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SIGNES IMMEDIATS

Ils consistent dans l'arrêt des principales fonctions vitales: respiration, circulation, sensibilité, etc, Leur valeur comme preuve de l« mort est inégale et aucun d'eux ne peut être considéré comme certin; toutefois leur réunion permet dans la majorité des cas de certifier la mort, Ce sont:

1° Abolition de l'intelligence et de la sensibilité. Ce signe peut se produire pendant la vie et par conséquent n’a pas une grande valeur,

2° Arrèt de la respiration. 11 constitue le signe réel ordinaire Ce la mort, surtout lorsqu'il se prolonge au-delà d'une minute. Cependant dans les cas de sYncope ou de mort apparente<ette dernière particulièrement fréquente chez les nouvau-nés,—]a respiration peut être interrompue ou réduite à un miomum pendant un temps plus ou moins long, pour se rétablir ensuite.

Outre l'auscultation, il existe quelques épreuves simples qui au besoin, peuvent aider à mettre en évidence l’arrêt de la respiration, ce sont:

a) Le miroir qui, placé devant la bouche de l'individu, se ternit si la respiration persiste encore ;

b) Le verre rempli d’eau et placé sur le thorax:

c) La réaction sulphydrique d’Icard, qui consiste à placer devant les orifices respiratoires un papier blanc imbibé d’acétate neutre de plomb (10 grammes pour 20cc d’eau distilkée.) {Ce papier devient aoir par l'action de l’hydrogène sulfuré qui se dégage après la mort,

L'hydrogène sulfuré est dû lui-même à l'action des microbes anaérobies sur les muqueuses bronchiques.

3° Arrèt de la circulation, Le coeur arrête presque toujours après la respiration, et la constatation de ce signe se fait surtout au moyen de l'auscultation répétée plusieurs fois à quelques minutes d'intervalle, Vibert déclare, après Bouchut, que, sauf peut-être chez les nouveau-nés, lorsque les battements du coeur ont cessé pendant vingt minutes, la mort est certaine,

Les autres moyens proposés pour mettre en évidence arrêt de L. cireulation sont:

a) La ligature d'un doigt à sa base, (Cette ligature à pour effet d'arrêter lu circulation de retour et ainsi de déterminer chez le vivant une coioration rouge foncé du doigt (signe de Magnus) ;

b) L'ouverture d'un vaisseau superficiel qui par l'hémorrhagie qu'elle détermine, démontre que la circulation n’a pas cessé ;

c) La pression exercée sur les ongles qui a pour effet d'amener la pâleur de ceux-ci, lorsque le sujet est encore vivant ;

d) L'aréole inflammatoire qui, chez le vivant, se produit à la suite d’une brûlure de la peau ;

e) L'épreuve d'Icard qui consiste à injecter sous la peau ou dans les veines une solution de fluorescine (résorcine«phtaléine et bicarbonate de soude).

Si la circulation est abolie, la solution reste sur place; dans le cs contraire, la peau et le milieu de l'œil prennent une coloration verte. Cette injection a l'avantage d'être absolument inoffensive,

4° Autres signes immédiats, Le relâchement est Je premier phénomène qui s'opère du côté des muscles après la mort, ainsi la pupille ordinairement contractée avant la mort, se dilate au moment de celle-ci pour ne se contracter de nouveau qu'au moment de l’appa-

-ntion de la rigidité cadavérique. Notons cependant que l’atropine et l’ésérine persistent à avoir une action sur la pupille tant que la vie cellulaire n'a pas cessé,

Comme conséquence de la dessiceation qui ne tarde pas à se produire après la mort, l'épithélium de la cornée se ramollit, se dessèche et forme ce qu’on appelle l1 toile glaireuse ; les globes oculaires euxmêmes s’affaissent et deviennent mous.

Signalons enfin parmi les signes immédiats, les deux épreuves suivantes, connues depuis déjà longtemps et d’une valeur très-méd'ocre: l’une due à Laborde, repose sur l'absence d'oxydation d’une aiguille d'acier, plongée dans les tissus pendant une dizaine de secondes; l'autre proposée par Brissemoret et Ambard consiste à rechercher au moyen du tournesol, la réaction acide des tissus viscéraux. On sait en effet, que pendant la vie, la réaction des viscères est alcaline, mais qu'après la mort elle ne tarde pas à devenir acide.

