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Fig. 60. — Poumon de niorl-né. Congestion généralisée. br., Ironcbe fœtale avec desquamation épithéliale. — ch.c, charpente conjonctive. — e.pl., ecchymose sous-pleurale (!>e prolinge sur la partie gaiche de la préparation). — ex.s., extravasat sanguin. — po.. parenchyme alvéolaire. — v.s., vaisseau sanguin.
naire, avec disparition, au niveau du foyer, de l'air contenu dans les alvéoles et les bronches ; la confusion n'est pourtant^pas possible avec le poumon du mort-né; car, dans les bronch'es et les alvéoles déplissés, on observe, en cas de bronchopneumonie, un exsudai B\i.TH.\zARt). — Méd. lé":., 3' édit. 27
Us
VIOL, AVORTEMKNT, INFANTICinE.
riche en leucocytes ; do plus, les lésimis d'hépatisalion ne sont jamais généralisées à loul le poumon, et, à condition de pratiquer des coupes de divers IVagments, on trouvera à coup sûr des régions où les signes de la respiration seront manifestes.
Fœtus putréfiés. — Tant que la putrélaction n'est pas accompagnée du développement de gaz au niveau des poumons, les carac-
''^Mé'È^'^.';^.
!tf a.
Fit,'. 61. — (T.dime muqueux du poumon. Infanticide par égorgemeni. (Grossissement = 74 diamètres).
a., alvéole rempli de mucus aéré. — ch.c, charpente conjonctive œdématiée. — m.n. mucus alvéolaire. — p.hr., paroi Itronchique. — p/., plè\ ro. — j'. s., vaisseau sanguin.
lères que nous avons indiqués peuvent être retrouvés et permettent encore de difîérencier sans hésitation le poumon du mort-né du poumon du nouveau-né ayant respiré. Les cellules des bronches, des alvéoles sont plus ou moins dégénérées, remplies de granulations, avec des noyaux qui prennent mal les matières colorantes ; la structure générale]de l'organe n'en est pas moins reconnaissable.
l'enfant est-il nk vivant?
La difficulté commence lorsque la pulicfaction est beaucoup plus avancée et que des gaz ont pris naissance dans le parenchyme pulmonaire. Mais, là encore, l'étude histologique montre des difTérences essentielles dans la répartition des gaz putrides, suivant qu'il y a eu ou non respiration avant la mort du fœtus.
Ktude du poumox putréfié de mort->é. — En examinant à la loupe une coupe de poumon de mort-né, dans lequel s'est développée la [jutréfaclion gazeuse, on constate que les bulles existent non seule-
Kig. 62. — Poumon putréfié de moit-né (Grossissement = 5,.j). /<./;., bulle de putréfaction gazeuse. — br.f., bronche fœtals non déplissée. — br.p., bronche envahie gar les gaz putrides. — ch.c, chai pente conjonctive. — «.'•., no)-uU cartilagineux. — p.n., parenchyme alvéolaire, — f.s., vaisseau sanguin.
ment entre le poumon et la plèvre, mais aussi dans lintérieur de l'organe. 11 est facile de se convaincre à première vue que toutes les bulles gazeuses ont pris naissance dans le tissu conjonctif du poumon : celles qui ont de petites dimensions sont entièrement entourées de tissu conjonctif: les bulles plus volumineuses ont refoulé le parenchyme alvéolaire dans lefjuel elles se sont creusé une loge, mais elles restent reliées à la charpente conjonctive de l'organe (fig. 62).
.Même avec une putréfaction très avancée du poumon, l'élude
VIOL. AVORTEMKNT. INFANTICIDI-:.
histologique founiit des renseignements inléressanls. Il convient d'ailleurs de pratiquer des colorations un peu brutales à l'aide des couleurs d'aniline; la solution aqueuse de bleu de métbylène a servi |)our colorer les coupes représentées dans les figures 62 et 63. ')n reconnaît fort bien les rrt/sscaM.r, avec le sang qu'ils contiennent,
Fig. 13. — Poumon putrélié de nouveau-iiO ayant icspiré (Grossissement = ô,.")). br.d., bronche déplissée, distendue secondairement par les gaz putrides. — ch.c. charpente conjonctive. — n.c, noyau cartilaj;ineiix. — /'•"•, parenchyme alvéolaire. — pt., plèvre. — V.S., vaisseau sanguin.
teinté en jaune verdàtre ; la charpente conjonctive qui les entouie, contraste par sa coloration bleu pâle avec la teinte bleu foncé du ■parenchyme alvéo'aire, qui est resté dense, compact, non pénétré par l'air. Enfin les bronches, malgré la dégénérescence des épithéliunis, sont caractérisées par leur siège dans les espaces conjonclifs, au voisinage des vaisseaux et aussi, poui- un certain nombre d'entre
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elles, par les nodules cartilagineux fort peu altérés (jui les entourent. On constate que des gaz ont pris naissance dans la lumière des bronches, qui apparaissent dans les coupes en série, distendues non sur toute leur longueur, mais parplaces, et présentent des renflements ampullaires comme dans la dilatation bronchique. Sur la coupe du poumon, un certain nombre des bulles gazeuses que l'on aperçoit sont formées par des bronches dilatées.
