‹ Précis de médecine légale [microforme]Chapitre 18 sur 251 · ER T · texte numérisé non relu

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Cadavérique qui peut être soit la saponification, soit la momification.

Pour la facilité de la description, on peut diviser en deux périodes Ja marche générale de la putréfaction ; Mais, hâtons-nous d'ajouter que les variations sont telles dans la chronologie des signes et mêmes des stades, que toute tentative d'encadrement ne saurait être qu'un schéma.

u) Période gazeure. — Le premier phénomène extérieur de la putréfac: on consiste dans un changement de coloration de la peau, Une tache verte apparaît au niveau de l'abdomen, le plus souvent dans la fosse iliaque droite, et sa présence constitue le signe le plus certain de là mort; elle peut cependant se manifester parfois au niveau du thorax et du cou, en particulier chez certains noyés ct chez les nouveau-nés,

La coloration verte est due à l’action de l’hydrogène sulfuré sur l'hémoglobine, Elle apparaît primitivement au niveau de l’abdomen Parce que c’est dans l'intestin que s'effectuent les premières fermentatio1s microbiennes. Son apparition ne se fait pas à une date fixe, mais en général, correspond à la phase de déclin de la rigidité cadavérique. La tache grandit rapidement; elle envahit les musc'es, le tissu graisseux ; elle forme ici et là des placards irré- &uliers qui bientôt se réunissent et couvrent la plus grande partie du Corps. Avec le progrès de la Putréfaction, la teinte verte passe au rouge foncé, eu noir, etc.

En même temps que se produit du côté des téguments ce chan- &ement de coloration, les microbes de Ja Putréfaction trouvant un milieu favorable dans l'intestin, y ‘veloppent des gaz dont la pression a, entre autres e{fets, celui de refouler le sang vers la périphérie, Causant ainsi la formation du réseau veineux superficiel dont les lieux d'élection sont les épaules, les bras et les jambes. Le sang luimême, milieu très Propice à la prolifération microbienne, va disséminer par tout le corps les agents de la fermentation. Le développement gazeux devient considérable dans les cavités, les organes et surtout le tissu cellulaire ; le visage en particulier devient méconnaissable,

L'apparition et Ja généralisation des gaz sont des phénomènes da début de Ja putréfaction ; cependant, nous avons constaté que leur développement se faisait parfois avec une extrême rapidité et presqu’immédiatement après la mort. Nous avons pu alors constater à chaque ïois, la présence dans le sang du bacillus aerogenes capsulatus.

Comme conséquence de Ja pression des gaz abdominaux, on doit noter en plus: le refoulement des matières alrmentaires au dehors on seulement dans Je pharynx, d’où par action de la pesanteur, elles peuvent s'introduire dans la trachée et les grosses bronches 3 le re-

sn Île.

foulement du vagin et du rectum ; la perte des matières fécales; la vacuité du coeur et des gros vaisseaux ; l'expulsion du foetus; enfin, phénomène assez rare, l'éclatement de la paroi abdominale.

Les gaz de la putréfaction sont surtout des carburcs d’hydrogène, du bisulfure de carbonne et de l'hydrogène sulfuré; ils s'enflamment facilement.

Comme phènomène putréfactif extérieur appartenant à la première période, on doit encore noter les phlyctènes qui résultent du soulèr ment de l'épiderme par la sérosité rougeûtre ou brun verdâtre qi à transsudé des vaisseaux et imbibé les tissus périphériques. Leur rupture qui se fait spontanément, laisse le derme à nu et l'épiderme sous forme de lambeaux. Dans un sol humide, l'épiderme se macère surtout au niveau des faces palmaires et plantaires, se ramollit et s’enlève sous le moindre frottement; les cheveux, les poils et, un peu plus tard, les ongles se détachent et tombent, mais résistent eux-mêmes longtemps à la putréfaction.

Les phénomènes qui se produisent dans les tissus plus profondément situés, dans les organes et les cavités, sont de mème qu'à l'extérieur: le changement de coloration, la formation de gaz, l'accumulation du transudat dans les cavités.

Le changement de coloration est dû tant à Pimbibition qu’oux altérations de la putréfaction elle-même Les globules rouges s'hémolyssnt par suite des fermentations putriles dont le sang est le siège, l’hémoglobine s'éhappe avec le sérum, à travers la paroi des vaisseaux, imbibe et colore en rose ou rouge sale, le tissu cellulaire, les muscles, les organes et les diverses muqueuses ;' enfin le liquide s'accumule dans les cavités séreuses, notamnrent dans les plèvres où il se montre toujours en plus grande abondunce, en particulier chez les noyés. (Ce transsudat, comme on le désigne ordinairement, provient du sang que contiennent les vaisseaux du poumon, et de l’écume renfermée dans les bronches et les alvéoles pulmonairez,

Les gaz, avons-nous dit, commencent à se former dans l'intestin, mais ils ne tardent pas à se former ailleurs et partout. Dans le sang apparaissent des bulles nombreuses et très fines qui produisent parfois une sorte de bouillonnement au niveau des plaies. Les caillots se liquéfient ct même les extravasats sanguins, formés pendant la vie, finissent par disparaître,

Dans les organes, lle développement de ces gaz se fait par bulles iso'ées ou en groupes, notamment sous le péricarde, sous les plèvres, sous la muqueuse stomacale, dans le foie qui apparait comme creusé de petites cavités et dont les fragments projetés dans l'eau peuvent parfois eurnager.