SI. SIGNES NON-IMMEDIATS OÙ l'HENOMENES CADAVERIQUES

Ce sont les plus importants et chacun d'eux peut servir À établir lo diagnostic de la mort, Toutefois le plns indiscutable est 11 putréfaction dont la première manifestation extérieure est l'apparition de ‘a tache verte de l'abdomen,

Les phénomènes cadavériques sont la conséquence de deux oritres de faits, les uns physiques, les autres biologiques où chimiques, A. PHENOMENES CADAVERIQUES D'ORDRE PHYSIQUE

1° Refroidissement, Toutes les combnstions organiques proluctrices de chaleur cessant après la mort, il s'ensuit que le cndavre se refroidit graduellement et tend à prendre la température du milieu ambiant, La rapidité de ce refroidissement est en moyenne d'un degré à l'heure: mais elle dépend de la tenvérature de ee milieu, de b. présence et de la nature des vêtements qui recouvrent le endavre, enfin de certaines conditions individuelles, En effet les petits enfants, les vieillards, les individus maigres refroidissent plus vite que les adultes et les individus gras.

On observe cependant que, à ln suite de certaines affections comme le tétanos, le choléra, l'insolation, ete,, non seulement la tem jérature ne s'abaisse pas, mais qu'elle peut même continuer à s'élever un certain temps après que la vie a cessé, Cette élévation de tempée rature serait due à la multiplication des microbes dans les humeurs 2t les tissus qui ne sont pas eñcore morts,

Le refroidissement débute par les extrémités et se termine par le creux épigastrique: il est en général complet après 15 à 20 heures,

2° Relichement musculaire. Ya cessation de ln vie musculaire, à une importante exception près dont il sera question avee la rigidité cadavérique, se manifeste d’abord par un relâchement général des muscles dont il importe d'analyser les principaux phénomènes : disons, de suite, cependant, que ce relûchement n’est que passager et Par conséquent, doit être distingué de cette flaccidité musculaire qui, elle, est définitive et suit immédiatement la rigidité cadavérique.

Le relâchement musculaire laisse prendre au cadavre nne attitude en rapport avec les lois de la pesanteur, c'est-à-dire que les membres inertes, s'ils peuvent <e déplacer parfois légère: cnt, le font toujours d’une façon passive et dans le sens de la pes: ‘ur, de sorte que le corps s’adapte bien, se moule en quelque sorte au plan sur lequel il repose. L’attitude omlinaire est le decubitne dorsal, los momhroe enpérieurs À demi-fléchis et la pointe des pieds en dehors.

On a beaucoup discuté au sujet du faciès cadavérique dont Hippocrate lui-même a donné la première description. D-s médecins légistes très-distingués tels, Devergie, Tourdes, ete, or. n âme partagé un rioment cette croyance populaire qui veut que l'expression physiono-

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mique d’un mourant se maintienne après la mort et fournisse des indications utiles sur les circonstances de celle-ci. La réalité est que le faciès des cadavres est indifférent justement à cause du relâchement des muscles qui, chez le vivant, forment le jeu de la physionomie,

Un des effets principaux du relâchement musculaire est La dilatation des sphincters.

Nous avons déjà signalé parmi les signes immédiats de la mort, la dilatation de la pupille et son rétrécissement ensuite, parfois d'une façon inégale; le même phénomène s'opère du côté de l’orbiculaire des paupières, de là le dicton général mais qui est loin d'exprimer une vérité constante: “Personne ne meurt les yeux fermés.”

Le sphincter anal est de même relâché et l'anus béant, ce qui explique avec l'aide de la pression des gaz abdominaux, la sortie des matières fécales.

Le relâchement des maséters a Pour résultat la chute de la machoire inférieure et c’est pour y remédiér qu’on entoure la face d’un bandeau jusqu’à ce que la rigidité cadavérique soit apparue.

