‹ Précis de médecine légale [microforme]Chapitre 76 sur 251 · B. ELEMENTS PARTICULIERS DU DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

B. ELEMENTS PARTICULIERS DU DIAGNOSTIC

Les éléments spéciaux du diagnostie médico-légal sont fournis par les différents genres de blessures :

1° Blessures par instruments tranchants. — Tes plus intéressantes de ces blessures sont l'égorgement et la section des vaisseaux a niveau des membres, notamment au poignet et au pli du coude.

Ces sections sont souvent symétriques, et elles sont alors assez caractéristiques du suicide.

Quant à l'égorgement, il est 4 ssi souvent le résultat d'un meurtre que d’un suicide,

Les hommes et les femmes ont également recours à ce mole de suicide, et les instruments employés sont, le rasoir surtout, iles couteaux, les ciseaux, les éclats de verre, etc; l'acte a lieu, soit debout, suit assis, quelquefois devant un miroir, rarement dans la position couchée,

Le meurtrier, lui, s'attaque à sa victime, soit par devant-—ce qui est difficile, à moins que la personne soit ivre, endormie ou surprise—soit par derrière,

Le diagnostic entre l'égorgement-suicide et l'égorgement-homi- “ide n’est pas toujours facile. Outre les éléments d'ordre général, exposés dans les paragraphes précédents, des éléments spéciaux sont tirés de la situation de la blessure, de sa direction, de sa profondeur, enfin du nombre de coups successifs,

On a dit que la situation de la blessure dans le ens de était plutôt médiane et plus près du maxillaire que dans le à meurtre, mais cela est contestable,

La direction de la blessure faite par le meurtrier serait zontale, ou de bas en haut, tandis que celle faite par le suicidé droiter aurait une direction de gauche à droite et oblique de hant en

bas, enfin le début de a blessure serait marqué par une section plus profonde que la fin.

La profondeur de la blessure jusqu'à la colonne vertébrale, ne serait pas nécessairement le fait du meurtrier. Plusieurs cas räpportés, entre autres, par Vibert, Mare, Glaister, démontrent d'une façon indiscutable, qu’en effet la profondeur ne prouve rien.

Le nombre des couns dans la même plaie, est marqué par des havaures de directions diverses; il n'a guère de signification si ce n'est lorsqu'on peut établir que le premier conp a sectionné les £Tos vaisseaux, Il s’agit alors d’un crime.

On se rappellera que la disposition du sang sur les parties latérales du cou et en arrière, indique que l’égorgement a été accompli dans la position couchée ; tandis que sa disposition sur la surface antérieure du corps, indique que la victime était debout ou assise.

Un individu ne saurait se couper la gorge sans que sa main reste souillée de sang: mais il ne faut pas oublier non plus, que dans le meurtre, la victime peut porter la main à son cou.

*° Blessures par instruments lranchants et contondants.-Ces instruments dont le type est la hache ou la hachette, ne seraient qu’exceptionnellement employés dans le suicide, Les quelques exempies de ce mode de suicide que l'on trouve dans la littérature médicale se rapportent surtout à des aliénés.

Les circonstances telles que, les troubles mentaux du sujet, la

localisation des coups, leur multiplicité en même temps que leur peu de gravité relitive, serviront à établir le diagnostic.

3° Blessures par instruments piquants, piquants et tunchants. -— Les instruments à tige cylindrique ou conique tels que, épingles, aiguilles, poinçons, clous, etce., et ceux à arêtes tels que, lime, compas, vte., donnent surtout des blessures accidentelles. ;

On à cependant rapporté des cas d'infanticide au moyen d’aiguilles,

Dans les asiles, certaines classes d’aliénés sont souvent surpris en possession d’armes de ce genre, fabriquées en secret par eux-mêmes, grâce à une patience toute pathologique, et destinées, soit au meurtre, soit au suicide.

Les instruments à la fois piquants et tranchants, comme le couteau et le poignard, donnent lieu, comme l’on sait, très-fréquemment à des blessures criminelles qui peuvent siéger à un endroit quelconque da corps et présenter une direction incompatible avec l’hypothèse du “licide, ete, (voir éléments généraux du diagnostic). Ils sont moins souvent employés pour comm: ître le suicide, mais les blessures siègent alors en des points d'élection: coeur, gorge et plis articulaires. Enfin, “es Instruments peuvent donner lieu à des blessures accidentelles, aussi UÜineulpé tente souvent, pour excuser son crime, d’alléguer cette possi. bilité, disant que la victime est venue se jeter sur l'arme qu'il tenait dans le but de se défendre. La grande profondeur de la plaie, le doub'e trajet qu’elle peut avoir dans la profondeur, sa direction de haut en bas (indiquant que la victime n’est pas tombée sur l'arme), aideront à contredire les allégations du meurtrier.

+7 Blessures par armes à feu.—Les accidents ne sont pas excessivement rares Le meurtre et le suicide sont également fréquents; ils s'exécutent avec les armes courtes surtout.

Pour le diagnostic entre le suicide et Phomicide, les données générales exposées ci-dessus et relatives au siège Je la blessure, au nombre des blessures—les blessures sucessives n’evcluent pas toujours le suicide, même lorsque la première en date semble mortelle — à la direction du tir, trouvent ici leur application la plus complète,

Les siwnes spéciaux seront déduits de la distance du tir et des stigmates que larme peut laisser à la main du sujet: blessure, noir- Cissement par la poudre, ete,

5° Blessures par corps contondants. — Les contusions peuvent êire accidentelles, mais elles sont plus souvent d'origine criminelle ; elles sont trèc-rarement à l’origine du suicide, excepté cependant dans les cas de chute et d’écrasement.

La chute où précipitation d’un lieu élevé et l'écrasement sont en effet deux males de suicides assez fréquents, ils sont même parfois le dernier acte d’une série de tentatives destinées à atteindre cette fin.

Parfois le meurtrier, après avoir tué sa victime par un procédé

dtelconque, la précipite d’un lieu éevé où la déose dans un endroit où elle peut être écrasée: ce doubt. acte criminel sra marqué par la Présence d’une part des lésions vitales et étrangères à la précipita- Uon où l’écrasement, d'autre Part, par les énormes Jésions postmortem.

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