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II. — EXAMEN PRATIQUE DES POILS

Les poils, nettoyés et déshydratés par l'alcool absolu, sont montés dans le baume du Canada, entre lame et lamelle.

Il est souvent nécessaire de décolorer au préalable les poils très foncés, pour observer les détails de structure. Un emploie l'acide azotique ou l'eau oxygénée ; dans le premiercas, le poil doit séjourner quelques minutes seulement dans le liquide ; dans le second cas,i)lusieurs heures.

Structure du poil. — 11 faut distinguer tout d'abord les Jarres

'elles poils de duvet. Sans entrer dans des détails sur la structuie

histologique du poil, nous indiquerons sommairement les divers

caractères qui peuvent être utilisés pour lediagnostic médico-légal.

Le poil présente la forme d'une tige plus ou moins flexible, dans laquelle on distingue le corps ou tige et les extiémités. L'une des extrémités, libre et en général effilée, forme la poùj^e du poil ; l'autre, profonde et renflée, constitue lebulbe, cette dernière d'intérêt secondaire pour le but qui nous occupe.

Tige. — La tige forme en général un fuseau, surtoutdans lespoils courts. Débutant par un rétrécissement près de la racine, elle se renfle progressivement ou brusquement, pour se rétrécir à nouveau au voisinage delà pointe.

Chez certains animaux, la tige présente deux ou plusieurs renflements successifs (desman, taupe, musaraigne). Le poil est formé de trois parties, bien visibles surtout sur la tige : i«»le canal médullaire ou moelle ; 2" la substance corticale ou écorce ; 3° la cuticule.

La .MOELLE est celle de ces trois parties qui fournit les renseignements les plus utilespour la détermination delaprovenancedupoil. Klle occupe la partie axiale du poil sous forme d'un cordon cylindriiiue, plus ou moins régulier, résultant de la superposition des cellules médullaires, sépaiées par un réseau aérien d'aspect très variable, suivant les espèces animales considérées.

Si luii prend le rajtpoi t des diamètres du canal médullaire et de la tige du poil, dans la partie la plus renflée, on obtient l'indice méduUuiie, que nous désignons par 1.

On peut grouper les poils en trois catégories :

i° l < 0,30. Poils de Ihomme, dont on peut rapprocher ceux du lama et de certains singes anthropoïdes, comme le chimpanzé.

2° 1 voisin de 0,30. Tels sont les poils des lémuriens, de quelques singes, du blaireau, du chien, du bœuf, du cheval, de certains rongeurs et marsupiaux.

3° I > 0,30. Dans ce groupe rentrent les poils de la plupart des animaux. L'indice médullaire atteint son maximum chez les cervidés 0, '18 chez le chevreuil).

L'aspect du réseau aérien de la moelle suffit pour reconnaître la famille à laquelle appartient l'animal dont on examine le poil, et parfois même l'espèce.

La substance corticale ne présente guère d'intérêt que par le pigment qu'elle renferme, pigment dont la nature et la répartition sufUsent pour différencier nombre de poils.

La cuticule est formée d écailles minces. imbriquées à la facondes tuiles d'un toit ; les pointes des écailles sont toujours tournées vers l'extrémité libre du poil. Les dimensions des écailles, leur forme, leur saillie varient à l'infini dans la série animale.

;; I . — Diagnostic de l'origine du poil.

Nous ne pouvons nous étendre ici longuement sur ce sujet. Dans un ouvrage publié avec la collaboration de M^ie Lambert (1), nous avons indiqué une classification des animau.x d'après les caractères de la moelle, qui se superpose dans ses grandes lignes avec la classification zoologique. C'est ainsi que l'aspect réticulé, à mailles régulières, de la moelle, caractérise le poil des rongeurs.

Il est donc possible, par le seul examen de la moelle, d'indiquer à quelle subdivision appartient l'animal dont on examine le poil. L'étude des caractères de la pointe, du pigment, de la cuticule permet en général de retrouver rapidement l'espèce ; le diagnostic doit être finalement précisé par une comparaison directe avec les poils de l'animal, conservés dans une collection, ou avec les nombreuses figures que nous avons jointes au texte. Nous nous contenteions de reproduire ici quelques-uns des poils que l'on rencontre le plus souvent dans les expertises médico-légales.

(1) .Marcelle Lambekt et V. Baltha2aiio, Le jjoil de rhonime el des animaux. Paris, 1910, Sleinbeil.

Le poil du lapin (très voisin comme aspect de celui du lièvie présente un réseau aérien d'une régulaiité remarquable. Les cellules aériennes sont alignées en colonnes longitudinales et séparées par des cloisons transversales réguiièiement espacées (lig. 97).