Il va sans dire qu’un grand nombre d’altérations pathologiques deviennent, dès cette période, impossibles à apprécier, notamment les lésions histologiques.

b) Fériode de ramoltissrment. Le cadavre entre bientôt dans une phase de désorganisation enractériste surtout par un ramollisse-

ment progressif, Quoique fort variable dans son intensité et sa rapidité, suivant les tissus,

Les parties molles disparaissent les premières : les os, les dents et les cheveux résistent parfois très longtemps,

INous croyons devoir ajouter À cette dex ription fort incomplète d'ailleurs, un exposé de quelques-uns au moins des aspects que peut pren ire à un moment donfé durant l'évolution de la putréfaction, chacun des organes où tissus, pris en particulier; et ce, afin d'é Vter que l'on confonde une altération d'origine putréfactive avec quelque lésion d'origine pathologique,

4, D'abord du côté de la peau, à part le changement de colo. ration déjà noté, nous avons dit que parfois elle se macère même chez les personnes inhumées dans la terre ; elle finit par # ramollir et par subir la fonte putride, au moins dans les parties déclives ; elle se dessèche, s'amincit, devient jaune et dure comme du parchemin, Elle se conserve alors très longtemps.

b. Le tissu cellulaire composé lui-même de tissu conjonctif et de tissu adipeux, recoit duns les parties déclives, une sérosité abondante; ailleurs, au « ntraire, il reste sec et ainsi résiste plus longtemps à la putréfacts: 11 n'est Pas rare cependant de le voir se transformer à certains endroits en gras de cadavre,

€. Rien de particulier à signaler du côté des muscles, si ce n’est qu'ils restent iongtemps reconnaissables,

d. Les cartillages blancs chez le vivant, ne tardent Pas à prendre une coloration rouge où jaunâtre,

8. Nous aïcns défi signalé la formation de bulles gazeuses au niveau du périarde, Le transsudht qu'il contient n'est jamais très abondant: il prend une coloration rougeûtre comme aussi l’endocarde, Le myocarde se ramollit et prend bientôt une teinte feuille morte, mais résiste mieux que tous les autres muscles à la putréfaction,

f. La paroi des vaisseaux Simprègne à bonne heure de sérosité et la muqueuse en Particulier apparait avec une coloration rouge de plus en plus sombre.

g. La muqueuse des conduits respiratoires devient rouge, se ramollit et disparait par lambeaux avec Je progrès de la putréfac. tion.

h. Les poumons résistent assez longtemps à da putréfaction, excepté sis sont atteints d'une affection quelconque: pneumonie, tuberculose, oelème, ete. JR Prénnent avec le temps une coloration vert foncé et diminuent progressivement de volume.

t. Ja motlie épinière subit une putréfaction rapide de même que le cervelet. Quant au cerveau, on remarque que chez les nou-

tr

\eau-nes jusqu'à l'âge d'un an, il se putrefie tres Fat lement vt se transforme en une bouillie rougeñtre puis gris verdûtre.

Chez l'adulte, le cerveau se CONRETYE Neux, si] n'est pas atteint de lésions inflammatoires. Los fovers hémorrhagiques y sont re-

counaissables pendant assez longtemps.

j Du «té de l'estomac, à part l'imbibition séreuse de la Muqueuse et, par suite, son changement de coloration, il y a for. mation de bulles gazeuses sous la Muqueuse et ramollissement dû à l'autodigestion, qui peut aller jusqu'à la perforation de l’organe,

#. La coloration rouge de la muqgneuse intestinale ne doit pas être confondue avec une lésion d'entérite, non plus que la coloration jaune des régions voisines de la vésicule biliaire,

?" Saponification ox adipocire,

Cet état cadavérique relativement fréquent apparait sous cer. taiues conditions à la suite de ln période gazeuse de la putréfaction ‘ommune; il ne s'agit dom pas (l’un processus initia!. La condition principale semble être l'humidité et le faible apport d'air; d’où il suit que la saponification a lieu, surtout dans l'eau, moins souvent dans la terre, mais jamais à l'air libre. Notons en outre que Les individus gras, les alcooliques, les enfants, ete. montrent des dispositions Pus marquées à la transformation en gras de cadavre.

