LA MORT SUBITE
11 faut entendre par mort subite «Urvient d’une façon plus ou moins vient inopinément, sans que rien ne
en médecine légale, celle qui rapide, mais qui surtout sur.
l'ait fait prévoir.
Elle donne souvent lieu PUX commentaires jes plus fantaisistes qui obligent l’autorité judiciaire à faire Causes réelles de la mort,
Au point de vue Civil, l'établissement de la cause réel! mort et surtout de la mort sub
rechercher par l'expert les
ite, a pris une grande importance de-
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Puis l’application, en janvier 1910, de la nouvelle loi sur les accidents du travail. Celle-ci en effet, en rendant les patrons responsables de tous les accidents du travail, les oblige en conséquence, en «as de décès d’un de leurs employés, à payer aux héritiers sous forme d’une rente annuelle, une somme déterminée. Ur, supposons qu'au cours de son travail un employé meurt subitement, la famille de ln victime prétend naturellement que ln mort est due au fait du travail, tandis que le Patron prétend au contraire, et du reste quelquefois avec raison, que la mort est naturelle et, par conséquent, n'a rien à faire avec le tra- Yail. I! y a done là un conflit entre l'employeur et l'employé que l’autopsie seule Pourra résoudre,
Au point de vue riminel, il arrive qu’on soupçonne que la mort subite a été le résultat d'un crime qui, d’après les circonstances, peut être, soit un empoisonnement. soit une asphyxie, soit enfin des violences n'ayant Pas laissé de traces extérieures,
Dans tous ces cas, le médecin a le devoir de rechercher et d'é. tablir «i possible, la vraie cause de la, mort subite, et pour cela, il doit évidemment bien connaître nan seulement les diverses formes médico-légales de celle-ci, mais encore ses multiples causes naturelles,
La mort subite apparait comme très fréquente, et il n'est pas téméraire d'affirmer qu'elle représente au moins un Pour cent de la totalité des cas de mort, Ele survient à tous les âges et la statistique démontre qu’à partir de la fin de la première année, sa fréquence augmente directement avec l’âge ; elle est enfin plus fréquente Chez l'hor. se que chez la femme,
La mort subite survient à la suite d'un certain nombre de causes naturelles parmi lesquelles il faut compter en premier lieu, les affections cardio-vasculaires, celles des voies respiratoires et celles du syetème nerveux central; puis en second lieu, la série des faits groupés par Brouardel sous le nom d'inhibition, les affections abdominales et celles du tube digestif en particulier, les affections des reins et des capsules surrénales, enfin les diverses af fections aiguës.
Ces différents groupes de causes ‘feront l'objet d’autant d’erti. cles qui seront suivis de deux autres consacrés, l'un à la mort subite pendant les suites de couche, l'autre à la mort subite chez l'enfant.
AFFECTIONS CARDIO-VASCULAIRES.
Elles comprennent celles du coeur, des artères, des veines et du
Péricarde, dont il nous faut considérer successivement les lésions aiguës et les lésions chroniques.
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Les lésions aiguës de l'appareil cardio-vasculaire ne survenant que comme complications au cours d'affections aigués plus ou moins généralisées, ne jouent guère un rôle important dans la mort subite dite médico-légale, En effet, leur caractère imprévu ne saurait entrer en jeu si ce n'est dans les cas où les affections qui leur ont donné naissance, étaient elles-mêmes en évolution latente,
Bignaions cependant comme exemples: la péricardite, l’endoeandite et surtout la myocardite aiguës, survenant au cours d’affec. tons telles que, fièvre typhoïde, pneumunie, broncho-pneumonie, diphtérie, septicémies, etc,
Les lésions chroniques de l’appareil cardio-vasculaire et en particulier celles du coeur et de l'aorte, sont au contraire, et de l’aveu de tous, parmi les causes les plus importantes de la mort subite. Motons cependant que l'issue fatale parait souvent coïncider avec une influence occasionnelle tel'e que, émotion vive, effort physique anormal, indigstion, léger traumatisme, etc,
Voici en résumé ces lésions :
a. Myocardite chronique. — Elle peut prendre la forme hyperplastique scléreuse (placards étoilés ou bandes, formés de tissu conjonctif mlulte, et visibles à l’oeil nu) ou la forme dégénérative graisseuse. Ces deux altérations s'associent d'ailleurs le plus souvent, mais la forme fibreuse est généralement plus marquée; elles sont en outre contemporaines sinon consécutives à des Ksions de sclérose artérielles, localisées soit à laorte, soit aux coronaires, soit aux reins, etc. Le coeur est alors hypertrophié (coeur rénal de Traube, :peuffisance aortique), ou à la fois hypertrophié et dilaté comme dans les pér: ardites. La dilatation pure du coeur avec amincissement des parois et agrandissement des cavités, est le caractère particulier du coeur asystolique; ce dernier étant lui-même la conséquence plus ou moins éloignée, mais ordinaire, de rétrécissement ou d'insuffisance de la valvule mitrale,
La surcharge graisseuse du coeur devient parfois assez considérable pour’ être placée parmi les causes de la mort subite: mais il faudra bien se rappeler que ei le coeur du nouveau-né n’est pas recouvert de graisse, celui de l'adulte au contraire, en présente d’une façon constante, le long des sillons et près des oreillettes,
La surcharge graisseuse du coeur, qui peut devenir tout aussi grave que la dégénérescence graisseuse du myocarde, ne doit pas cependant être confondue avec elle. Leur début histologique est en
effet très différent: tandis que la première se dépose d'abord à la
surface des fibres et plus tard entre elles, la seconde apparait pri- Mitivement dans la cellule musculaire elle-même et le plus souvent dans les fibres les plus voisines de l’endocarde,
Ce n’est que dans le cas où le coeur disparaît presque totalement
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sous la graisse qu'il conviendra d'attribuer un rôle important à le surcharge graisseuse,
Mentionnons enfin parmi les lésions chroniques du myocarde. l'ouvant déterminer la mort subite, les altérations ou mieux la sciés rose du faisceau de Hia,
b. Insuffisance aortique, — Elle peut être la conséquence de lé. sions endocarditiques qui alors coexistent habituellement au niveau de l’orifice mitral, et qui se manifestent tantôt par des végétations, tantôt par une rétraction, tantôt par une soûdure plus où moins calcaire des valvules; elle peut être aussi consécutive aux lésions athéromateuses de l'aorte qui se montre alors distendue dans sa portion ascendante, y compris l'anneau valvulaire: enfin l'insuffi. sance aortique peut être le résultat d’un traumatisme ayant déterminé une déchirure valvulaire.
