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SII S’AGIT-IL D'UN A VORTEMENT CRIMINEL OU SPONTANE

L'avortement spontané — naturel où accidentel — est fréquent, mais il est surtout très-souvent invoqué comme défense, dans les inculpations d’avortement criminel. Il importe donc à l'expert d’avoir présentes à l'esprit, les causes nombreuses qui peuvent produire l'avortement spontané. On recherchera ces causes dans les maladies de la mère, dans celles du foetus et de ses annexes.

1° Les maladies de la mère semblent plus fréquemment en jeu. Elles peuvent être lovales ou générales,

4) . Les principales affations locales sont: les endométrites et les métrites: les déviations utérines; les tumeurs Ju bassin ; les adhérences, déformations et altération: diverses des annexes,

b) Les affections générales les plus importantes sont :

Tuutes les infections 4iguës graves: pneumonie, fièvre syphoïde, fièvres éruptives, etc

Les infections chroniques et particulièrement la syphiis, ln tuberculose et le cancer ;

Les maladies chroniques viscérales telles que, celles du coeur et celles des reins (néphrites ) ;

Tes intoxications et notamment l'alcoo!isme chronique,

€) Il faut enfin compter parmi les causes déterminantes, les commotions violentes, les chutes, les coups portés sur la région abdoluinale,

2° Les principales maladies de l'œuf qui peuvent produire l'avortement, sont : Phydramnios, l’hémorrhagie Placentaire, les altérations placentaires, les malformations foetales, ete.

Dans l’avortement Spontané ou fausse couche, tantôt l'embryon ou le foetus succombe d’abord, et est expulsé plus où moins longtemps après, c'est là la règle; tantôt le foetus est expulsé vivant.

Rappelons que les causes de l'avortement spontané sont très-incertaines; aussi la présence de l’une d'elles n’exempte pas l'expert de rechercher quand même les indices de manoeuvres criminelles.

Un premier indice —de probabilité seulement—serait fourni par l’évolution compliquée de l'avortement. Il est en effet, bien établi que l'avortement provoqué par des manoeuvres criminelles est, plus fréquemment que l’avortement spontané, compliqué de suites fâcheuss: hémorrhagie grave ou mortelle, retention placentaire, infection Fuerpérale, etc; et cette différence d'évolution s’explique par l’usage d'instruments malpropres, par la production fréquente de blessures graves, par les mauvaises conditions hygiéniques et souvent par le surmenage de la femme après l’avortement, enfin par l'absence ultérieure de soins médicaux. Mais si les complications éveillent avec raison, l’idée d’un crime, elles n’en constituent, dans aucun cas, une preuve suffisante,

On a fait observer que, dans l'avortement spontané, l'infection suit d'ordinaire l'expulsion, tandis que le contraire est la règle dans l'avortement criminel, Cette remarque est vraie mais n’est pas absolue.

D’autres indices de probabilité sont fournis par les constatations faites au domicile de l'accusé ou du complice. Une perquisition y fera souvent découvrir des instruments tels que, seringues À injection, sondes, canules, cathétères, aiguilles, plus où moin: tachés de

sang; des médicaments divers, qui éveillent au moins des soupçons sur les intentions de la personne. L'expert est appelé à se prononcer sir l'emploi possible de ces instruments de même que sur les propriétés abortives des substances découvertes,

Les éléments de certitude de l'avortement criminel sont :

1° Les blessures des organes génitaux, résultant de l’action de l'instrument abortif. 1æs caractères de ces blessures ont déjà été exposés en détail. Rappelons seulement que celles-ci consistent surtout dans des piqûres, des déchirures, plus rarement des perforations, siégeant sur le vagin, le col ou le corps utéiin. Leur recherche sera, on le conçoit, beaucoup plus complète chez la femme morte que chez Ja femme vivante, et leur appréciation plus facile si elles sont réventes et si l’infection n'en a pas modifié l'aspect primitif.

Les blessures légères du vagin et du col peuvent, au moins chez la femme vivante, prêter à confusion avec les blessures déterminées par l’expulsion elle-même. Toutes les fois au'il y a eu intervention chirurgicale pour parer aux suites de l'avortem nt, l’expert devra penser à la possibilité de lésions (déchirures du col au moyen du dilatateur, perforation du corps au moyen de la curette) produites par un opérateur maladroit.

2° Les blessures du foetus faites au cours des manoeuvres âbortives directes. Il faut avouer qu'elles sont rares, et la chose trouva son explication dans le fait que le foetus, petit et libre dans le liquide amniotique, peut difficilement être atteint par l'instrument, Elles consistent surtout dans des piqûres, des contusions, plus rarement dans des morcellements; elles peuvent siéger en n’importe quel endroit du corps, mais on les rencontre surtout à la tête et à l'abdomen.

L'expert aura soin de rechercher leurs caractères vitaux, parce qu’il n'est pas rare que les manipulations, sans précautions, du petit cadavre, soient la cause des matilations observées. Il se rappel'era <D outre, que certaines lésions vita'es et notamment, les suffusions sanguines sous le cuir chevelu, peuvent se produire pendant l’expulsion.

3° La présence dans les organes sexuels de la femme, de l’instrument ayant servi aux manoeuvres abortives.—Une tc'le découverte est sûrement exceptionnelle. Le seul cas venu à notre connaissance est celui rapporté à la Société Médicale de Montréal, il y a quelques

er.nées, par le Dr. Z. Rhéaume, La femme dans le but de “décrocher le foetus” suivant sa propre expression, s'était introduit dans la matrice une broche recourbée en forme de crochet, On comprend que celle-ci, après avoir pénétré le col, ne pouvait plus en être retirée, justement à cause du crochet. La malade eût heureusement le bon esprit de consulter assez tôt le chirurgien Rhéaume qui, vu les conditions infectieuses menaçantes pour la vie de la malade, dût proviler à l’hystérectomie, S1IIIL. À QUELLE EPOQUE DE LA GROSSESSE S'EST PRODUIT L'AVORTEMENT ?

