‹ Précis de médecine légaleChapitre 111 sur 185 · CIIAPITKK 111 ATTENTATS A LA PUDEUR · texte numérisé non relu

CIIAPITKK 111 ATTENTATS A LA PUDEUR

Vat tentât à la pudeur est un acte commis sur une personne non consentante et de nature à oiïenser sa pudeur, soit en public, soit en un lieu privé.

Le fait de relever la robe d'une femme et de découvrir ses organes génitaux, d'y pratiquer malgré son refus des attouchements, constitue l'attentat à la pudeur. 11 en est de même, et c'est le cas le plus fréquemment observé, pour les attouchements et tentatives de masturbation pratiqués par des personnes de l'un ou l'autre sexe sur les enfants. L'attouchement peut dailleurs être accompli avec la main, les lèvres, la verge ou tout autre objet; enfin il y a encore attentat à la pudeur lorsque l'individu oblige l'enfant à le masturber ou à se livrer à des actes obscènes sur ses organes génitaux.

Ainsi qu'il résulte de l'article 331, l'attentat à la pudeur, qui n'est habituellement qu'un délit, assimilé à l'outrage aux mœurs, devient un crime: 1° lorsqu'il est commis avec violence sur un adulte; 2° lorsqu'il est consommé sans violence sur un enfant de moins de treize ans; 3° lorsque l'auteur de Fattentat est un ascendant de la victime, une personne ayantautoritésur elle (instituteur, prêtre, etc.), un domestique à gages, alors môme que l'attentat serait commis sans violence, si la victime a moins de vingt et un ans.

11 appartient au médecin expert de relever les traces de violence consécutives aux attouchements. C'est encore lui qui est appelé à donner son avis sur l'âge lorsqu'il n'existe pas d'acte de naissance, bien que sui' ce point le jury soit seul à statuer.

§ I. — Attentats à la pudeur sur les sujets du sexe masculin.

Les attentats à la pudeur sur les sujets de sexe masculin sont assez rares.

11 s'agit en général de femmes de vingt à trente ans, souvent des domestiques, qui pratiquent des attouchements du pénis, manuek ou buccaux, sur des petits garçons de cinq à treize ans.

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Plus rarement encore on est en présence d'un acte dénommé, à tort comme nous le verrons plus loin, viol à rebours. LJne femme met en érection la verge d'un enfant et l'oblige à pratiquer le coït avec elle. Dans un cas, plusieurs lilles publiques avaient maintenu un adulte, tandis que l'une d'elles, se plaçant à califourchon sur lui, avait accompli le coït.

Enlin on signale de temps à autre des attentats à la pudeur commis par des instituteurs ou des prêtres sur les petits garçons confiés à leur surveillance.

.§ 2. — Attentats à la pudeur commis sur les petites filles.

Dans la grande majorité des attentats à la pudeur pour lesquels l'expert est appelé à intervenir, il s'agit d'attouchements pratiqués par un homme sur les organes génitaux de petites tilles.

Les manœuvres consistent en masturbation digitale, en léchage des organes génitaux de la petite fille. Mais il s'agit encore d'un attentat à la pudeur lorsque l'individu oblige la petite fille aie masturber, même sans pratiquer sur elle aucun attouchement obsct-ne.

Les attouchements des organes génitaux avec la verge constituent un simulacre de coït, la verge se trouvant placée non dans le vagin, mais dans l'espace triangulaire que forme le périnée et la partie supérointerne des cuisses rapprochées. Suivant que l'individu est couché sur l'enfant ou qu'il se place derrière elle, en la prenant sur ses genoux, on aura affaire au cuit pénnëal intérieur ou au coïf périnéal postérieur (Lacassagnej.

Très souvent les attentats sont commis par des vieillards impuissants sur des fillettes vicieuses, qui, connaissant les penchants de l'individu, vont au-devant de ses désirs pour obtenir quelques petits cadeaux.

Dans l'attentat chronique, on observe en général un développementprématuré des parties génitales, un volume excessif du clitoris, une mobilité extrême du prépuce, qui est flétri. Mais on ne doit pas oublier que cet aspect des parties génitales peut être réalisé par l'onanisme.