On peut prévoir, d'après cette topographie des vésicules gazeuses, que les bactéries anaéi-obies de la putréfaction ne siègent que dans les espaces conjonctifs. L'examen des coupes colorées convenablement par le bleu de méthylène, de façon à rendre les microbes très apparents, confirme cette prévision. On constate, en effet, que les microbes, bâtonnets de longueur et d'épaisseur variables, bacilles en navette, etc., sont surtout nombreux dans les espaces conjonctifs, (juils sont assez rares dans le parenchyme alvéolaire, et, enfin, qu'ils font entièrement défaut à l'intérieur des vaisseaux; autour des vésicules gazeuses, on rencontre de riches colonies microbiennes qui sont certainement le point de départ de la production des gaz emprisonnés dans la bulle.
Etude du pou.mon putréfie du >ouveau-xé ayant respiré. — Laspect du poumon putréfié provenant d'un nouveau-né qui a vécu et respiré (lig. 631 est très différent de celui que nous venons de décrire chez le mort-né. Au lieu d'apercevoir des bulles gazeuses régulièrement arrondies, disséminées le long des espaces conjonctifs, on trouve des gaz dans le parenchyme pulmonaire, même sur toute l'étendue de la coupe. Les gaz, qui ont pris naissance dans les alvéoles déjà déplissés, les distendent au point de rompre les cloisons interalvéolaires, dont on n'aperçoit plus en bien des endroits que les débris. Ainsi se forment de vastes bulles gazeuses, limitées par une paroi irrégulière, donnant sur la coupe un contour polycylique dû à la conservation dune partie des alvéoles périphériques. On peut comparer l'aspect de ce poumon à celui d'un poumon emphysémateux, mais dans lequel les lésions seraient généralisées et beaucoup plus accentuées qu'on ne l'observe d'ordinaire.
L'étude histologique du poumon permet donc de déterminer si un fœtus a respiré ou non par l'examen direct de l'état des bronches et des alvéoles j)iilmonaires déplissés dans le luemier cas, encore vides d'air dans le second.
Les différences restent très nettes, malgré la présence de lésions variées, telles que congestion, infarctus, foyers de bronchopneumonie.
Le poumon du mort-né ne se putréfie pas de la même façon que
le poumon du nuuveau-né qui a respiré. Chez le morl-né, les gaz putrides se développent dans le tissu conjoncliT du poumon et refoulent, condensent le parenclivme alvéolaire ; chez le nouveau-né ayant respiré, les gaz se forment dans les alvéoles, détruisent les cloisons interalvéolaires, refoulent et condensent le tissu conjonctif (comparer les ligures G2 et 03).
La méthode peut donc être applicpiée alois même que la putréfaction gazeuse est déjà avancée, et elle nest en défaut que dans les cas où la décomposition putride a réduit le parenchyme pulmonaire à létat de matière semi-liquide, dans laquelle il n'est plus possible de reconnaître aucun élément anatoniique. En pareil cas, aucune méthode ne peut plus apportei' la moindre indication sur la respiration du poumon, puisque celui-ci est non seulement putrélié, mais déliquescent. Dans la jtratique médico-légale, cette circonstance est d'ailleurs exceplionnelle, puisqu'elle ne s'est présentée qu'une seule fois parmi les nombreuses autopsies de fœtus que nous avons pratiquées à la Morgue (fœtus ayant séjourné trois semaines environ dans un égout).
Ces considérations sont d'autant plus importantes que nous allons montrer combien l'étude des autres organes, estomac, intestin, oreille interne (docimasie gastrique, intestinale, auriculaire) rend peu de services pour la démonstration de la vie de l'enfant.
Docimasie du tube digestif. — En même temps que l'enfanl commence à respirer, il déglutit une certaine quantité d'air, qui se retrouve mélangé au mucus gastrique et au méconium.
C'est sur cette notion que Breslau a basé la docimasie du tube digestif. L'estomac et l'intestin, liés au niveau du cardia et du rectuin. sont détachés avec les mésentères en une seule masse qui est placée dans un récipient rempli d'eau. Sil'intestin surnage, l'enfant aurait respiré : en pareil cas, en ouvrant l'estomac, on trouve du mucus intimement mélangé à l'air dégluti que l'on aperçoit sous forme de bulles très fines.
Si la masse intestinale va au fond de l'eau, on ne peul affirmer que l'enfant n'a pas respiré, car il arrive souvent, dans ce cas, que la docimasie pulmonaire prouve la pénétration de l'air dans le poumon.
D'ailleurs, la méthode de Breslau repose sur ce fait que la putréfaction gazeuse ne peut jamais se développer dans l'intestin d'un niort-né, fait dont la démonstration est encore insuflisante.
Docimasie auriculaire. — Avant la naissance existe dans loreille moyenne une boule muqueuse qui est expulsée au moment des premiers mouvements de ies|)iralion et de déglutition, et remplacée par de l'air.