Jusqu’à ces derniers temps, tous les auteurs de médecine légale, y compris Brouardel, avaient attribué à la contracture cadavérique des vésicules séminales, la descente du sperme dans l’urètre des cadavres. Or, il a été établi par Dervieux en 1909, que cette hypothèse n'était pas fondée et qu’il convient d’attribuer la présence du sperme dans l’urètre de tous les cadavres—qui en peuvent avoir — quelque soit le genre de mort, au relâchement sphinctérien d’abord et à l’ac-

tion de la pesanteur ensuite.

3° Coagulation du sang. On sait que pendant la vie, le sang se coagule lorsqu'il s'échappe au dehors des vaisseaux et que si cette voagulation se fait lentement et sans agitation, on obtient un dépôt blanc fibrineux qui est le caillot blanc à côté du caillot rouge. Le même phénomène se produit au moment de la mort, en dedans des vaisseaux, du moins des principaux vaisseaux comme le coeur droit, l’aorte, l'artère pulmonaire, les sinus de la dure-mère et les grosses veines,

Le genre de mort ou mieux la rapidité, si l’on peut dire, de la mort influe sur la quantité et la qualité des caillots. En effet, dans tous les cas de mort subite ou rapide, et en particulier dans les asphyxies, on constate que le sang reste plutôt fluide et qu’il ne se forme que de petits caillots cruoriques; dans la mort lente :. contraire, et en particulier dans les longues agonies, on est sûr «e trouver dans le coeur droit des caillots volumineux et blancs.

Dans certains cas, il y a intérêt à savoir si un caillot intra-vas. culaire s’est formé avant ou après la mort. Les caractères suivants permettront presque toujours de porter un diagnostic: Le caillot fait pendant la vie est en général sec, strié, dense, et obstrue complète. inent la lumière du vaisseau; au contraire le caillot post-mortem est

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mou, filiforme, n’adhère pas aux parois et n’obstrue qu'incomplète-. ment la lumière du vaisseau.

‘duant 4 la question de savoir si le sang retiré des vaisseaux après la uort, est suscep. ble de coagulation, plusieurs auteurs tels Casper, Hc'nen, ete, l’at'irment; et Corin notamment déclare que le sang tiré d'u calatre s. coagule, quoique faiblement, pourvu que la putréfaction ne soit pus commencée.

4° Dessiccation ou déshydratation. Le corps humain étant composé d’eau dans l'énorme proportion de *0%, subit après la mort une perte de poids par suite de la déshydratation.

Celle-ci varie évidemment, suivant la température, l'état hygroinétrique de l'air, la présence de vêtements sur le cadavre, etc.; mais elle est surtout manifeste et particulièrement rapide chez les nouveaunés, au point qu’il faille en tenir compte dans la détermination de Pàge. La perte de poids chez le fœtus est d’autant plus consi‘lérable que celui-ci est plus éloigné du terme de la grossesse.

Dans l'énumération des signes immédiats de la mort, nons avons signalé du côté de l'œil quelques-unes des conséquences de la déshydratation, à savoir: la toile glaireuse de la cornée, la mollesse et l’aplatissement des globules oculaires; nous pouvons y ajouter la ‘ache scléroticale qui résulte de la dessiccation de cette membrane au uiveau de l'ouverture des paupières et à travers laquelle on peut apercevoir la pigmentation de l'iris. ;

Les lèvres se dessèchent très vite, surtout chez les en fants, et leur apparence noire et gercée ne doit pas être attribuée à des frictions ou autres violences.

Lorsque l’épiderme a été enlevé, soit avant soit après la mort, la dessiccation produit à ce niveau, ce qu'on appe.le le parcheminement, c’est-à-dire que le derme devient sec, dur et brun-jaunâtre.

Le percheminement est essentiellement un signe cadavérique, mais la plaie qu’il souligne peut être considérée comme faite pendant la vie, si elle présente de la réaction inflammatoire ou une ecchymose. L'état parcheminé apparaît, au moins sur les parties découvertes, entre trois et douze heures après la mort.

5° Hypostases. On appelle hypostase, l'accumulation du sang dans les parties déclives, en vertu des lois de la pesanteur.

Lorsque les hypostases apparaissent à l'extérieur du corps, elles portent le nom de lividités cadavériques, tandis que leur formation au Liveau des viscères leur a fait donner le nom de “hypostases viscérales ou hypostases proprement dites.”

