CHAPITRE II OUTRAGES PUBLICS A LA PUDEUR
L'outrage public à la pudeur consiste en faits et gestes attentatoires à la pudeur, commis en public par un individu sur lui-même ou sur une autre personne consentante de même sexe ou de sexe différent.
Un individu qui cchibe volontairement ou par négligence ses organes génitaux en public, qui se masturbe ou masturbe un autre homme ou une femme consentants dans un lieu public, commet un outrage aux mœurs. 11 en est de même pour le couple qui, se livrant au coït, n'a pris aucune précaution pour se dérober à la vue des passants, ou, si l'acte est commis dans un appartement, à la vue des voisins.
Dans ces conditions, on comprend que l'intervention du médecin légiste soit exceptionnelle dans les outrages publics à la pudeur; rarement il sera interrogé sur la vraisemblance d'un acte de pédérastie affirmé par un seul témoin. Mais souvent, par contre, la justice demande à l'aliéniste d'apprécier la responsabilité de l'inculpé et d'établir si son acte est morbide. Enfin il n'est pas rare qu'un individu accusé de s'être livré à la masturbation devant une femme s'excuse en invoquant soit les difficultés de la miction, soit des douleurs urétrales causées par la lithiase vésicale, rendant impérieux le besoin de tirailler la verge.
S'il est aisé de reconnaître l'atTection vésicale ou urétrale, il est souvent moins facile d'indiquer jusqu'à quel point elle lendait inéluctables les faits d'exhibitionnisme incriminés.
Nous insisterons surtout sur les faits d'e.xhibition en public des organes génitaux, nous réservant d'étudier, en même temps que les perversions sexuelles, les faits d'inversion sexuelle, de fétichisme et de bestialité, qui constituent des outrages publics à la pudeur.
Exhibitionnisme.
L'exhibition des organes génitaux en public est pratiquée soit par des débauchés, soit par des individus atteints d'infirmités locales, soit par des malades présentant des troubles psychiques.