VIOL CHEZ LES FILLES DÉFLORÉES ET LES FEMMES
la preuve du coït, qui chez la vierge consiste dans la rupture récente de l'hymen, fait ici défaut, puisque l'hymen est réduit à quelques caroncules myrtiformes si la femme a eu des enfants. Seules la présence de sperme dans les voies génitales, constatée peu de temps après le coït, et Texistenre de lésions traumatiques extiagénitales, permettent jusqu'à un certain point de corroborer les dires de la victime.
Les tribunaux ont eu, à plusieurs reprises, connaissance de viols commis par surprise dans les conditions suivantes. Dans l'obscurité, un homme se glisse dans le lit d'une femme ; celle-ci, croyant avoir affaire à son mari, se prête au coït et ne s'aperçoit de la supercherie que lorsque l'acte est consommé. La Cour de cassation a décidé qu'il s'agissait bien là d'un viol, mais on conçoit que la preuve médicale en soit impossible à donner.
Viol pendant le sommeil. — D'autres fois, des femmes et même des filles vierges ont accusé des individus de les avoir violées pendant leur sommeil naturel ; si la chose est possible chez une femme dont les voies génitales sont facilement accessibles, dormant d'un sommeil profond, il est certain qu'elle est matériellement irréalisable chez une fille vierge.
INous avons déjà indiqué, en étudiant lanesthésie par le chloroforme 'p. 94 . la possibilité prouvée par Dolbeau d'anesthésier à son insu une femme endormie; mais nous avons également insisté sur l'habileté nécessaire au succès de la tentative. C'est dire qu'il ne faut pas ajouter grande confiance aux récits de viols au chloroforme.
Bien qu'il n'existe aucune observation probante, on conçoit plus aisément la possibilité du viol sur une femme dormant du sommeil de l'ivresse. Quant au viol pendant la syncope, la perte de connaissance, il paraît surtout inventé pour faciliter à certaines jeunes filles l'explication de leur grossesse.
Viol pendant l'hypnose. — Reste à étudier le problème fort important du viol pendant Ihypnose. 11 en existe cinq observations dont trois au moiiin sont incapables d'entraîner la conviction.
Dans un premier fait de Pitres, une grande hystérique, qui a accepté d'aller déjeuner en cabinetparticulier avec un jeune homme quelle a rencontré, tombe en sommeil hypnotique en se défendant contre les tentatives de son compagnon.
Dans un second fait rapporté par Ladame, le récit d'une fille de conduite douteuse, en vue d'expliquer sa grossesse, invoquant un viol pendant l'hypnose, est vraisemblable, mais repose uniquement sur le dire de la fille. 11 en est de même pour l'observation déjà
308 VIOL, AVORTÉMENT, INFANTICIDE:
âhciëHne de (Ifci^te et Drb^ulër; d'utle jëiihë fille de Wàrgëillëj qui, ridlt'e iiar ùii màgilëlisèUr, àlirail eohçu des soupçëiiâ ëri s'àpël'éëvatil (iiiellé ('(ail ëh(:'eiHle.
lit'sl^ r<)bs6ivati«tii dii v&gahond (laslellaii, rjui !5'élail fail suivie pendant plusieuls jours, giâcè à des irialiœuvi-es d'hypntitisine, par Une jeune càiripagriardë sui- laquelle il Se liVrâ à des fcoïlâ répétés, tant à l'état de veille que pendant le sommeil hypnotique. Les CàiesSëS qliti Id îille pialiqiialt spontanéinent devant témoins à Castéllan lioùs fonl penser que Ihyslérie de la Iille a joué Un lôle plus impuiiant que là Jjtiissance maghétique du vagabond.
Enfiri Lëvt; dëritisle â HdUëri, avoua à'ét^e livr-ê plUsleUrâ fdis au coït siii' Urië jeUilë lillë confiée à ses soins, la mère étaîit pi-ésentë et Ibiii-nanl simplement le dos. .Mais alors que Léty prétendait avoir agi avec le consentement de la jeune tille, celle-ci^ qili était devenue enceinte, affirmait avoir été endormie chaque lois et navoir pas eu conèciericë des actes du dentiste. Un examen attentif dés faits âpërihis a Broiiârdel de conclul'e en faveur dé la vraisemblance dii récit de là fille hystérique.
Si donc il paraît possible de violer pendant le sommeil hypnotique une jeune fille nettement hystérique, on voit que l'éventualité sësl jjréSentée râiement, et qii'en tout cas le médecin est dans rirhpossibilitë absolue dappoiter la preurë que le coït a ou non été cohséHti.