La saponification a pu être reproduite expérimentalement, Elle Peut apparaître et de fait se rencontre à l'état isolé sur presque tous les cadavres avant subi la Putréfaction commune, mais elle présente un plus grand intérêt méiico-légal, lorsqu'elle s'étend à la Presque totalité du corps, car alors elle contribue à la conservation Parfois fort longue du cadavre et partant à son identification.

Sur l'origine du gras cadavre, les opinions sont encore partagées: les uns n’y voient qu'une transformation de la graisse normale de l'économie; les autres prétendent que cette transformation atteint indistinctement tous les tissus, Sur sa nature cependant, on est bien fixé: l’adipocire, en effet, consiste dans le dédoublement des graisses en acides gras ct en glycérine, Celle-ci s'échappe des cel. lules, tandis que lex acides se combinent avec ln potasse, la soude ou l’'ammoniaque, pour former un véritable savon Cette substance, blanche lorsque le Processus s'opère dans l'eau, est jaunûtre lorsqu'il a lieu dans un sol humide; elle reste plus où moins longtemps molle, onctucuse et pen homogène, c'est-à-dire. laissant voir des portions de tissus encore reconnaissables ; en vieillissant elle se dessèche et s'effrite.

Tous les tissus ne se transforment Pas en même temps en adi. Pocire ; en général le tissu cellulo-adipeux est envahi d'abord, puis les mt «cles, Les Organes et enfin les os eux-mêmes.

Evceytiounellement le gras de cadavre apjaraît avant deux mois

de séjour dans l'eau, La transformation complète d'un membre ne s'observe guère avant uue année.

Lorsque l'eau ou le soi humide contiennent beaucoup de sels calcaires, il arrive parois, wprès plusieurs années &énéralement, que le chaux déplace lu Potasse et la soude constituant l'adipocire, et que le cadavre se trouve ainsi transformé en une véritable masse de pierre,

3° Momificalion, — La momification n'est rien moins qu'une dessiccation du cadavre, Les tissus ayant ainsi subi une énorme Porte d'eau et ne pouvant en réc upérer du milieu lui-même, devier.. Dent imprapres aux fermeugations Microbiennes, La putréfaction Où ne s'établit pas, où s'arrête, et les corps se conservent alors fort longtemps comme en témoignent les momies d'Egypte,

Un courant d'air chand et sec Parait être une condition indis Pensable à lu momification des cadavres; les conditions individuelles, AU contraire, ne semblent pas avoir une influence très marques, On 8 remarque cependant que les cadavres des nouveau-nés se désse chaient pius facilement que ceux des, adultes, La momilication n'est done susceptible de se produire qu'à l'air libre, plus rarement dans certains sols poreux € secs, ‘mais jamais dans l'eau.

Comme la saponification, elle peut se montrer à l'état isolé, con. servant un membre où une partie quelconque du corps au milieu de la putréfaction commune: mais elle n'a d'intérêt que lorsqu'elle est générale. Les formes extérieures du cadavre sont alors conservées : la peau est dure, sèche, brune et ridée; les organes au contraire sont plus difficles à reconnaître.

C) Enfluer ces qui modifient la durée de la putréfaction.

Les unes sont relatives au sujet lui-même, les autres au milieu ambiant. Les influences individuelles sont d'abord l’âge, Le fuetus et le mort-né se putréfient moins vite que l'enfant qui a commencé à respirer et surtout à s’alimenter, à cause de l'absence dans d'intestin et les voies respiratoires des premiers, des germes saprophytes. Les jeunes enfants se Putréfient cependant plus vite que les adultes ; l'obésité serait aussi une cause de décomposition rapide ; enfin le genre de mort parait exercer l'influence Ja plus marquée. Tous les auteurs en effet, signalent la rapidité particulière de la vutréfaction chez les asphyxiés ; dans les maladies eceptiques telles que, fièvre typhoïde, péritonite, scepticémie puerpérale, etc: dans les cas d’insolation et de fulguration: à la suite de blessures étendues : dans les cas d’anasarque, «te. D'autres genres de mort au contraire, retardent singulièrement ja putréfaction, ce sont les grandes hémorrhagies et certains poisons tels que, l’alcool, l'acide phénique, l'acide prussique, l'oxyde de carbone, ete.

Quant aux influences relatives au milieu ambiant, nous avons déjà noté celle très importante de la température ; ajoutons que la pPütréfaction est plus rapide dans l'air que dans l’eau, et plus rapide

dans cette dernière que dans la terre, L'oxygène, étant une condition re à la vie des êtres qui causent la Putréfaction, explique ces différences.

Les cadavres se putréfient plus vite dans les fosses particulières que dans les fosses communes, Les vêtements, la nature de la bière, la eciure de bois, ete. retardent la putréfaction : au contraire d'autres substances telles que, le charbon de bois en poudre et ls chaux favo. risent l’action décomposante.

Les membres séparés du COrps se pütréfient moine vite que s'ils sont reliés au tronc, sans doute parce que le sang altéré ct Poussé par les gaz abdominaux, ne leur parvient plus,

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