Lièvre [Lepus varronis)

a, jarre avec colonnes de vésicules aériennes. — b, jarre au voisinage du bulbe. — c, jarre près de la pointe. — d, e, poils de duvet.

Fig. 08. — Zibeline (Mûsïetla ziheUina).

a, jarre remarquable [.ar la disposition arquée des vésicules de la moelle et par la saillie des écailles de la cuticule. — b, In même jarre au voisinage du bulbe avec son contenu aérien intact en e, en partie di^paru en /". — c, d, parties voisines de la pointe et pointe. — g, poil de duvet.

Le poil des martres possède des vésicules aériennes ovales, moins régulièrement superposées; les écailles de la cuticule sonl saillantes et losangiques. La zibeline se dislingue par la forme arquée des vésicules et la plus grande saillie des écailles de la cuticule (lig. 98 .

Les poils du chat sont dune grande finesse; les mailles du réseau

médullaire sont petites, irrégulières, aplaties. Dans aucun poil la cuticule ne l'orme une dentelure à angles aussi aigus (fig. 9â].

On trouve, au contraire, chez le renardun réseau aérien à mailles larges et irrégulières, une cuticule peu visible (lig. 100).

Le poil du chevreuil représente le type d^'s poils à indice médul-

Fig. 99. — Chat blanc iFelis domestiea\ Fi^. 100. — Renard de pays [Vulpes vn/jies

a, jarre ; moelle réticulaire à mailles irréguli-'res très peliles et aplaties. — b, base de la jarre ; les miiiljessont plus volumineuses que sur la tige. — c, pointe très ellilée. — d. poil de duvet; moelle cloisonnée. — e la pointe du même poil de duvet. La cuticule est en dents (le scie.

n, jarre dont le canal médullaire est réticulaire, à mailles large> et irrégulières, les cellules médullaires tinement pigmentées. La structure de la moelle n'est visible qu'aux endroits où une partie du contenu aérien a été chassée. — b, un poil près de la hase. — c, jarre près de la pointe. — d, e, poil de duvet.

laire très élevé (0,98), la substance corticale est à peine visible. La moelle est cloisonqée et les vésicules aériennes, polyédriques par pression réciproque, spnt vplumjnevisps.

Les poils des singes anthropomorphes sont ceux qui se rapprochent le plus des poils de l'homme. Lp canal médullaire est très étroit, parfois ipêfoe intprrQjppu ou absent copime dans les cheveux de

l'homme. On les distingue des poils humains par la saillie plus marquée des écailles de la cuticule et par le volume plus considé-

Fig. 101. — [,htvrem\ (C apreol u s capreolus).

l, jarre dans sa parlie épaisse, montrant le cloisonnement de la moelle. — m, partie de la jarre qui se rétrécit rapidement au voisinage de la point'î. — p, pointe. — o. poil de duvet.

UfLirJ^

Fig. 102. — Chimpanzé {Ant/ii'opopi(/iecus trogJodijtes).

n, b, jarres pourvues d'un canal médullaire rudimenlaire. — c, jarre dépourvue de moelle. — rf, extrémité libre d'une jarre, lég^'renient renflée en mas«ue.

rable des granulations pigmentaires de l'écorce. Nous avons repi'oduit le poil du chimpanzé (fig. 102, celui du gorille (fig. 103) et celui de l'orang-outang (fig. 104).

§2. — Le poil est-il un poil humain ou un poil animal?

En pratique, on a souvent à rechercher si le poil est un poil humain ou non. Il est alors inutile de recourir à toutes les recherches que nous avons exposées dans le paragraphe précédent et il suffit d'invoquer les caractères qui distinguent nettement le poil humain des poils de tous les animaux.

Nous nous bornerons donc ici à opposer les caractères dilférenls

des parties constituantes du poil de l'homme et des animaux, en faisant remarquer toutefois qu'il n'est rien d'absolu dans cette opposition. C'est ainsi que, chez l'homme, l'un des caractères les plus intéressant^ de la moelle est d'être plus réduite que chez les animaux; pourtant, parmi ces derniers, il en est quelques-uns dont la moelle est encore plus rudimentaire que dans le poil humain et

Fig. 103.— Gorille {Gorilla gorilla).

n, h, c, jarre*.

RCoçuFil'^-

Fig. 104. — Orang-oalang (Simii satyrus).

e, jarre sans moelle ; écorce remplie ds pigmentophages. — f, partie plus étroite de la même jarre; cuticule à écailles très apparentes. — g, jarre fine avec canal médullaire interrompu et rudimentaire.

peut môme faire complètement défaut (phoque, etc.). 11 est inutile d'insister sur ce fait que d'autres caractères dilférentiels peuvent être invoqués en pareil cas pour reconnaître le poil humain.

