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BLESSURES. MUTILATIONS, COMBUSTION DU NOUVEAU-NÉ

De même les ecchymoses sous-pleurales et sous-péi-icardiquos. dont nous avons montré la minime importance au point de vue du diagnostic de la sutTocation chez l'adulte, sont extrêmement fréquentes tant chez les mort-nés que chez les nouveau-nés qui ont succombé à une mort naturelle. Tarnier et IMnard les ont observées chez la plupart des enfants morts pendant la durée du travail; Casper les a notées également sur les poumons dun fœtus encore renfermé dans la cavité utérine et dont la mère s'était pendue. Nous avons examiné nous-mème avec Lebrun, dans le service de Pinard, les poumons d'un nouveau-né qui avait vécu deux heures: il existait de nombreuses ecchymoses sous-pleurales et sous-péricardiques, et les poumons tombaient au fond de leau.

La sufTocation peut résulter de la compression du thorax de l'enfant, par exemple sous le poids de la mère. En pareil cas, il n'existe qu'exceptionnellement des lésions traumatiques permettant de rapporter la mort à sa véritable cause.

Il en est de même lorsque lenfant est étouffé entredeux matelas; mais l'examen des taches sur la toile qui enveloppe le matelas permet parfois de caractériser l'enduit sébacé qui recouvre le corps de l'enfant, et, dans un cas rapporté par Tardieu, les taches avaient exactement la forme du corps du nouveau-né.

:; 4. — Blessures, mutilations, combustion du nouveau-né.

Lorsque le cadavre porte des blessures, lorsqu'il est mutilé, il y a grand intérêt à déterminer si les plaies ont été faites pendant la vie et si même elles ont pu causer la mort. Nous avons déjà étudié l'infanticide par fractures du crâne; plus rarement la mort du nouveau-né est la conséquence de lésions nerveuses dont le diagnostic n'est pas toujours facile. Telles sont les hémorragies méningées consécutives à la blessure des sinus par une aiguille enfoncée au niveau de la fontanelle bregmatique, suivant le procédé qu'une sagefemme de l'Aveyron avait maintes fois mis en pratique. Telleégalement la dilacération du bulbe à l'aide dune longue aiguille introduite dans le fond du pharynx et plongeant entre deux des premières vertèbres cervicales.

Ce sont là des procédés exceptionnels. Les blessures sont faites habituellement avec un canif, avec des ciseaux et portent sur la région cardiaque, sur l'abdomen, sur le cou. Elles sont souvent nombreuses, profondes, la plupart inutiles pour obtenir le résultat désiré, témoignant du délire alrooliqueou hystérique qui animait le meurtrier.

Les mutilations, le dépeçage, la combustion du nouveau-né ne sont effectués qu'après la mort, au moins dans les affaires qui jusqu'ici ont donné lieu à des interventions médico-légales ; ces opéiations n'ont pour but que de facilitei' la dissimulation du cadavre. Néanmoins on pourrait, à l'occasion, reconnaître si la section du cou, des membres, a été. faite avant que l'enfant ait succombé, grâce aux caraclcres que nous avons déjà maintes fois indi- (|ués.

Pour les membres, on n'observe jamais de désarticulation ; les jambes sont détachées irrégulièrement, l'os sectionné an ciseau ou à la hachette, tantôt au-dessus, tantôt un peu au-dessous du genou. Les bras sont sectionnés au voisinage de l'épaule, un peu au-dessous du col de l'humérus ; la tête est séparée du tronc, tantôt par un seul coup de tranchet, plus souvent maladroitement.

A la campagne, des filles ont avoué avoir donné à manger aux porcs leur enfant ainsi dépecé. Souvent le cadavre n'a été ainsi mutilé que pour faciliter son passage par la lunette des lieux d'aisances. Enfin quelquefois les débris sont jetés à la rivière ou incinérés dans un poêle.

Les expériences que Brouardel et L'Hôte ont i)oursuivies à l'occasion de l'afl'aire Pel, l'horloger qui avait brûlé le cadavre de sa femme, leur ont prouvé que, dans un poêle à bon tirage, il est possible de brûler 1 oOO grammes de chair en une heure et demie. Dans ces conditions, la combustion du cadavre d'un nouveau- né ne demanderait pas plus de trois heures, et par la cheminée il ne se dégagerait aucune odeur capable de trahir le meurtrier.

En réalité, la combustion exige d'ordinaire un temps beaucoup j)lus long, car elle est faite dans des cheminées dont le tirage est défectueux. On ne trouve plus dans les cendres du foyer que les (iiaphyses osseuses, dont les épiphyses non encore soudées chez le nouveau-né se sont détachées. Aussi, s'il était présenté des os munis de leurs épiphyses. à l'effet de déterminer si ces os ont pu appartenir à un nouveau-né, l'expert pourrait sans hésitation donner une réponse négative Ij.

On a signalé enfin la facilité avec laquelle on pourrait faire disparaître un fretus ou un nouveau-né, simplement en les plongeant dans une terrine de grès remplie d'acide sulfurique. La carbonisa-

(I) Il resterdit .'. rechercher si l'enfant élait à ternie, sinon quel était son âge. Cette ques lion sera traitée à propos de l'identité.

Knfin l'expert est interrogé encore sur l'époque à laquelle remon'e la mort; les caractères -ur lesquels repose la réponse à cette question, étant les mêmes chez le nouveau-né que chez Tadiille. seront exposés dans la -ixième partie de ce Précis, qui traite des phénomènes cadavériques.

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