‹ Précis de médecine légaleChapitre 132 sur 185 · LENFANT EST-IL NK VIVANT · texte numérisé non relu

LENFANT EST-IL NK VIVANT

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est la suivante : - L'état de putréfaction gazeuse du poumon ne permet pas de déterminer si lenfant a vécu ».

i'^ Il nexiste pas de putréfaction gazeuse. Si les quatre épreuves que nous avons indiquées donnent une surnatation des poumons ou de leurs fragments, un conclura : « Les épreuves delà docimasie pulmonaire liydrostatique démontrent que lenfant a respiré ». Si, dans

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Fig. 58. — Poumon de mort-né (Grossissement = 74 diamètres*. br.f., bronche fi Uile. — p,a.. parenciiyme alvéolaire. — v.s., vaisseau sanguin.

ces quatre épreuves, les poumons ou leurs fragments tombent au fond de leau, ou s'il en est ainsi dans une seule de ces épreuves, il nest plus possible d'affirmer que Lenfant a vécu, pas plus qu'on ne peut indiquer avec certitude que lenfant est mort-né. On deMa donc conclure avec réserve : « que l'épreuve de la docimasie pulmonaire hydrostatique ne permet pas de démontrer que l'enfant a vécu».

Examen hiistolog;ique des poumons des nouveau-nés

(doeimaslo liistolo^iquei. — Après fixation des poumons dans le liquide di' l'.ouin, les poumons sont inclus dans la pai-afllne et débités ,111 iniorolome en coupes larges et minces.

Fœtus non putréfiés. — Loiscjue la mort du fretus remonte à moins de deux ou trois jours, dans la saison moyenne, les poumons sont dans un état de conservation suffisant pour permettre un exa-

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Fig. 59. — l-'oumon de nouveau-nc ayant respiré (Grossissemenl = "4 diamètres). «.. alvéole dilaté par la respiration. — /<r., bronche déplissée. — v.s., vaiss au sanguin-

Mien liistologique très précis. Conformément aux notions classiques, les premières inspirations qui suivent la naissance provoquent dans la structure du poumon des modifications considérables. Nous les étudierons dans les poumons normaux, d'une part; dans lespoumons qui présentent des altérations pathologiques, daulrc part.

PoLMoNs NORMAix. — Sur les coupes de poumon provenant de

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mort-nés (fig. 58), bronches et alvéoles ne soni pas déplissés. Dans les bronches, l'épithélium cylindrique, constitué par des cellules très hautes, forme une collerette sinueuse et festonnée, implantée par son pourtour sur la membrane basale de la paroi bronchique; la lumière est complètement obturée par laccolement des pôles internes des cellules épithéliales, sauf dans les très grosses bronches, où il existe une cavité remplie entièrement d'un liquide liche en mucus. Les alvéoles sont tapissés par un épithélium cubique avec petit noyau arrondi.

Si l'on a affaire à un poumon d'enfant ayant respiré et mort quelques jours ou seulement quelques heures après la naissance, on trouve, dans toute l'étendue du poumon i fig. oO), des cavités aériennes, régulièrement arrondies ou polygonales, à angles mousses, qui ne sont autres que les alvéoles déplissés par l'air inspiré. Les bronches sont tapissées par un épithélium moins élevé fjue chez les mort-nés; cet épithélium ioime non plus une coUerelle festonnée, mais une bande curviligne avec très peu de sinuosités. La lumière de labronche est vide, on y remarque la présence de mucus seulement au contact de l'épithélium. L'épithélium qui constitue le revêtement intérieur des alvéoles est devenu unendothélium aplati, comme chez l'adulte, et le noyau ovalaire, malgré son amincissement, fait une légère saillie dans la lumière de l'alvéole.

En présence de caractères difTérentiels aussi tranchés, il est impossible de ne pas distinguer à première vue le poumon du mort-né du poumon du nouveau-né ayant respiré, quand ces organes sont normaux et que la putréfaction n'a pas encore modifié leur aspect.

