuler ou à dissimuler, selon le cas, sa grossesse ; aussi ses déclarations, qu'en langage obstétrical on appelle signes subjectifs, doivent-elles être tenues pour suspectes.
Si ua premier examen ne suffit pas, l’expert devra le renou-
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veler, et si malgré tout, il conserve ses doutes, le mieux sera de les exposer franchement ou d'attendre l’accentuation des signes.
Il y a lieu ici d'apprécier la valeur des signes de la grossesse : après quoi, il sera peut-être utile de rappeler quelques-unes au moins, des circonstances qui donnent naissance aux fausses grossesses.
a) APPRÉCIATION DES SIGNES DE LA GROSSESSE.
Nous n'avons pas à entrer dans les détails descriptifs concernant ces signes, on les trouvera d’ailleurs dans les traités obstétricaux.
Signes de probabilité —Parmi les signe de probabilité, les ns comme le changement de caractère, les troubles sympathiques, les nausées et vomissements, etc., n’ont aucune valeur parce qu’ils peuvent être facilement simulés ou dissimulés par la femme; les autres, comme la suppression des règles, l’état des seins, les changements 51. Lis par l’utérus, sont aussi des signes trompeurs.
Outre, par exemple, le fait que l'existence ou labsence des règles sera incontrolable par l'expert, les menstrues sont au point de vue médical, un signe qui n'a que peu de valeur. Certaines femmes sont réglées pendant toute la durée de leur grossesse ; d'autres, «lurant les premiers mois seulement ; quelques-unes deviennent plusiers fois enceintes sans avoir jamuis été réglées ; il est enfin de nombreux états pathologiques qui peuvent amener }a suppression des règles.
Pour ce qui est des modifications généralement rencontrées aux seins pendant la grossesse, leur appréciation par l'expert n’est pas facile. Les seins deviennent plus volumineux dès le début de la grosssse; mais ce gonflement n’est souvent appréciable que par la femme elle-même. Le mamelon ainsi que sn aréole, de couleur rosée chez la jeune fille, se pigmentent dès la première grossesse. ('e signe n’est donc d’aucune valeur chez la multipare; et bien plus, il peut ex'ter naturellement chez les personns brunes, en dehors de toute grossesse ; enfin il est presque toujours absent pendant la &'ossesse chez les femmes blondes. Les tubercules de Montgomery s’hypertrophient, mais de façon inconstante. La secrétion lactée (colostram) devient manifeste dans les trois derniers mois chez la primipare, mais plus tôt chez la multipare: elle peut exister en dehors de la grossesse, par exem- Ple, chez des jeunes filles vierges,
Les modifications subies par l’utérus consistent dans un affa'ssement, au début; le col est plus gros et plus mou, mais ne commerre à s’effacer et à se dilater que dans les derniers quinze jours de la grossesse. Le corps utérin reste caché dans le petit bassin pendant les trois Dremiers mois; à quatre mois il dépasse légèrement le pubis et à sept mois, il a dépassé l’ombilie. Sa longueur, d'environ sept cen-
timètres à l’état normal, et en moyenne de trente<inq centimètres au neuvième mois.
On peut encore signaler comme signes maternels moins importants, l’état congestif de la muqueuse vaginale, le développement progressif de l’abdomen, la pigmentation de la ligne blanche abdominale, enfin les vergetures qui n'apparaissent que dans les derniers mois.
Signes de certitude. Ce sont: le ballottement on mouvements passifs du foetus, les mouvements actifs du foetus, les battements du coeur foctal et le souffle utérin.
1° Ballottement—Va condition nécessaire à la production du ballottement, cst la présence dans la matrice d'un corps solide mobile au milieu d’un liquide. Ce signe est d’une très-grande valeur et se manifeste -urtout du quatrième au sixième mois.
2" Mouvements actifs du foetus Lorsque le foetus à acquis un certain développement, il peut exécuter certains mouvements perçus d’abord par la mère et plus tard par une main étrangère, (es mouvements apparaissent d'ordinaire vers quatre mois ou quatre mois et demi; mais ils peuvent se montrer beaucoup plus tard et parfois même manquer complètement.
3° Baltements du coeur foetal: souffle utérin.-—Te souffle utérin dépend de la mère et est dû au passage du sang dans les sinus utérins; il est isochrone au pouls de la mère et peut être perçu dès le
quatrième mois.
Les battements du coeur foetal donnent la certitude absolue de lexistence de la grossesse; mais pour certaines raisons * ‘les que, position défectueuse du foetus, épaisseur de la paroi alklominale, abondance de liquide amniotique, ete., ils peuvent ne pas être perçus et leur absence n'indique pas d’une façon absolue ni la non-ex'stence de la grossesse, ni la mort du foetus. Le pouts foctal bat le Gouble de celui de la mère.
(b)—FAUSSES GROSSESSES.
On rencontre plus souvent des femmes qui dissimulent leur groseesse que des femmes qui la simulent.
La grossesse peut être simulée de mauvaise foi, par exemple, dans un but de succession, de chantage, ete., mais la chose est plutôt rare; 1 est plus fréquent de rencontrer de fausses grossesses confondues de bonne foi — même par le médecin — avec des grossesses réelles. Cette erreur a surtout lieu à l'occasion d’états pathologiques tels que, hydropisie, kyste de l'ovaire, simple ballonnement gazeux de l'intestin, troubles mentaux, etc.