Il n'y a pas de doute que dans le premier cas comme dans le dernier, la mort subite puisse être rattachée à l'insuffisance aortique ; dans le second cas, au contraire, l'association de la lésion orificielle des coronaires avec l'insuffisance aortique, fait qu'il est parfois diffi. ctle d'attribuer le rôle capital à une lésion plutôt qu’à l’autre.
c. Rupture du coeur. — La rupture du coeur est un fait assez rare. Outre qu’elle se produit seulement sur un coeur malade: dé. générescence ou surcharge graisseuse, Mmyocardite scléreuse, ete, s& tause dominante toutefois paraît être l’obstruction thrombosique Vun rameau corcnarien. Le territoire ischémié correspondant qui peut être tantôt apoplectique (infarctus hémorrhagique), tantôt is. chémique simplement (infarctus ischémique simple), se transforme bientôt en un foyer de ramoïissement où se fera plus où moins long. temps après, la rupture du coeur,
Elle atteint surtout les vieillards et prend toujours une forme plus ou moins foudroyante; le ventricule gauche près de la pointe est le siège ordinaire de la rupture du coeur; enfin dans le péricarde, On trouvera toujours une quantité variable de sang coagulé,
d...Rupture des artères. — Les artères qui se rupturent, sont des artères atteintes chroniquement, Or, les lésions d’artèrite chronique sont la sclérose, l'infiltration calcaire et l’athérome, que l’on considère parfois comme les stades successifs de l’inflammation chronique.
Ces trois formes de lésions coexistent habituellement au niveau de l'aorte, tandis que sur les petits vaisseaux, c’est la sclérose qui prédomine, accompagnée souvent d'infiltration calcaire.
La rupture des artères encéphaliques est particulièrement fré. quente, elle donne lieu à un foyer hémorrhagique qui entraîne le plus souvent une mort rapide (voir hémorrhagie cérébrale).
La rupture de l'aorte est parfois précédée d’une dilatetion en forme de sac, de fuseau, etc., qui se développe surtout dans se por-
ion ascendante, c'est la rupture anévrysmale ; elle peut aussi se produire d'emblée, c'est-à-dire sans formation d'anévrysme, et son siège le plus fréquent parait alors être en dedans du cul de sac péricardique,
te. Coronarite, — Lorsque les lésions d'artérite chronique, énumérées dans le paragraphe précédent, atteignent }s artères nourricières du coeur, la mort peut survenir d'une facon excessivement rapide, c'estdire Par sYhvope, où bien être précédée par la scène pathologique bien connue du #yndrôme angine de poitrine.
Ces lésions qui peuvent sièger, soit à l'embouchure des coroaires: plaques athéromateuses du Processus d'aortite chronique ; soit sur un point de leur trajet: processus thrombosique et oblitérant ; soit enfin sur le trajet entier: sclérose généralisée des parois, tendent toutes vers le rétrécissement de la lumière vasculaire et parfois vers l'oblitération,
L'examen des coronaires se fait par cathétérisme ou nar section des artères dans toute leur longueur,
f. Lisions des reines. — Les lésions des veines susceptibles de déterminer la mort subite, sont d'abord leur inflammation : la phlébite, qui peut être d'origine puerpérale, rhumatismale, pneumonique, typhique, ete; ce sont en outre les varice*, surtout des membres inférieurs.
Le mécanisme de la mort a lieu par l'intermédiaire d'un caillot embolique qui va obstruer une branche moyenne de l'artère pulmonaire.
La rupture des veines suivie d'hémorrhagie mortelle est exceptionnelle en dehors de la puerpéralité,
9. Péricardite chronique. — Ylle se réduit parfois à quelques petits placards blanchâtres dits plaques laiteuses, auxquelles on ne saurait attribuer aucun rôle dans la mort subite; d’autres fois le péricarde adhère plus où moins à la surface du coeur par le moyen de brides fibreuses ou calcaires ; il s’agit alors de la symphyse cardiaque, lésion capable, suivant la plupart des auteurs, de déterminer la mort subite.