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IT. MÉCANISME DE LA MORT ET SYMPTOMATOLOGIE

La mort peut survenir de plusieurs manières dans l’eau.

I ya:1° La mort subite ordinaire dont les causes ont été exposées ailleurs et qui n'a Pas moins raison de se produire dans l'eau qu’à table ou dans un lit, L'eau n'est alors qu’une cause 0e. Casionnelle, secondaire aux lésions organiques telles que, coronarite, athérome aortique, myocardite, anévrvsme, etc.

?" La mort violente de cause fortuite: chute volontnire ou accidentelle.

3° La mort par inhibition ou submersion-inhibition, dans la. quelle l'eau joue le rôle Capital grâce à un mécanisme encore peu Connu, mais que Brouardel attribue au choc neuro-psychique déterminé par le contact de l'eau avec la peau ou les muqueuses surtout laryngées.

Contrairement à la mort subite ordinaire, aucune lésion organique n'apparaît ici Pour expliquer la mort: de plus, dans l’un et l’autre cas, la perte de Connaissance immédiate empêche les mouvements respiratoires et de déglutition sous l’eau, de sorte que les signes asphyxiques sont absents.

4° Ia submersion-asphyxie qui est la vraie submersion, est due à l'introduction d'eau dans les voies respiratoires. Elle peut être Plus ou moins rapide suivant la résistance apportée par le sujet dans sa lutte contre l’ékment liquide; mais les symptômes que l’on observe et dont la plupart ont été reproduits expérimentalement sur les animaux, de même que les symptômes subjectifs accusés Par ceux qui ont eu la chance de survivre, sont les suivants qu'avec Tourdes, ROus «ivisons en trois périodes :

1° Période de résistance. —L'individu est d’abord saisi, sou- -

on ul

ver sur le cadavre d’un noyé, les trois ordres de ‘ésions suivantes :

vent avale un peu d'eau, suspend sa respiration, s'agite, vient

fois respirer à Plusieurs reprises à la surface ; enfin il éprouve des rdounements d'orcilles, des teintements dans la tête, de la sur.

excitation cérébrale, mais “4 Connaissance cst parfaite.

2° Période Gsphyrique. — L'acide carbonique, -n s'aocumulant dans le sang, Produit bientôt un déclanchement de l'appareil respiratoire; l'individu exécute involontairement de grandes inspirations suivies d'efforts expiratoires en même temps que de toux, qui se tra. duisent à la surface Par une écume blanche et fine. 1] avale au mé. me moment une certaine quantité d'eau, perd “ “usissance et entre en convulsions,

3° L'état de mort éPParenle caractérise la troisième période. Les mouvements convulsifs cessent; la sensibilité disparait même à la cornée; parfois il se Produit encore deux ou trois faibles mouvements respiratoires ; le sujet est en résolution Musculaire ; Je coeur seul continue de battre.

On est généralement d'accord Pour fixer à cinq minutes le maximum de temps dans lequel se produit la mort Par submersion. Les données fournies d'ailleurs par les plongeurs de métier, eu particulier par les pêcheurs de moules, d'éponges, les chercheurs de perles, tte, établissent que le séjour moyen possible de l’homme sous l’eau ne dépasse guère une minute,

On a cependant observé que moins les combustions organiques sont actives, c’est-i-dire moins On & besoin d'oxygène, plus la ré. sistance est grande à la œbmersion, C'est ce qui a lieu chez les nouveau-nés et chez les jeunes animaux, mais cette différence de résistance disparaît après une quinzaine de jours,

On signale assez fréquemment des cas authentiques de rappel à la vie après un séjour de dix, quinze et même vingt minutes dans l’eau, 1! n’y a pas de doute que ces cas appartiennent plutôt à

submersion-inhibition qu'à la submersion-asphyxie: en effet la Perte de connaissance qui, dans le premier mode, survient au moment du contact de l'eau, et qui suspend la respiration, facilite beau- Coup le retour à lu vie: dans }3 submersion-asphyxie, au contraire, l'abondance de l’écume dans les voies respiratoires constitue un obstacle Ppresqu'insurmentabls guy rétablissement de la respiration. Quel. que soient les efforts +, uUs, les uns meurent immédiatement, les autres après quelques heures, souvent sans avoir repris Connaissance ; enfin les rares asphyxiés ramenés à Ja vie, doivent généralement pas-

er par une série de troubles pathologiques, les uns pulmonaires, les autres nerveux ou Psychiques.

8 IIL ANATOMIE PATHOLOGIQUE pu NOFE.

Disons d'abord et d’une manière générale, que l’on peut trou-

1" Les lésions créées par le fait de la respiration Jaus l'eau ;

2°" Les modifications OFkaniques diverses dues au séjour du cadavre dans l’eau ;

3° Les lésions traumatiques faites avant, pendant et après la submersion,

Mais pour rester fidèle à 1n marche que nous avons suivie jusqu'ici, et qui est d'ailleurs celle que l'on doit toujours suivre à l'expertise, nous donnerons d’abord les signes externes puis les signes internes chez le noyé frais, et nous noterons au fur et à mesure les modifications que subiment ces signes sous l'influence de lu putréfaction.

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