Ces dernières sont surtout marquées au niveau de l’encéphale, de la moelle, des anses intestinales et de l’estomac, enfin des poumons.

Lorsque, par exemple, le cadavre est en décubitus dorsal, on trouve que le sang s’est accumulé non seulement dans les couches du

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cair chevelu ; mais encore à l'intérieur de la boîte crânienne, au confluent des sinus latéraux et du sinus longitudinal supérieur.

Cette hypostase ne doit pas être confondue avec une hémorrhagie 4 encore avec une simple congestion. La limitation de l’engorgement sanguin à la seule partie déclive suffira pour porter le diagnostic.

Du côté de la moelle, il existe dans les parties postérieures, un cagorgement qui contraste avec l’état pâle des parties antérieures,

Au niveau de l'intestin, l’hypostase apparaît sous forme de taches d’un rouge jaunûtre, séparées les unes des autres Par une portion d’intestin de coloration norma'e. Elle siège surtout sur les anses qui plongent dans le petit bassin.

C'est à la paroi postérieure et près de la grande courbure qu’apparaît l’hypostase stomacale, Elle se traduit d’abord par une dilatation du réseau veineux, puis par une imbibition séro-sanguine de la muqueuse elle-même, qui donne parfois l’impression d’une véritable ecchvmose; mais l’aspect spécial et la localisation de la tache hypostatique perniettent facilement le diagnostic.

L’h ypostase des poumons est importante à connaître, Elle apparaît dans les vingt-quatre heures après la mort et son siège principal est à la partie postérieure du lobe inférieur. Elle est d'un rouge sombre; le tissu est gorgé de Sang à la coupe; il est plus dur au toucher ; enfin il contient moins d’air.

L’hypostase puïmonaire doit être distinguée de la pneumonie hypostatique, de certains infarctus étendus, de l’atélectasie, de la broncho-pneumonie, de l'œdème pulmonaire. Le diagnostic différentel devient assez facile si l’on se rappelle la forme conique de l’infarctus, l’alternance des foyers pâles et indurés avec les portions de tissu foncé et apparemment normal de la broncho-pneumouie, les foyers déprimés de l’atélectasie, enfin l’hépatisation de la pneumonie dont les portions plongent à l'épreuve de l’eau.

Tes lividités Cadavériques apparaissent dans les parties déclives et par conséquent leur situation varie suivant la position dans laquelle repose le cadavre: elles sont dans les Parties postérieures du corps, si le cadavre est en décubitus dorsal ; el'es sont en avant ou sur le côté, si le cadavre repose sur le ventre ou sur le côté. ('hez le pendu demeuré en suspension pendant un certain temps, les lividités apparaissent aux membres inférieurs et aux Organes du bassin. Les parties du cadavre qui soat l'objet d’une compression ne présentent pas de lividités cadavériques, par exemple: les fesses et les omoplates, si le cadavre repose sur le dos. Les jarretières, le corset, un lien quelconque donnent de même une compression suffisante pour empêcher à leur endroit la formation des lividités.

Les lividités cadavériques sont constantes. Elles apparaissent en général de 3 à 7 heures après la mort, Elles débutent sous forme

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de taches qui finissent par se réunir et s'étendre d'autant plus que le sang est plus fluide et que la mort remonte à une date plus éloignée,

Ta coloration des lividités est assez variable. Elle est d’un rouge plus clair chez l'enfant que chez l'adulte; elle varie sensiblement suivant certaines causes de mort, ex: mple: la coloration rouge vif des intoxiqués par l'oxyde de carbone ou par l'acide cyanhydrique. On remarque aussi cette même teinte rouge clair chez les novés, les cadavres gelés: le sang pouvant s'oxygéner de nouveau au contact de l'eau ou de l'air froid.