Si donc aucun des signes que nous résumons ci-dessous dans un tableau n'est spécifique du poil humain, au moins n'existe-t-il pas de poils d'animaux chez lesquels on les trouve tous réunis; si bien qu'il est toujours facile, conlraiiement à l'opinion de Jaunies, de distinguer les poils humains des poils des animaux.

Homme. Animaux.

Canal médullaire .

Ht'seau aérien lincment granuleuse. Contenu aérien à vésicules plus ou

moins volumineuses.

Cellules médullaires invisibles Cellules raéilullaires très appasans (iissociation préalable. rentes.

Valeur lie l'indice médullaire (rap- Valeur de l'indice rfl^.dul|îiire supéport du diamètre de la moelle au rieure à 0,;iO. diamètre de la ti^e) intérieure à 0,30. Poils de duvet dépourvus de moelle. >Joelleenéchelqns oumpoiliforme

dans les poils de duvet- Substance corticale.

Forme un nianchon épais. Constitue un cylindre creu.v assez

mince.

Pigment en gr£^nulations homo- Pigment en granulations irrégugènps, |.rùs fines. lières, toujours plus grosses que chez

l'homme.

Cuticule.

Ecailles minces, peu saillantes, Ecailles épaisses, saillantes, moins fortement imbri^iuées. fortement imbriquées (|ue chez

j'homm^.

§ 3. — De quelle partie du corps les poils proviennent ils ?

Qéterminer de quelle région du corps provient un poil humain, tel est le problème qui se pose fréquemment dans les expertises médico-légales, problème en général insoluble si le nombre des poils soumis à l'examen est trop minime.

Le diagnostic repose sur l'étude du poil au triple point de vue de la longueur, du diamètre et de la forme (fe la pointe.

On distingue tout d'abord les poils de duvet à leur faible longueur (1 centimètre au plusy, à leur minceur (25 à 40 a), à labsence de canal médullaire et de pigment. Les poils de duvet ne présentent aucune dillerence sur toute la surface du corps.

Plaçpfls-pqus d'abord dans l'hypothèse d'un adulte; plus loin nous étudierons les poils suivant les âges.

Poils d homme adulte. — Parmi les poils de l'homme adulte, ceux qui mesurent plus de 8 centimètres sont des poils de barbe, exceptionnellement des cheveux; les poils de longueur moyenne, de 3 à 8 centimètres, peuvent provenir du pubis, du scrotum, de l'aisselle, de l'anus, mais ils peuvent être aussi des poils de barbe ou des cheveux; enfin les poils courts de moins de 3 centimètres, s'ils sont entiers, sont des cils, des sourcils, des vibrisses, ou des poils de la poitrine, de labdomen, des membres.

Une première division est donc basée sur la longueur du poil;

PPJLS.

ùS't

encore faut-il avoir présents à Tesyjrit les cas assez rares dhypertrichose, caractt-risés par le développement excessif des poils du tronc et des membres.

Considérons donc tout d'abord le cas où les poth examinés mesurent plus de S centimètres. Suivant l'épaisseur des poils, on aura afTaire soit à des cheveux, soit à des poils de barbe. On peut en effet poser en principe qu'un poil mesurant plus de 80 a n'est pas un cheveu.

En vérité, il existe chez le même individu des cheveux (fig. lOo) dont le diamètre varie de 30 à 117 a et l'épaisseur des poils de

Fig. 105. — Cheveu i d'hom ne. Fig. 106. — Cheveux de femme.

c, cheveu blanc pourvu d'un canal m 'dul- b, cheveu 1 lond dépourvu de moelle. —

laire continu, dont le contenu aérien a été n, cheveu châtain, chassé à la partie inférieure. — a, cheveu châtain à moelle discontin e. — b, cheveu châtain dépolir» u de moelle.

barbe oscille entre 04 et l;i3 ;j. (ces valeurs correspondent à la partie la plus épaisse de chaque poil . Toutefois, les valeurs extrêmes sont rares, alors qu'au contraire les poils de diamètre moyen sont très nombreux. Il n'en est pas rnoins nécessaire de posséder au moins plusieurs poils et de faire la moyenne de leurs diamètres, si l'on veut aboutir à un diagnostic précis.

