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INFANTICIDE PAR STRANGULATION OU SUFFOCATION

chaque siège, et la présence de l'enfant serait rapidement reconnue.

Lorsque la cuvette communique directement avec les tuyaux qui conduisent les matières tecales à une fosse, tantôt l'enfant descend directement dans la fosse, tantôt il sarrète au niveau dun embranchement. Dans le premier cas, ce n'est qu'au moment (»ù l'on vide la fosse (tous les huit jours pour les fosses mobiles, tous les ans environ pour les fosses fixes j que le petit cadavre est retrouvé; il porte souvent sur son revêtement tégumentaire des excoriations linéaires produites par le frottement sur les rugosités de la face interne des conduits. Dans le second cas, les matières fécales s'accumulent au-dessus du corps de l'enfant, et l'on s'aperçoit ])ienlôl que la conduite est bouchée ; avec des ringards qui peuvent produire des lésions sur le cadavre, on rétablit la perméabilité en faisant glisser le fœtus vers la fosse ; sinon on doit démolir la conduite, et on retrouve le cadavre.

Combien de temps l'enfant a-t-il séjourné dans la fosse? — Le contenu des fosses d'aisances qui ne reçoivent pas les eaux ménagères constitue un milieu peu favorable au développement des germes de la putréfaction. Aussi les cadavres de nouveau-nés se conservent-ils assez longtemps dans ces fosses.

Après un séjour de plusieurs mois, la peau présente une coloration verte, et le cadavre exhale une odeur infecte. A l'ouverture du corps, les viscères sont parfois assez bien conservés pour que Tardieu ait pu, dans un cas, constater la présence des ecchymoses sous-pleurales dix mois après l'immersion.

La puti'éfaction suit d'ailleurs la même marche ({ue dans l'eau, formation d'adipocire, infiltration par des savons calcaires, mais avec une lenteur beaucoup plus grande.

Il est au contraire d'autres fosses largement aérées, ou recevant des "eaux grasses ou savonneuses, dans lesquelles la putréfaction se poursuit avec une grande rapidité. Au bout de quelque temps, on ne retrouve plus que des os dénudés, de coloration noire.

Ces développements suffisent pour montrer combien il convient d'être prudent lorsque l'on doit déterminer la durée du séjour du" nouveau-né dans une fosse d'aisances.

:; 3. — Infanticide par strangulation ou suffocation.

La strangulation a été employée dans 18 p. 100 des cas pour tuer le nouveau-né, dans la statistique de Brouardel, qui porte sur plus de oOO infanticides ou inculpations d'infanticide. La sufiocation n'a pu être incriminée que dans 10 p. 100 des infanticides.

Tanlieu a donné uno pmporlion beaucoup plus élevée d'infantioides par sufForation. puisque, dans l'ensemble des affaires pour lesquelles il a été commis, il a relevé comme cause de la mort la suffocation dans la moitié des cas. Ce fait tient à ce que Tardieu considérait à tort les ecchymoses sous-pleurales comme caractéristiques de la suffocation.

La stransulation est assez souvent effectuée à l'aide dune corde, dune ficelle, dun cordon de tablier, plus rarement dun bas. .Nous ne reviendrons pas sur les caractères du sillon dans ces diverses circonstances, ni sur les lésions caractéristiques de laslrangulation.

(!hez le nouveau-né, il existe, dans l'appréciation de ces lésions, une cause d'erreur due à la possibilité dune strangulation par un circulaire du cordon pendant le travail. Celte hypothèse peut être éliminée de suite loi-sque le sillon est très étroit et profond, auquel cas il ne peut avoir été fait que par une corde mince ou un cordon de tablier. Sinon l'excuse invoquée par la mère doit être tenue pour vraisemblable chaque fois qu'on ne trouve pas autour de la bouche ou sur le crâne de traces de violence, d'autant que dans les maternités la strangulation par circulaire du cordon n'est pas rare et intervient dans 4 p. 100 des cas de mortinatalité. D'ailleurs, en général, dans ces conditions, la respiration ne s'établit pas, tandis que, (|uelle que soit la rapidité avec laquelle la strangulation ait été opérée après la naissance, l'enfant atoujourseu le temps de faire quelques inspirations.

La strangulation à la main est plus facile à reconnaître, car il existe toujours sur le cou etjusquederrière les oreillesde nombreux stigmates unguéaux. Comme elle est en général associée à la suffocation, la femme plaçant la main au devant de la bouche pour étouffer les premiers cris, il existe aussi des excoriations autour de la bouche, et la femme ne peut invoquer, pour expliquer les lésions du cou, l'excuse habituelle, à savoir qu'au moment de l'accouchement elle a liié sur le cou pour faciliter l'expulsion de l'enfant.

La suffocation par obturation de l'orifice des voies aériennes se reconnaît à la présence de spume sanguinolente dans les bronches aux ecchymoses sous-pleurales; mais on ne peut affirmer qu'elle est la cause de la mort que dans les cas où on trouve des traces de violence autour de la bouche et de l'orifice des narines. Les lésions pulmonaires de l'asphyxie qui succèdent à la bronchopneumonie, à la bronchite capillaire, causes fréquentes de la mort chez les nouveau-nés qui ont vécu quelques jours, pourraient en effet être confondues avec celles de la suffocation criminelle; l'examen histologique des poumons ne laisserait, il est vrai, subsister aucun doute.

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