Les lividités sont ordinairement de couleur sombre chez les as- Ehyxiés et en général dans les cas de mort subite. L'empoisonnement par le chlorate de potasse donne aux lividités une couleur brun chocolat. |

Les lividités sont susceptibles de se déplacer avec le changement de position du cadavre; mais Ja période durant laquelle ce déplacement et possible, est très restreinte et dans aucun cas, n’excélerait vingtquatre heures

I! faut savoir distinguer les lividités cadavériques, qui sont le résultat d’une imbibition par la matière colorante du sang, de certaines lésions vitales très-importantes qu'on appe'le ecchymoses et qui résultent de l'infiltration du sang et de sa coagulation dans les tissus. Ni donc on pratique une incision au niveau d’une lividité, on Daperçoit aucun caillot, mais simplement une imbibition du tissu par l'hémoglobine ; du sang provenant des veines sectionntes peut s’échapper de la plaie, mais si on l’essuie, il s’enlève totalement. L'incision au contraire, faite aû niveau d’une ecchymose laisse voir entre les mailles du tissu, du sang infiltré, Cuagulé, que le lavage ne parvient pas à faire disparaître complètement,

En résumé, les indciatior: inédico-légales ‘es hypostases concernent :

1° Ja certitude de la mort:

2° La date de la mort;

3° La position occupée par le cadavre.

6° Rigidité cadarérique. Nous avons déjà noté que le premier Phénomène qui s'observe du côté des muscles après la mort, est le relâchement complet, lequel permet au cadavre de s’adapter aux surfaces sur lesquelles il repose. Mais ces musces ne tardent pas à être envahis peu à peu par une raideur telle que, lorsqu'elle est complète, le cadavre peut être soulevé tout d'un pièce.

La rigidité musculaire n’atteint que les muscles, mais tous les mugcles, tant ceux de la vie de relation que ceux de la vie organique, Aucun sujet n° échappe, pas même les fœtus morts dans le sein de ieur mère.’

Deux théories semblent se partager les opinions relatives À la nature de la rigidité cadavérique. Tune déjà ancienne due à Brucke

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(1842), attribue la rigidité à la coagulation de la myosine par l'acide lactique qui se développe dans les muscles après la mort. Le muscle au repos a en effet une réaction akcaline; pendant la rigidité comme pendant le mouvement, cette réaction devient acide. MM. Lacassagne et Martin, dans des travaux récents, semblent d'autre part, avoir démontré que si la rigidité doit être attribuée à la coagulation de la myosine, la cause de cette coagulation dépend, disent ces auteure, non pas de l'acidité mais de la déshydratation du muscle. Et ile fournissent plusieurs exemples à l'appui de cette hypothèse: si par exemple, on déshydrate artificiellement un musele, la rigidité devient Plus précoce; si au contraire, on l’hydrate, la rigidité cesse, au moins momentanément. Les maladies favorisant la déshydratation, rendent

‘Plus précoce l'apparition de la rigidité, (est, croyons-nons, l'expli-

cation la plus sérieuse qui ait été fournie, de l'intensité et de la durée de la rigidité, chez les sujets ayant subi l’action prolongée d’une forte chaleur comme celle d'un incendie.

La rigidité cadavérique peut parfois être confondue avec la congélation. Mais tandis que 11 dureté de la congélation s'étend à tous les tissus: la rigidité, elle, n’atteint que les muscles. Si la congélauon a lieu immédiatement après la mort, la rigidité cadavérique se manifeste dès que la congélation a disparu.

La rigidité cadavérique est difficile à vaincre: mais une fois vaincue, si elle se trouve encore dans la période de développement, elle Peut réapparaître quoiqu'à un. degré moindre: si, au contraire elle est déjà complète, elle ne réapparaît plus,

Les muscies qui entrent en rigidité cadavérique, se raccourcis. sent comme font d’ailleurs les muscles en contraction chez le vivant. Ce fait peut expliquer certains mouvements ou déplicements assez otables tels: le relèvement du maxillaire inférieur, le rapprochement du pouce et de l'index. Le relâchement musculaire qui suit immédiatement la mort fait que les membres supérieurs prennent tout naturel. ment la position demi-fléchie, position qu'ils conservent pendant l1 durée de la rigidité: mais si, aussitôt après la mort, on dé. fléchit les doigts ou les bras, In rigidité les ramèncra dans la position de demi-flexion.

Notons encore la rétraction du pénis et du scrotum, la chair de poule, l'expulsion spontané du fœtus par l’action combinée 4e la rigi. dité cadavérique utérine et de la pression des gaz abdominaux.