‘Les caractères permettant de répondre à cette question, sont four- Lis par l'examen de l'utérus et par l'examen du produit de la conception.

a) Examen de l'utérus. On sait que pendant la grossesse, toutes les dimensions de cet organe (voir page 205) ainsi que #01 poide asgmentent progressivement, de sorte que un relevé précis de ces diverses mesures, fait immédiatement après l'avortement, doit fouru'r des indications approximatives sur l'époque ‘: la grossesse, [1 est évident que cette mensuration ne peut être faite que sur le calavre; de plus, elle n'a de valeur réelle que si la femme a succombé peu de temps après l’avortement, c'est-à-dire, avant toute régression utérine, laquelle est d'autant plus rapide que la grossesse était moins avance, L’infection puerpérale a, au contraire, pour effet de retarder cette ré gression,

Rappelons qu'une insertion placentaire bien marquée indique une

grossesse d’au moins trois mois,

b) Eramen du produit de la conception. 11 est susceptibl: de fournir des indications beaucoup plus précises. Nous empruntons À Vibert le tableau suivant, indiquant les caractères de embryon et du foetus jusqu'au terme de la grossesse :

Fin du deuxième mois.

Fin du quatrième mois.

Oeuf Om,025 à Om,030 de dismètre, longueur de l'embryon Om, 006 à Om,008,

Oeuf de la dimension d'un oeuf «de poule, longueur de l'embryon :

Om,025 à Om,030,

L’embryon a Om,13 à Om,15.

Le foetus a om,16 à Om,20,

Points d'ossification :

Noyau osseux dans la clavicule.

Points des deux màchoires, des os du bras et de l'’avant-bras, de la cuisse et de la jasuibe, de l'iléon, des six premières côtes, de l'omoplate.

Ossification de l’occipital, des pariétaux, des temporaux, du sphénoïde, des os propres du nez, de l'os malaire, des métacarpiens, des métatarsiens, des phalanges de In main, du corps, des vertèbres dorsales.

Sacrum, tubérosité de l’ischion, phalange du pied, corps des vertèbres cervicales et lombaires,

, L , loids moyen Longueur 4 1] nes:

Etals des divers € rge j du placenta moyenne du

cordon ombilieat

Tôte et colonne vertébrale d'une piece, Lex centres nerveux et cireulatoires extetent, ainsi que le foie et les corps de Wolff.

Le ventre est fermé. sauf l'ouverture ombilicale, à travers laquelie l'intestin renonte dans le cordon, Les extrémités #pparaissent sous forme de petits tubereules, la division du membre supérieur en bras et avant-bras ainsi que la division des doists et des orteils sont visibles,

La peau commence à se caractériser, Om, 15 Les yeux sont recouverts par les paupières, les points lacrymaux existent.

l'anus est ouvert, les articulations des doigts et des orteils sont visibles,

La peau se couvre de duvet et com- Om,25 mence à être doublée de tissu adipeux, Les membres inférieurs sont aussi longs où plus longs que les supérieurs, Les onges sont formés. Le sexe est bien cistinet, On trouve du méconium jau- +$tres dans 3 sommsnionmment de 1’!:- LGtFe dis 0 CUIHINCHCUIENT UC Fils

testi1 grêle.

Fin du Le foetus a 400 à 500 Pubis, calcanéum. cinquième Om,21 à mois. Om,27.

Fin du Le foetus a 800 à 1000 sixième Om,28 à mois, Om,32,

Sternum.

Fin qu Le foctus a 5 septième Om,33 à 1500 à 2000 Nouveaux points du pire Om, 36. sternum (3 ou 3).

Fin du huitième 2000 à 2500 Dernières vertèbres mois. du sacrum. Astragale.

riatn

Fin du Le foctus a neuvième Om,48 à 3000 à 3500 Points d'ossification: mois. Om,54. de l’épiphyse inférieure du fémur, et de l'é.

Piphyse supérieure du tibia.

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ce SAS cu

L'enduit sébacé apparaît, les cheveux se développent. [Le méconium occupe une grande partie de l'intestin grêle.

Le vésicule biliaire existe et contient du mucus jaunûtre.

Les ongles prennent une consistance cornée.—Le méconium apparaît dans le gros intestin. L'ombilice, qui s’est éloigné de plus en plus du pubis, est encore à Om,03 ou à Om,0t du point qui cor- Nspond à la moitié de la longueur du corps.

Les paupières commencent à s'entr'ouvrir. Les testicules sont dans l'anheau inguinal ; la plus grande partie du gros intestin contient du méconium.

La membrane pupillaire disparaît, les circonvolutions cérébrales sont indiquées. — Les ongles atteignent l’extrémité des doigts et des orteils.

L'enduit sébacé est abandant, les ongles dépassent l’extrémité des doigts, mais non celle des orteils. Les cheveux atteignent Om,02 ou même Om,03 de lengueur. Le cordon ombilical s’insère très peu au-dessous du milieu de la longueur du corps. Les testicules sont ordinairement dans le scrotum,

—tié—

Pour connaître approximativement l'âge du fcetus, lorsqu'on en connait la taille, on peut utiliser la formüie suivante: ‘dans les quatre premiers mois lunaires, la taille est à peu près égale, à la fin de chaque période, au carré du nombre qui représente le mois; dans les six derniers mois, elle est égale au chiffre du mois multiplié par cing”. (Thoinot).

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