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VIOL CHEZ LES PETITES FILLES

tères des échancrures confrénitales tirés du petit nombre dt-s lambeaux, de leur régularité, de leurs bords régulièrement arrondis, ils sont malheureusement souvent en défaut. 11 en est de même lorsqu'il existe des déchirures incomplètes de Ihymen, déjà cicatrisées, auquel cas la confusion est presque fatale avec l'hymen virginal présentant des encoches congénitales.

A de rares exceptions près, les conclusions doivent donc être très réservées lorsqu'on se trouve en présence d'un hymen cicatrisé. Il n'en est plus de même lorsqu'on aperçoit des plaies rouges, saignantes, qui démontrent l'existence d'une déchirure récente.

Les signes accessoires de la défloration ne présentent quelque netteté que chez les femmes qui ont eu de nombreux rapports sexuels. Ilsconsistent dans la flaccidité et l'allongement des grandes lèvres qui restent légèrement béantes et laissent voir les petites; la muqueuse vaginale est plus lisse, les replis s'affaissent ; les seins sont moins fermes et les mamelons plus saillants. Ces signes n'ont d'ailleurs rien de caractéristique.

§ 3. — Viol chez les petites filles.

Les statistiques judiciaires montrent que les deux tiers des viols sont commis sur des petites filles de dix à treize ans. La proportion s'élève aux quatre cinquièmes de la totalité des viols, si l'on considère les filles de dix à quinze ans.

Au-dessous de dix ans, le viol est exceptionnel. La conformation des organes génitaux est telle, d'ailleurs, jusqu'à cetàge, que l'intromission de la verge est malaisée et nécessite une violence et une brutalité inouïes. Aussi compte-t-on seulement quelques observations de viol sur des enfants de neuf ans, huit ans et même six ans. commis par de jeunes garçons de quinze à vingt ans au membre viril encore peu développé.

Plus la petite fille est jeune, et moins il y a chance pour que l'intromission de la verge ait été complète. Aussi, de dix à treize ans, observe-t-on seulement des déchirures incomplètes de l'hymen: par contre, les lésions de la vulve sont assez considérables. Dans les cas assez rares où l'hymen est complètement rompu, il existe de graves désordres, tels que la rupture du périnée, la déchirure du cul-de-sac postérieur, la désinsertion du vagin ; il n'est pas rare qu'à la suite du viol la victime succombe rapidement à une péritonite suraiguë.

Au contraire, plus l'enfant est âgée et plus fréquente est la déchirure totale de l'hymen, en même temps que les autres parties

364 VIpl., AVQRTEMENT, INFAS^TlQfDB-

(h'sorf(anos pénitaux mieijx développées pfésentent tleç lésions plp§ iiiininit's;. C-ns li'isions, (jiio nous avons déjà signalées en pti|(|iapt les uUenlats à la jnuleur, consistant surtopt en rouguiir (le la fjiufjupuse avec vulvo-yaginite traumalifmp. Rlus rarement Pft peut qbs^rvpr des altérations spécifiques dues à la transmission d'une maladie vénérienne, chancre mou ou sypiiilis.

Enlin il existe d^^ns certi^ins cas des lésions Iraumaticiues e^itragénitales, dues à li^ résistj^npe que la douleur provoque de l^ p3.rt de l'enfant: c'est aipsi qpe l'pn Irpuve des eccliynriQses sur la f^cp interne des cuisses, qui témoignent des ed'qrts faits par le vipjateijr pour empêcher l'enfî^nt de serrer les cuisses; de même existent aulour de la bouche des égratignures et des ecchymose^ 4RPS à ra|)|tosilion des niains pour étouHer les cris de la yictjme.

Mais, l)ien souvent, il ny a pas eu lutte; l'enfant terrorisée na opposé aucune résistance, et pourtant des Jésions visibles autqur de la bouche, du cou, traduisent des tentatives dp suffocation pu de strangulation qui ont parfois réussi à faire succomber l'enfant ef, à assurer au violateur l'impunité. Enfin, dans les viols commis par des sadiques, les lésions faites avec des instruments piquants ou tranchants impliquent simplement un raftinemenl de cruauté.

Questions ipédico-Iég'ales. — Uhym&n pst-il d^chifé 7 — Xous avons déjà indiqué les caractèies des lambeaux hympnéaux sur lesquels est basée la réponse à cette question et rvjpntré qne 1^ réponse affirmative est aussi aisée lorsque le viql est rpcpnt qu'plle est aléatoire lorsque la cicatrisation est etfectuée.

Quelle est la caisse de la déchirure de l'byipen? — INqus avons Indiqué plus haut les déchirures traumatiques de IbymPH pn dehors du viql et de lai tentai à la pudeur ; ce sont là des faits exceptionnels. De même, jusqu'à l'âge de tre|ze à quatorze ans, l'onanisme peut rarement expliquer une lésiooou une rupture de la niembrane, les manœuvres étant pratiquées, par craintp ^e la donleur, aypc beaucoup de ménagements.

La déchirure de l'hymen e§t dpnÇ prps<I"c toujppps l'in^ipe 4e violences exercées sur les organes génitaux, viol ou attentat à la pudeur. Il est certain que les doigts introduits dans le vagin peuvent produire des ruptures de l'hymen J^ussi complètes que celles qiii sont causées par le passage de |ii verge. L'e^istpnpe de lésions ppi]sidérables des organes génitaux, surtout si là fillette japproche fleîi^ puberté, fera penspr à rinlronrjission de corps é|rangeis voluniinenx et dui's, lorsqu'il ne sera pas admissible ([uelles aient pu être produites |iar la verge.