Dans les attentats aigus commis sans violence, on ne trouve d'ordinaire aucune lésion, quelquefois pourtant un peu de rougeur et d'irritation qui disparaissent rapidement. Il est rare, au-dessous de treize ans, de relever des lésions extragénitales, la fillette consentant le plus souvent ou n'offrant qu'une faible résistance.

Lésiouïi de l'hymen. — Lorsque le doigt a été introduit avec violence dans le vagin, on peut observer des déchirures de l'hymen. Dans certains cas, même, l'inculpé a introduit d'abord un doigt.

puis deux, puis trois, et la déchirure de l'hymen est aussi complète que s'il y avait eu viol.

Plus souvent on trouve, sur la face inférieure de la membrane, des éraflures curvilignes, assez caractéristiques du coup d'ongle ^observations de Coutagne).

Lésioni^ <le la vulve. — Mais la consé(|uence la plus fréquente de ces attouchements est l'apparition d'une vulvo-vaginite traumatique ou véim'ienne. Reste à déterminer si la vulvo-vaginite, maladie spontanée, peut être différenciée de la vulvo-vaginite traumatique.

11 est établi à l'heure actuelle, conliaiiement à ce que professait ïardieu, qu'il n'existe aucun caractère clinique différentiel entre les deux variétés de vulvite chez les petites filles. Après la découverte de Neisser, qui prouva l'existence d'un microbe spécial, le gonocoque, dans le pus de l'écoulement blennorragique, on pensa qu'il serait aisé de distinguer la vulvite vénérienne, transmise au cours d'un attentat à la pudeur par un individu atteint de blennorragie, de la vulvite traumatique simple ou de la vulvite spontanée. En réalité, la vulvite des petites filles est presque toujours causée par le gonocoque, en dehors de tout attentat.

Nous ferons remarquer, en effet, que nombreux sont les modes de transmission du gonocoque en dehors du coït et des essais de coït. Une éponge qui, dans une famille, sert à la fois à la toilette vulvaire de la mère atteinte de leucorrhée et de la fille, peut engendrer chez cette dernière une blennorragie, tantôt limitée à la vulve et au vagin, tantôt propagée à l'urètre. Cette fillette peut, grâce aux pratiques d'onanisme, contagionner ses petites amies, et c'est ainsi qu'il n'est pas rare d'observer dans les pensionnats, dans les hôpitaux d'enfants, de véritables épidémies de vulvile blennorragique.

Les auteurs qui ont étudié la nature des vulyites des petites filles, de Amicis, Dupré, Fisher, Weil et Barjon, ont toujours retrouvé le gonocoque dans le pus. Peut-être doit-on faire quelques réserves sur ces résultats, la présence du gonocoque ayant été en général diagnostiquée à la suite dune coloration simple sur lame, alors qu'on eût dû vérifier ses autres caractères tinctoriaux (coloration par le Gram). Mais, s'il eût été possible d'éliminer ainsi, dans quelques cas, les sarcines, d'aspect morphologique voisin du gonocoque, au moins doit-on admettre que le gonocoque est sinon constamment, du moins fréiiuemment, l'agent des vulvites spontanées des petites filles.

On voit combien la vulvite blennorragique a peu d'importance pour le diagnostic de l'attentat à la pudeur, alors même que l'inculpé serait atteint de blennorragie.

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La coexistence de chancres mous ou de lésions syphilitiques chez la victime et chez l'inculpé a au coatraire une grande importance; encore est-il nécessaire que 1 examen clinique permette un diagnostic précis.

Nous indiquerons plus loin les méthodes qui permettent de caractériser la présence du sperme, soit dans les taches, soit dans le vagin. On conçoit quel intérêt il V à à fe.tâminer à ce point de vue le mucus vaginal, les taches qui existent sur les cuisses ou l'abdomen, lorsque l'un est appelé à exariliner lenfant peu de temps après l'attentat, ou lorsque celui-ci a été suivi du meurtre de l'enfant. L'e.xamen des taches siil' là ehemise que portait la victime au moment de l'attentat fournit également, s'il révèle la présence de sperme, iih reiiséighemerit capital pour la justice.

Balthazard. — Méd. lég., 3' édit. 23

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