‹ Précis de médecine légale [microforme]Chapitre 160 sur 251 · A)—CICATRICES · texte numérisé non relu

A)—CICATRICES

Pour qu'une blessure laisse une cicatrice, il faut qu’elle soit suf. fisamment profonde pour atteindre les tissus situés audessous de la couche génératrice de l’épiderme; si pourtant la blessure, quoique suff'samment profonde, est assez petite pour permettre à la couche génératrice de se reconstituer, comme, par exemple, les blessures faites par une aiguille, une lancette, et, elle peut guérir sans laisser aucune trace, après un laps de temps difficile à déterminer.

Les blessures à bords nets, sans perte de substance, avec juxtaposition parfaite des bords, dont la guérison s'effectue par première intention, laissant des cicatrices moins apparentes que dans les cas de mauvaises juxtapositions et de guérison par granulation. En principe, une cicatrice ne disparaît pas, mais elle peut être modifiée inten. tionnellement aux dépens d’une autre cicatrice, ce qui rend alors son appréciation plus difficile.

La réparation se faisant aux dépens du tissu conjonctif et celuici étant rétractile, la cicatrice est presque toujours plus petite que la plaie et entraine souvent des déformations. Toutefois on remarque que chez l'enfant, des cicatrices peuvent s'élargir avec la croissance générale. La rétraction de larges plaies peut se poursuivre pendant deux ans et plus.

Une cicatrice se traduit soit par une élévation, soit par une dépression.

Une cicatrice récente garde une teinte rougeätre tant que le processus lent de réparation se poursuit : après des semaines et parfois des mois elle devient brunâtre. et enfin son caractère d'ancienneté se traduit par une coloration pâle qui persiste toute la vie.

I'est conséquemment difficile de dire à quelle époque remonte la plaie indiquée par la cicatrice: avec cela qu'un grand nombre d’autres causes viennent encore parfois ajouter à cctte difficulté, tels: la situation de la cicatrice, son étendue, sa nature, l’âge et la santé de la personne, la façon dont la plaie a été traitée et dans laquelle s’est opérée la guérison.

Il y a awgntage à examiner une cicatrice à jour frisant et même parfois à la loupe. Elle ne eentient aucun vaisseau. aucune glande

sébacée ni su loripure, aucun Poil: aussi, lorsque sur le Vivant, où veut faire apparaître davantage une cicatrice, on y arrive par la friction, par l'application de la chaleur sèche où humide, enfin par tout procédé ayant pour effet d'activer la circulation dans les Vaisseaux q'i entourent la cicatrice.

On peut diviser les cicatrices en quatre classes :

1° ....Cicatrices traumatiques.—Elles varient dans leur forme suivant l'instrument qui a déterminé la blessure, et en outre suivant le mode de guérison, l'endroit du corps, l'élasticité où Ja tension de la peau, l'abondance Qu tissu cellulaire, la convexité de la partie atteinte. Citons comme exemples: les cicatrices linéaires des instruments tranchants: Jes points cicatriciels des instruments Piquants tels qu'aiguilles, ete. : les cicatrices en étoile des instruments piquants ct à arêtes; celles extrêmement irrégulières des instruments contordants; les cicatrices rondes Mais déprimées au centre, des plaies par armes à feu.

2° ....Cicatrices des brülures —Elles sont étendues, irrégulières et donnent lieu à une rétraction considérable des tiseus voisins,

Une brûlure du premier degré ne donne pas lieu à une cicatrice: il

en est de même de celle du second degré à condition que la phlyctène soit laisseée en place.

Les brûlures faites pa: les caustiques sont circonserites, profondes et déprimées au centre.

3° ....Cicatrices chirurgicales. A part celles dues à la grande hirurgie, on a celles de la saignée, des ventouses scarifiées, du cautère, etc.

4° ....Cicatrices inflammatoires. -{'e sont celles de toute sup- Puration qui aboutit à une cffraction de la peau, telles les cicatrices irrégulières des abcès tube-culeux ou scrofuleux du cou, les cicatrices d’abcès de l’aine d’origine vénérienne, celles des chancres, du furoncle, des affections cutanées pustuleuses comme la variole, etc.

Toute cicatrice devra done être notée, étab!issant bien son siège, sa direction, sa forme et autant que possible son origine et son âve,

B)—DEFORMATIONS.

Les déformations de toutes sortes peuvent aussi servir à l'identification: on peut même ajouter que plus la déformation représente une anomalie rare, plus elle devient précieuse pour l'identification.

Il est absolument impossible et d’ailleurs inutile, d’énumérer toutes les déformations qui peuvent être rencontrées. Toutefois, on peut les diviser en trois grandes classes :

1° Les déforntitions pathologiques. teïles que, tumeurs, coxalgie, ankylose, hernie, etc.

2° Les déformations congéitales ou téralologiques ( anomalies) telles que, menstruosités, bec de lièvre, naevi, etc.

3" Les déformations professionnelles.—Certains métiers déterm.inent ea effet chez ceux qui les pratiquent, des déformations assez caractéristiques dues, soit au maniement des ontils, soit au contact des substances man'pulées, soit enfin à l'attitude qu’il convient de donper au Corps.

C'est, par exemple, la pré-ence d’un durillon au genou gauche chez le casseur de pierres: l'eczéma, ct les gercures des mains chez les blanchisseuses; l’imprégnation des #sus et en particulier des mains, de la face et des cheveux par les poussières de charbon chez le char bonnier; la présence de farine sur les habits, dans les cheveux et la barbe chez le boulanger, etc.

Page 1