A ELEMENTS GENERAUX DU DIAGNOSTIC
l' ÆEramen des lur.—1e désordre des meubles, des objets, ete, est la première constatation qui s'impose, et il indique ordinairement un homicide.
Le désordre des vêtements chez Ja Victime est un signe de lutte : leur absence sur la région blessée, comme, par exemple, sur la poitri- «, milite plutôt en faveur du suicide, On notera avec soin les taches
de, sang, de graisse, de terre ou de cendre, ete. que les vêtements peu-
vent porter.
Ces taches peuvent en outre, se rencontrer sur le parquet, les murs, les journaux, les verres, ete.: elles peuvent représenter des empreintes de mains où de pieds, et il faudra rechercher si ces empreintes appartiennent à la victime, à lineulpé, où à des personnes étrangères (policiers, simples curieux, ete.). Si la victime n'a pas les mains ensanglantées et qu'elle porte sur elle une empreinte sanglante, il y a lieu de sounçonner un meurtre: il en est de même lorsque l'empreinte sanglante d’une main gauche, par exemple, siège sur le bras gauche.
Outre le siège de ces taches de sang, on notera leur disposition, en jets. en traînées, en mares plus où moins abondantes, ete. qui nous renseigne sur les agissements de la victime: on notera la direction du jet ou des traînées. Il faut se rappeler qu'un jet artériel pent atteindre jusqu’à deux mètres et plus. La présence d'une hémorrhagie abondante près de la victime, indique généralement qu’elle est morte à cet endroit, mais si le cadavre est trouvé gisant loin d’une mare de sang, il reste à décider si le sujet a pu se transporter lui-même où sil a dû être nécessairement transporté déjà mort.
Quelquefois, il sera possible d’indentifier les cheveux du meurtrier, trouvés dans la main de la victime.
L'absence de l’arme productrice de la blessure près de la victime, indique en général un homicide, mais il ne faut pas oublier qu’une
blessure par suicide, même mortelle,
peut parfois laisser au suicidé ie temps de disposer de son arme.
La présence de l'arme fortement serrée dans la main de la victime est une bonne preuve de suicide, mais on une preuve absolue, “ar le sujet à pu être tué Par Un coup étranser alors que l'arme quil tenait devait servir à sa défense. On conç: que pour sin ler un sui “ide, le meurtrier Puisse placer dans la n ser près d'elle, l'arme dont il s'est servi.
in de la vict re, ou dépo-
Eramen du cadavre.
cadavre seront plus facilement f:
vord, tels le désordre des véteme
Certaines constatations relatives au tes sur le lien où il a été trouvé d'ants, la presence dans la main du sujet d'une arme, etc.; mais, pour la majorité des autres const Y aura avantage à les faire après le transport du « droit approprié, bien éclairé,
atations, il alavre dans un en-
Toutes Je: grandes villes possèdent un endroit spécialement des-
tiné à recevoir les cadavres des personnes mortes dans des eircons- Hlices suspectes, C’est la morgue,
Là, l'expert pourra de nouveau examiner les vêtements, con:tater teurs déchirures, rechercher les taches de
toutes sortes qu'ils peuvent porter, en prélever des parties pour
les soumettre à l'analyse, étudier ks orifices qu'ils portent, par rapport au sièce, au nombre et nature des blessures du cadavre. ete,
à la
Les traces de lutte, de résistance ot de défense, sur la victime ont une grande importance, car elles indiquent presqu'indiscutablement le meurtre. Elles siègent sur les parties découvertes surtout, et consistent dans des égratignures, des écorchures, et des diverses.
contusions
Les traces de violence siégeant autour des orifices respiratoires sont bien caractéristiques de l'acte du crimine! lésirapt empécher sa victime de crier.
Dans les rixes où les armes tranchantes ou piquantes entrent en jeu, on observe parfois sur la victime, des blessures 0 vasionnées par Se propres mouvements de défense: elles siègent surtout sur la face externe des avant-bras, à la paume des mains et à la face palmaire des doigts.
Le nombre des blessures peut fournir certaines indications. La multiplicité des blessures indique plutôt l'homicide, tandis que, dans le suicide, on trouve en règle générale, une seule blessure.
Mais cette règle souffre de nombreuses exceptions, On a vu, pa: exemple, des aliénés se donner la mort au moyen d'un nombre extraordinaire de coups de couteau : 285, dans un cas rapporté par Masch- «8; 157, dans un autre cité par Laugier.
Le fait qu'ime (ou plusieurs) de ces blessures a atteint une ré. gion dangereuse ou même un organe important comme le coeur, le cerveau, les vaisseaux, etc., n'est pas toujours à l’encontre de Phypo
thèse du suicide; car la survie aux blessures graves est parfois extraordinaire et souvent suffisante pour laisser à la victime, le temps de faire certains actes et, en particulier, de continuer ses tentatives de suicide; la ‘blessure mortelle peut d’ailleurs être la dernière en date.
La multiplicité des blessures faites avec des armes différentes : arme à feu, couteau, ete., ou leur association avec des procédés tels que, la pendaison, la submersion. l’empoisonnement, ete. indiquent le plus souvent, le suicide,
Le siège des blessures à une grande importance. Tandis qu’en effet, les blessures d’origine criminelle peuvent siéger en n'importe quel endroit du corps, celles ayant pour origine le suicide — à moins de circonstances exceptionnelles—ne peuvent pas siéger dans les parties postérieures du corps. Ces dernières ont en outre, des lieux d’élections qui sont les régions réputées mortelles: Ja tête (bouche et tempes) et le coeur pour les coups de feu; le cou et les poignets pour les armes tranchantes; la région précordiale pour les armes piquantes.
La multiplicité des blessures situées à ces points d'élection est assez Caractéristique dun suicide.
Les blessures de la région abdominale, des parties postérieures du corps, là nuque excepté, ont d'ordinaire, une origine criminelle.
La direction de la ou des blessures dans le suicide, est naturellement d’avant en arrière; mais elle peut être de gauche à droite et de bas en haut ou inversement, suivant, d'une part, la région atteinte, et d'autre part, la main employée.
Les blessures d'origine criminelle peuvent prendre les directions les plus variées,
3° ÆEramen de l'inculpé.—Sur, l’inculpé, on peut trouver des blessures, du sang, ete.
Les blessures consistent surtout dans des traces de lutte: égratignures sur les mains et sur la figure, contusions, morsures, etc.
Le sang trouvé sur l'inculpé provient, soit des blessures dont il est porteur, soit des blessures infligées à la victime et, dans ce dernier tas, le siège des taches sera surtout sur les vêtements. Les taches de sang sur l’inculpé seront difficiles à reconnaître par le fait qu’il aura eu soin d'essayer de les faire disparaître.