En dpbprs de cps cas, on devra conclure ])rndemmenf (lue la

vidL fckfez Lbs viÈttaEë nubiles. 3ôb

ruptUl-ë clé ihymëli et les lésiBhs dé§ bl-gariës gêhitaiix «Ht étë fcàusëès par riHlrdrtiîsSlon (lâiis le ràgiri t/e là véigé eh érection où d'e tout tilitré objet v'dlniniirenx et dkr. Cètle conclusibii est préférable à la fonnulo tetidaricieusë de Tardieu : « Les lésiutis résultent dfe rihtrorriissioh d'un borps voluihineil:^ et dur, tel par exemple que In véirjé êh éreciion >».

11 ëèt bien entendu (jtië les lëslbris rénériehHës constatées à là fois sur lénfantel sur Tincultié; exception faite pOLir là blennorragie; perrnëttent pal-fois dés conclusions plus précises. 11 eu est de même pour la présence de spëriiie dans le vagiii; sur la face intei'rié des ëiii^SëS et sur lés parliêS voisines de la cliémise.

A quelle époque remonte la dêtloràtian? — Ldl'sqtie là cicalUsàtidh li'ëst |iâ§ accoiiiplie, on jjëut admettre tjùè la déchirdrë remonte ati plus àqliinzë loUrS; On dil'a qu'elle ëstrécentë. Au coritiaire, si là muqueuse qui i-ëcoùrre les bordé des déchirures a repris les caractères de la muqueuse hormale, surtout s'il existe des cicatrices blanches linéaires, on peutâffirmei^que là rupture de l'hyinen n'est pas rêceiitë et qu'elle rerriohte àii rnbins à lih mois, il faut se gdl'dei- de doiïnër des indications plus précises.

§ 4. — Viol chez les vierges nubiles.

A |Jartir de l'àgë de quatorze, quinze ans, dâris nos régions; les organes génitaiii dé la fille ont acquis ilii développement Suflisânt poùi- que le COit soit possible sans entraîner d'autres désordres que la rupture de l'hymen. Aussi ne rencontre-t-on pas en pareil cas les IraUiriàtisiliëà génitaux observés chez les petites filles; la vulvovaginite en pat"tICUlier fait presque toujoUrs défaut, hormis le cas de blennorragie communiquée.

Pat" contre, les lésions traumàtiques ëxtràgénitàleâ sont frëtJUënteS; car là tictime est eh inesurë de se défendre ronti'ë son àgtessëur, et celui-ci doit, avant d'accomplir le viol, vaincre sa résistance. 11 cherche à écarter les cuisses avec sa main, et l'on retrouve des ecchymoses sur la face antéro-intei-ne; il éloigne violemment les bras qui le repoussent, et il en résulte des égratignures et des suffusioHs Sanguines auprès des fioigHëts etsUr les avànt-bt-às ; de même on observe assez souvent des lésions autour delà bouclië, l'agresseur cherchant à étoulTer les cris de la fille.

On conçoit tiue, lorsque la fille est bien cohfOrniée, qu'elle sait 011 le violateur veut en venir, fjuenfin lOrsqUe la frà^eui' ne paralyse pas ses moyens de défense, le viol ne puisse être consommé aiSértiëht. Est-il possible? Pour la solution de ee jjroblèmë souvent

posé au médecin légiste, celui-ci ne peut apporter d'arguments médicaux, et la réponse qui traduit son opinion personnelle n'a pas plus de valeur que celle des jurés; aussi fera-t-il bien, s'il le peut» déluder la question. 11 est certain que le viol dune fille vierge de quinze à vinet ans n'est possible que si l'homme a une supériorité physique très considérable sur la fille, ou sil joint à la lutte physique une contrainte morale, menaçant de la tuer si elle se défend. Autrement l'agresseur porterait fatalement sur la figure, sur les mains, les traces de coups d'ongles et de morsures, dont l'absence rendrait peu vraisemblable le récit de la fille violée.

Fréquemment les affaires de viol se présentent dans des conditions très différentes ; plusieurs individus maintiennent une jeune fille, tandis que l'un d'entre eux la viole, et il n'est même pas rare que successivement ces individus intervertissent leurs fonctions dans lattentat. La question ne se pose pins de savoir si le viol est possible, il faut démontrer qu'il a eu lieu.

Si la fille est examinée quel(}ues heures seulement après le viol, ou si son assassinat a suivi l'attentat, il est possible de constater non seulement la trace dune rupture récente de l'hymen avec hémorragie, mais on peut encore retrouver du sperme dans le vagin, sur les cuisses et la chemise.

Sur le cadavre, on reconnaît les taches de sperme sur la peau, en regardant à jour frisant, auquel cas elles apparaissent sous forme d'une mince pellicule à reflets irisés, à contours irréguliers. L'examen microscopique du produit de grattage montre la présence de nombreux spermatozoïdes.

La grossesse, lorsqu'elle se développe dans les délais normaux après le viol, est un argument qui concorde avec le récit de la fille, mais n'a pas toujours une grande valeur pour la justice. Au contraire, la constatation d'une grossesse de trois ou quatre mois permet de confondre une fille qui accuse un individu de l'avoir violée et déflorée un mois auparavant.

.^ 5. — Viol chez les filles déjà déflorées et chez les femmes.

Chez les filles déjà déflorées et chez les femmes. 1 intromission de la verge se fait en général avec facilité. Aussi le viol serail-rl plus aisé si l'expérience ne permettait à ces filles et à ces femmes de lutter avec plus d'efficacité que les vierges contre l'agresseur. Le viol est en effet rare chez les filles déflorées et, d'après Devergie, ne s'observe pas plus d'une fois contre mille viols sur les filles vierges.

L'expertise médico-légale présented'ailleursde grandes difficultés;

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