Le plus souvent, les poumons que l'on rencontre dans la pratique médico-légale n'offrent pas, au moins dans toute leur étendue, des caractères aussi tranchés. 11 s'agit en effet d'enfants qui ont respiré peu de temps et qui ont succombé spontanément par débilité congénitale ou qui ont été asphyxiés par un procédé violent. Dans le premier cas, même lorsque l'enfant vit deux ou trois jours, la respiration s'est établie dune faron très imparfaite ; dans le second, l'infanticide est habituellement commis très rapidement après la naissance, et l'enfant n'a pu faire qu'un petit nombre d'inspirations. Aussi trouve-t-on dans les poumons des territoires qui présentent encore la structure fœtale, àcùté de zones déjà modifiées par l'introduction de l'air. Sur la même coupe, on voit souvent des bronches entièrement déplissées et des bronches dont les épithéliums sont encore accolés, des alvéoles remplis d'air avec un endothélium aplati et des alvéoles vides d'air avec un endothélium encore

cubique. Malçiv tout, le diagnostic est facile et la présence de bronches et dahéoles enlièrenienl dilatés prouve que l'eni'ant a r'cspiré ; mais il est impossible, d'après la prédominance des zones IVelales ou des zones aérées, d'indiquer si l'enlant a fait seulement (|uel([ues inspirations, ou s'il a respiré plusieurs heures ou même plusieurs jours, un nouveau-né vigoureux étant capable de remplirdair la totalité de ses poumons, à l'aide de ([uebiucs inspirations énorgi(]uos. alors qu'un nouveau-né débile ne parvient pas à obtenir le même résultat dans les deux ou trois jours qui précèdent sa mort.

Poi'MONS ANORMAUX. — Chez le mort-né, il est fréquent <le noter l'existence d'ecchymoses sous-pleurales et intraparenchymateuses, surtout lorsque le belus a succombé pendant l'accouchement (fig. 60). A l'examen histologique, ces taches sont constituées parfois par une dilatation considérable des vaisseaux capillaires sous-pleuraux ou inleralvéolaires, sans rupture de la paroi de ces vaisseaux ; plus souvent le sang s'est répandu, apiès déchirure vasculaire, dans le ])arenchymepulmonaire, fusantdans lesalvéoleset dans lesbronches, déchirant les cloisons interalvéolaires, déterminant, en un mot, les lésions de l'infarctus pulmonaire. Ainsi dissociés par le sang, les éléments anatomiques dégénèrent rapidement; leur intégrité et l'absence de transfuimatiou des pigments sanguins fournissent la preuve que la mort du fœtus a suivi de près l'hémorragie intraparenchymateuse.

Dans les poumons du nouveau-né qui a i-espiré, on peut trouver une congestion intense, caractérisée histologiquement par une dilatation extrême des gros Aaisseaux aussi bien que des capillaires. Si lenfant a succombé à l'asphyxie si)ontanée ou provoquée, on trouve souvent des taches sous-pleurales, de petits foyers d'infarctus ayant la même structure que chez le mort-né, mais n'envahissant pas constamment les alvéoles ou les bronches. En cas de mort violente, nombre de lésions dépendent du procédé qui a été employé pour commettre l'infanticide; c'est ainsi qu'on trouverait chez les betus projetés vivants dans les fosses d'aisances des matières fécales dans les bl'onches et les alvéoles ; la congestion, l'œdème interstitiel et intra-alvéolaire (lig. 61), la pi'ésence de spume bronchique sont constants chez les fœtus tués par strangulation, par sutTocation, par fracture du crâne. Mais ce n'est pas ici le lieu de rechercher juscju'à quel point ces altérations microscopiques du parenchyme pulmonaire peuvent renseigner sur les causes de la mort ; il suflit de dire qu'elles n'empêchent en aucune façon l'examen du poumon au point de vue qui nous occupe et que la preuve de la respiration est fou-îiie

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