La rigidité cadavérique débute par les muscles de la vie organique et le coeur semble être un des premiers organes atteints. Elle envahit ensuite les autres muscles en commençant par la face et le cou, pour suivre une marche progressive mais non constante vers les membres supérieurs, le tronc et les membres inféricure, Elle disparaît dans l’ordre qu’elle est venue.

Plusieurs facteurs peuvent la faire varier dans son int nsité, sa

durée et l’époque de son apparition; mais ces trois termes seraient d'après Nysten, étroitement liés et dépendraient de l'état de conservation des muscles au moment de la mort, Parmi les principaux facteurs connus, il y a l’âge, la température ambiante et enfin la cause de la mort.

Chez les enfants comme chez les vieillards, la rigidité est prévoce, de faible intensité et de courte durée, contrairement à ce qui a lieu en général chez l’adulte. Chez les nouveau-nés corume chez les très-vieilles personnes, elle peut apparaître dix minutes à un quart d'heure après la mort. 1l est certain que le froid et la température chaude hâtent toutes deux, l'apparition de la rigidité, son intensité et sa durée.

Quant à ce qui a trait à la cause de la mort, on admet comme règle générale que, chez tous les sujets présentant au moment de la mort un système musculaire affaibli ou fatigué par maladies ou aùtrement, la rigidité est précoce, faible et courte; le contraire existe par conséquent chez les individus nv.ts subitement, par’ accident ou Par violence, c’est-à-dire avec un système musculaire intact.

Un membre séparé du tronc entre en rigidité, mais un peu plus tardivement que celui qui n’en a pas été détaché. La paralysie musculai e n'empêche pas non plus l’étiblissement de la rigidité, excepté ai elle a déterminé l’atrophie du membre.

A la suite de maladies convulsivantes comme le tétanos, l’empoisonnement par la strychnine, ete.; à la suite d’électrocution par un courant de haute tension, on constate que la rigidité cadavérique est très-précoce, intense et de longue durée,

Notons enfin que la rigidité cadavérique peut s'emparer du cadavre dès le moment de la mort, et ainsi fixer un ou plusieurs membres, ou même le Corps tout entier dans l'attitude prise au dernier moment de la vie. Cette rigidité particulière porte le nom de spasme Cadavérique et aucun auteur ne paraît plus en nier la réalité à cause des nombreux exemples rapportés.

Les faits de spasme généralisé ont été observés surtout sur les champs de bataille et nul doute que la guerre actuelle doive nous en fvurnir encore quelques-uns,

Au spasme localisé se rattache la conservation soit de l’expression physionomique, soit d'une attitude due d’abord à un acte vital ct fixée par le spasme cadavérique. Tous les auteurs citent des exemples d'individus trouvés morts avec une arme (revolver, rasoir etc.) fortement serrée dans la m#in.

Les conditions étiologiques du spasme cadavérique ne semblent ras encore bien connues; mais on l’a observé dans les deux circonstances suivantes: quand l’individu est mort au moment d’une violente contraction musculaire, comme Par exemple, à la suite du tétanos, de l'empoisonnement par la strychnine, et d’autre part, quand un indi.

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vidu sain meurt subitement, atteint violemment au cœur ou à la tête (blessures des centres nerveux supérieurs ou de la moelle par coups de feu).

En résumé, les indications médico-légales de la rigidité cada. vérique concernent :

1° La certitude de la mort;

2° La date approximative de la mort. Vibert dit que la rigidité cadavérique apparaît, en général de deux à six heures après la mort; au bout de dix-huit à vingt-quatre heures elle est généralisée ; elle cesse après trente-six à quarante-huit heures.

3° L'endroit où l'individu est mort, par exemple: ai les parties du corps s'adaptent bien aux surfaces, c'est que l'individu n’a pas été déplacé ou l’a été peu de temps après la mort: si, au contraire, les menibres sont dus une position contraire aux lois de la pesanteur, va doit conclure—'e cas de spasme cadavérique excepté—qu'il n’est pas mort à cet endroit.

4° Le spasme cadavérique — si en effet le cadavre tient une arme fortement serrée dans la:main, on doit admettre qu'il la tenait ainsi au moment de sa mort.

