‹ Précis de médecine légale [microforme]Chapitre 46 sur 251 · B.—SIGNES INTERNES · texte numérisé non relu

B.—SIGNES INTERNES

On comprend que les signes internes manquent absolument, lors- ‘ane la mort est due soit à la SÿRcope, soit à l'inhibition, soit enfin à un

grapetiz ont

ie

traumatisme violent Comme, par exemple, une chute ayant déterminé immédiatement la perte de connaissance.

Dans la submersion-asphyxie au contraire, on trouve, du moins tant que le cadavre reste frais, un certain nombre de modifications du côté de l'appareil respiratoire, du sang, du tube digestif, de l'oreille moyenne,

4—Modifications du côté de l'appareil respiratoire.

Elles se forment par le mécanisme suivant : Le sujet aspire l’eau très-fortement et celle-ci entraîne ave elle jusque dans la profondeur des poumons, les corps étrangers qu'elle tient en suspension; enfin l'émulsion de l’eau avec l'air et les mucosités bronchiques donne haissance à l’écume qui remplit tous les conduits respiratoires, On trouvera donc. du ecôté de ces organes, de l'eau et de l'écume, des corps étrangers, enfin des lésions pulmonaires.

Eau et écume. —1a présence de l’eau est Constante, mais elle est Masquée par l’écume, Elle n'indique pas que Je sujet ait recpiré sons l'eau; car en vertu de la pesanteur, elle introduit elle-même dans les dernières ramifications bronchiques.

Quant à l’écume, elle résulte du battage de l'eau avec l’air et les Mmucosités bronchiques: elle a d'aspect d’une mousse légère: elle est constituée par des bulles fines, toutes égales, très tenaces, générale. ment blanches ou rosées,

Sa quantité est d'autant plus grande que l’agonie à été plus longue. ‘Lorsqu'elle est abondante, elle remplit complètement les conduits respiratoires et fait saillie à la bouche et au nez: en moindre quantité, elle ne fait que tapisse: les muqueuses. On évalue en moy- Pnne à 54 grammes sa quantité totale chez l’homme adulte.

La présence de l’écume dans les conduits respiratoires est constante chez le noyé irais, mais celle du champignon de mousse externe est au contraire inconstante. La putréfaction fait disparaître et le champignon externe et l'écume laryngo-trachéo-bronchique, après un téips variable, mais qui. en général, ne dépasse pas quelques jours.

Corps étrangers. — Les Corps étrangers que l’eau entreîne avec elle dans les conduit: respiratoires sont de plusieurs sortes: les uns sont visibles à l'oeil Nu, OU perçus avec le doigt, tels les grains de sable, les graviers, les débris végétaux, etc: les autres visibles au Microscope seulement, Peuvent être d'origine soit végétale, soit minéra'e, soit animale et constituent ce qu'on appelle le plancton.

Le plancton végétal et le plancton minéral sont particulièrement faciles à rechercher. Si le poumon est frais, on racle simplement la surface de coupe, ou bien, on exprime fortement un morceau de pour0n de 15 à 20 grammes dans de l’eau distillée. autant de fois qu’il est nécessaire pour chasser la matière colorante, La coloration verte de l'élément végétal apparaît d’une façon très-nette.

Dans le cas d’un Poumon putréfié, il y a avantage à détruire

d'abord la matière organique du poumon, ce qui peut se faire, soit Par calcination, soit au moyen des acides forts (nitrique, sulfurique),

L'eau peut enfin entrainer dans les conduits respiratoires, des matières alimentaires qui he peuvent provenir évidemment que de l'estomac, soit à la suite de vomissements, ce qui est évident chez un noyé frais, soit à la suite du rejet post-mortem occasionné par la Pression des gaz abdominaux. On admet que de la gorge, les mae tières alimentaires peuvent s'introduire par leur seul poids, au moins dans les grosses bronches,

Lésions pulmonaires. — Elles résultent de deux causes : l'effort respiratoire où mieux l'asphyxie, et l'imprégnation des poumons par le liquide de submersion.

L'effort respiratoire donne origine aux ecchymoses sous-nleurales ou taches de Tardieu. lesquelles sont loin d'être constantes : il a en outre pour effet, comme nous l'avons noté d'ailleurs dans les signes généraux de l'asphyxie, de rupturer ‘les cloisons inter-alvéolaires et de faire apparaître sous la plèvre des placards blanchätres composés d'air et d’eau (emphysème aqueux).

L'eau imprègne les Poumons tout entiers, aussi ils sont énormes, g-nflés, et le plus souvent Masquent le coeur, excepté s’il existe des adhérences pleurales. Liur poids est très augmenté (1600 grs.), et 4 pression laise sourdre une grande quantité de liquide. A la Coupe, On aj #rçoit l'écume qui remplit les bronches,

b. MODIFICATIONS DU SANG.

