VIRGINITÉ ET DÉFLORATION
Il n'y a jamais de viol dans le mariage, même quand le coït est pratiqué avec violence; la conjonction illicite est nécessaire pour que le viol soit admis.
§. 2. — Virginité et défloration.
Ainsi que nous l'avons déjà indiqué, le viol accompli est caractérisé par l'intromission complète de la verge dans le vagin. Si donc, chez une femme déflorée, la preuve du viol résulte presque uniquement de la constatation des traces de violences extragénilales, chez la vierge, au contraire, elle est basée avant tout sur l'existence des signes d'une défloration récente. Aussi l'étude des caractères de la virginité et de la défloration constitue-t-elle un chapitre important de la médecine légale.
Membrane hymen. — Sans entrer dans la description détaillée des organes génitaux externes de la femme, pour laquelle nous renvoyons aux traités d'anatomie, nous nous attacherons surtout à l'étude des variétés que présente la membrane hymen.
Tout d'abord l'hymen peut constituer un plan circulaire non perforé. Au moment de la puberté, la rétention des règles entraîne de graves accidents, qui nécessitent toujours une intervention chirurgicale consistant dans la section de la membrane.
Si l'on élimine ce cas tout à fait exceptionnel, on voit que l'hymen, adhérent par sa périphérie à l'extrémité inférieure du vagin, est perforé en son centre d'un orifice de forme variable. Les variétés morphologiques se ramènent à deux, la forme annulaire et la forme semi-lunaire, suivant que la membrane se poursuit sur toute la circonférence du vagin, ou seulement sur une étendue plus ou moins grande. Entre les deux variétés existent d'ailleurs de nombreuses formes de transition.
Dans la forme annulaire, la membrane peut avoir partout la même hauteur, auquel cas le bord libre qui circonscrit l'orifice central est lisse et régulier (fig. .37). D'autres fois, le bord libre est irrégulièrement dentelé, sans présenter toutefois aucune trace de la cicatrisation d'une déchirure (fig. 38).
Lorsque la hauteur de l'hymen est inégale aux divers points de la périphérie du vagin, l'hymen, bien qu'annulaire, simule l'hymen semi-lunaire. Ces cas peuvent être envisagés comme des formes de transition (fig. 39, 40, 41).
Enfin l'hymen semi-lunaire est constitué par une membrane en forme de croissant, dont la partie convexe s'insère sur une étendue plus ou moins grande de la périphérie du vagin et dont les cornes limitent, avec la partie restante du vagin et le bord concave de
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VIOL. AVbKtfeJfifeNT; I^JFÀNTiGIDE.
i hyrrieh, l'drfflfeë déilthée dll T%in (flg. 42). Soiitéht les fco^Iifes se rÈjdigrieHl iih Jièù feii arrière dtl iiiëat Uririàire.
Fig. H'. — Hymen annulaire. Fig. 3S. — Hymen annulaire à bords
dentelés.
Mgfnë chez les tiërgëS, il H'ëSt |JëS hàrfe d'obsëi-Tërj SUrlôut dans
■il. — Transitions vers la forme sèhii-luiiàlre;
Ifeà hyitlehs annulaires, la présence dencoches plus ou moins pro- Torides. Ces encoches^ dont les bords sont lisâes et réguliers, peuveht s'ëtendte jusqu'au Vagin (fig. 43).
VIRGIJîTT^ ET DÉFLQBATION.
Chez }es vierges !ai4H!tp§, rpFir»ce de l'hymen pept être asse? considérable pour laisser passer des objets voluniineux, tels que le spéculum, sans que la mpmbrane se il(: Iiii r r. !i,;., ; ,..st alors sou-
Via. a
Ik Je l'hvmeu.
vent lobée et ne se tend plus lorsqu'on fait éfiaçj^pf; fortement les cuisses de Ja iille; au contraire, il est possible 4@ ç^fqiil^r avec le doio;! Ips lobes en arrière (fig. 44).
jue vjerge adulte-
Fj^. ^. — Hymen labie.
L'hymen est 4it labié lorsque les lobes sont au nombre de deux seulement, disposés latéralement de chaque côté d'une encoche verticale s'étendant depuis le niéat urinaire jusqu à la fourchette
Ces deux lèvres peuvent être aisément refoulées en arrière avec le doigt.
Lhymen peut présenter un aspect très particulier dû à la présence de deux orifices séparés par un pont membraneux plus ou moins épais. C'est l'hymen septiis ou hymen en pont (lig. 46). Cette forme d'hymen est uq vestige de la division primitive des organes génitaux. Enfin, dans quelques cas plus rares, l'hymen est normalement constitué, mais la membrane présente près de son insertion un second orifice beaucoup plus petit que l'orifice principal (fig. 47).
En résumé, on voit qu'il existe deux formes principales d'hymen : l'hymen semi-lunaire est surtout caractérisé par la direction de son bord libre, qui se porte directement en dedans; au contraire, pour
lien ciiuiuliiii e en jjuiit. Fig. 47. — Hymen annulaire avec deux
orifices inégaux.
l'hymen annulaire, le bord libre se porte directement en avant ou encore en avant et en dedans, si bien que la membrane forme un cône dont la face antérieure, qui est aussi externe, entre en contact avec la vulve, tandis que la face postérieure ou interne s'accole sur elle-même, en formant de nombreux plis.
Sig-nes de la virginité. — Ijintéç/rité de Vhymen est le signe le plus probant de la virginité.
A cette règle il est quelques exceptions qu'il est nécessaire d'étudier avec soin. Tout d'abord, nous avons déjà signalé l'hymen lobé, dont les lobes, au nombre de deux, trois, quatre, séparés par des échancrures profondes, peuvent aisément être refoulés en arriérée, de façon à permettre l'introduction d'objets volumineux. Lorsque la fille atteint l'âge de seize à di.x-huit ans, le coït est possible sans qu'il en persiste de traces. L'existence d'un hymen lobé oblige donc