B. PHENCMENES CADAVERIQUES D'ORDRE BIO- LOGIQUE ET CHIMIQUE. PUTREFACTION,

Immédiatement après la mort, commence dans les tissus et les organes, une série de tran formations, les unes dues aux microbes, les autres attribuables aux insectes que, pour cette raison, on a dénommés les auxiliaires de la putréfaction ou les travailleurs de la mort; enfin un grand nombre apparaissent comme le résultat de réactions chimiques complexes.

Toutes ces transformations aboutissent après un temps plus ou moins long, à la destruction des cadavres à laquelle on a conservé le nom de putréfaction.

Ce processus de transformation prend toutefois différentes formes suivant des conditions encore mal connues, mais qui semblent dépendre surtout du milieu où sont placés les cadavres et, dans une certaine mesure, de la proportion d'air, d'humidité et de chaleur qui leur arrive. .

Ces formes se réluisent aux trois su'vantes: la putréfaction commune, la saponification et la momificatiun.

1° Putréfaction commune. — C’est la putréfaction ordinaire, celle par conséquent que nons rencontrons le plus souvent. Les microbes sont ici les agents actifs, en particulier pour ce qui est de l'attaque du cadavre, mais leur action se poursuit par le moyen des fermentations.

Ces microbes nous sont encore peu connus; toutefois les divers

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auteurs qui se sont occupés de la question, sont unanimes à admettre que ce sont les annérobies qui jouent le rôle principal et parmi eux: le bacillus putrificus coli, le bacille sporogenès, le bacille perfringens, toutes bactéries que Metchinikoff a retrouvées dans le tube digestif de l’homme sain. Ce fait tendrait à démontrer la réalité de l'hypothèse émise, il y a déjà longtemps, par Brouardel et appuyée depuis par Malvoz et autres, à sa“oir: que l'intestin serait le point de départ du processus de la putréfaction, au moins chez l'adulte,

Voici comment s'exprime Malvoz, cité par Thoinot: “C'est de l'intestin que partent les saprophytes qui vont décomposer les organes. Ces microbes de l'intestin détruisent les cellules de la muqueuse au moyen de leurs diastases, traversent les tissus, gagnent la veine porte, les lymphatiques, parviennent au foie. Ils envahissent les gros vaisseaux, etc.” Et-grâce à la circulation secondaire, développée par la pression des gaz abdominaux, ecs microbes sont disséminés dans tous les tissus.

Chez les noyés et les nouveau-nés cependant, ce seraient les microbes saprophytes des voics respiratoires qui entreraient les premiers en action après la mort et l'explication en est sans doute dans le fait que chez le nouveau-né, le tube digestif reste pendant longtemps haoité par les seuls bacilles lacti et coli ordinaires, tandis que chez le noyé, les microbes contenus dans l’eau absorbée au moment de la mort, deviendrait le point de départ de la putréfaction qui, chez eux, apparait de fait, au niveau du thorax.

L'action des microbes de la putréfaction n'est pas indépendante de certaines conditions générales qui sont l'air, la température et l'humidité. En effet, ci sait qu'aux températures trop basses ou trop élevées, la putréfaction n'a pas lieu. Elle est cependant susceptible de se produire entre 0° :t 60° C, et la température la plus favorable à son développement semble être au voisinage de 37° C. Une certaine proportion d’oxygène est nécessaire à la vie des microbes même anaérobies; mais sous un courant d'air se et chaud, ]n putréfaction fait place à cet autre état cadavérique qui est la momification.

L'humidité est particulièrement favorable aux fermentatiors microbiennes. Le cadavre lui-même est susceptible de fournir pendant un certain temps, la part d’eau nécessaire aux fermentations putréfactives; mais cette quantité épuisée, l’humidité doit être fournie par une autre source, sinon la putréfaction s'arrête. En résumé donc, les conditions relatives à l'air, à la température et à l'humidité étant réalisées, ia putréfaction doit s'effectuer. quel que soit le qilieu: air libre, eau et sol. Ajoutons enfin qu'il arrive assez fréquemment qu’une partie seulement du cadavre se trouve soustraite à ces conditions; alors elle apparaît sous un autre état

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