Elles sont dues à la présence de l’eau. Celle-ci en effet, après avoir pénétré dans les alvéoles pulmonaires, passe dans le sang qui, de te fait, devient plus dilué qu’à l'état normal, de même d'ail. leurs que l'urine dont la concentration en dépend.

La coloration rouge-cerise du sang des noyés est due à sa di. lution et à l'hémolvse que celle-ci y provoque.

La fluidité du Sang st très grande, si bien qu’en pratique, on 1e rencontre guëre de caillots. 11 est possible toutefois qu'en faisant l'automie immédiatement après la mort on trouve de petits caillots ; Mais il est certain que ceux-ci ne persistent pas longtemps.

La dilution du sang, quoique générale, est toutefois plus grande Cans le coeur gauche que ‘lans le coeur droit, justement parce que le Premier reçoit directement le sang des poumons.

Un certain nombre de procédés de laboratoire ont été proposés Pour reconnaître le degré de dilution du sang, ce sont:

1° La numération des globules rouges ;

Le dosage de l'hémoglobine ;

8° La recherche du résidu sec du sang;

4° Le pouvoir hémolytique du sang ;

La détermination de la densité du sang.

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É dbiit

Ces Cinq méthodes, vraies en principe, ne sont Pas passées dans la Pratique usuelle, Les résultats qu'elles donnent d'ailleurs sont inférieurs à ceux fournis par les suivants, à savoir:

6" La m hode rYoscopique ;

7" La conductibilité éiectrique,

La crvoscopie est basée sur ce principe de physique qui veut que, plus la dissolution d’un corps dans l'eau est concentrée, plus le point de congélation s'éloigne de «lui de l'eau. Or, le point de congéla- Lion de l'eau étant de 0 + et celui du sang normal, de — 55° à b?°, plu: le “ue sera dilué, plus son point de congélation se rap- Prochera de celui de l'eau.

La différence des points Cryoscopiques du sang des CAVILÉS gauche et droite du coeur chez le noyé frais, se constate facilement. l'organe est enlevée sous ligature et une petite incision an niveau des “vités permet de recueillir séparément le sang de chacune.

Cette application à la médecine légale des travaux de Raoult est due à un Italien du nom de Carrara (1901),

Lorsque la submersion a lieu dans l’eau de mer, laquelle comme On sait, est plus concentrée que l'eau douce, à cause de la présence d'une forte Proportion de sels de soude, la formule Cryoscopique ex. Posée plus haut, se trouve renversée, c'est-i-dire que le sang du coeur gauche, plus dilué que celui du droit, montrera un point de congélation plus éloigné du 0° et p'us bas que celui du Sang normal,

Il existe deux objections sérieuses à la valeur de la Cryoscopie telle qu'appliquée dans le diagnostic de la submersion: La première consiste dans les modifications que ne tarde pas à apporter dans le sang, le processus de Ja putréfaction, Celui-ci, en effet, à pour résultat de changer la nature en même temps que la concentration moléculaire du San%, au point qu'il arrive un instant où le point de con- £élation du Sang du cadavre s’abaisse au-dessous de celui du sang normal.

La seconde objection est que la putréfaction chasse rapide- Ment et complètement le Sang du coeur, ce qui rend la Cryoscopie impossible,

La conductibilité éle. trique repose sur un Principe de physique, analogue à celui de Ja crYoscopie, à savoir: plus il y a de particules salines dissoutes dans l'eau, plus la conductibilité de celle-ci augmente et vice-versa. Ainsi la conductihilité électrique du sang du coeur gauche sera moindre que celle obtente.dans le coeur droit, si la submersion a eu lieu dans l’eau salée, Cette méthode est soumise aux mêmes objections que ia cryoscopie,

ft. MODIFICATIONS DU COTE DU TUBE DIGESTIF.

Elles consistent dans la présence du liquide de submersion, y compris les corps étrangers vébiculés par lui, dens l’estom:: et l'in.

testin grêle. L'introduction d’ean dans l'estomac au moment de l'asphyxie est de règle, sans être absolument constante, La quantité que l'individu avale—«ar l'eau ne peut s'introduire seule dans l'estomac d'un cadavre — est en général peu considérable, Lorsqu'elle s’y trouve en quantité considérable et que l'intestin lui-même en contient, on peut conclure à un acte vital. Lorsqu'au contraire l'estomac contient seulement une petite quantité d'eau, il n'y a lieu de conclure à son introduction au moment de l'asphvxie, que s'il existe en même temps des corps étrangers tels que, vase, herbes, ete., car il est possible que le sujet en ait ingurgité lui-même quel. ques verres avant l'événement fatal.

d Modifirations du côté de l'oreille moyenne. Elles sont dues encore à la présence de l'eau qui peut s’introduire dans cet organe, au moment des violents mouvements d'as P'ration du noyé,

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