Voici les diamètres moyens chez l'homme (ÛEstprlen) :

narbo Jf?"^.'- :•!'* 1^

Clieveux

Joues 104

Menton 12a —

Nuque 56 |x

Front 69 —

Tempes 66 —

Vertex Tii —

Dans la ]jlii|iaiL des cas, les pointes des poils de barbe, comme celles des cheveux chez l'homme, ont été coupées, particularité facile à mettre en évidence, ainsi que nous le verrons plus loin.

Pour les poils de longueur moyenne (3 à 8 centimètres), la difficulté est déjà plus grande, puisqu'on peut avoir affaire aux poils du pubis, de laisselle, comme aussi aux cheveux et aux poils de barbe ou de mouslache.

11 convient donc d'ajouter aux diamètres déjà signalés ceux des poils que nous venons d'énumérer :

Moustache 11.-; ^l

Pubis 1:21 —

Aisselle ■ 74 —

Scrotum 84 —

On voit par ce tableau, rapproché du précédent, que les poils de barbe, de moustache et du pubis sont des poils épais, que les cheveux, les poils du scrotum et de l'aisselle sont au contraire plus lins. 11 en résulte une première division parmi les poils de longueur moyenne.

Parmi les poils épais, les poils du pubis (fig. 107) se distinguent par l'existence d'une extrémité libre arrondie ou renflée en massue, mais, en tout cas, non coupée ; ces poils, très aplatis, sont plus frisés encore que les poils de barbe et surtout que les poils de moustache; ajoutons que l'indice médullaire dépasse rarement 0,20. alors qu'il atteint 0,30 pour les poils de moustache. 11 est fréquent de constater sur les poils du pubis, même chez l'homme, des impuretés provenant des sécrétions génitales, des cristaux de forme variée et des spermatozoïdes.

Les poils de barbe sont toujours sectionnés à leur extrémité libre, car il est constant, au moins dans nos régions, de couper la baibe, soit périodiquement chez l'adulte, soit, chez l'adolescent, au moment oii elle commence à pousser et où elle produit un elTet disgracieux. On trouvera tantôt une section à angles nets si la barbe a été coupée récemment, tantôt des angles mousses et arrondis, si les poils n'ont pas été coupés depuis un certain temps.

Les poils de moustache (fig. 107) sont au contraire presque tou-

jours pourvus d'une extrémité libre non coupée, effilée et conique; de plus, ces poils ont une coupe plus arrondie que les poils du pubis ou de la barbe et paraissent, par suite, moins frisés. Dans le «rroupe des poils de longueur moyenne, dont le diamètre

Moustache.

Fig. 107.

Il, un poil de moustache avec canal médullaire développé au niasimum. — ft, partie du même poil voisine de la pointe. — c, pointe. — rf, poils du pubi^. — c, partie voisine de la pointe. — f, pointe.

Grandes lèvres.

1Û8J — Femme.

/, poil du puhis avec moelle très irréguliére. — n, partie voisine de la pointe. — m. pointe. — e, poil des grandes lèvres. — s, son extrémité renflée en massue ; on remarquera à la s:!rface du poil des irrégularités dues à la présence de poussières et d'impuretés.

est inférieur à 100 ;j., se trouvent compris les cheveux, les poils de l'aisselle et du scrotum.

Les cheveux de l'homme se distinguent immédiatement par leur extrémité coupée plus ou moins récemment, alors qu'au contraire les poils de faisselle et du scrotum ont des pointes arrondies, renflées en massue ou terminées en pinceau.

Les poils du scrotum sont en général plus épais que ceux de *"aisselle, lisses et pauvres en pigment.

Les poils (le laisselle sont recouverts sur toute leur longueur «l'une couche de matières grasses, floconneuses, à lintérieur de laquelle on trouve de nombreuses poussières et des débris de la cuticule (fig. 109). Sous l'action des sécrétions sudorales, les poils de l'aisselle prennent une coloration plus ou moins rousse.

Enfin les poils courts, chez l'homme, sont les cils, les sourcils, les vibrisses et la plupart des poils des membres et du tronc.

■* CoQuFLirV'

Fig. 109. — Poils de l'aisselle (homme).

a,b.c, d, diver» fragments de poils de l'aisselle: Il surface de c^s poils e^t irrégulière, souvent dépourvue de cuticule et eng.iinée dans ua mag na d:; mati'^res grasses, provetant des glandes sudorales de l'aisselle.

Fig. 110. — Poils de l'avant-l ras (homme). I, m, poils de l' avant-bras avec moelle ruflimentaire. — n, extrémité d'un poil eflilochéc par le frottement des vêtements.

Les cils, sourcils et vibrisses ont une longueur de 1 centimètre au plus, exception faite pour certains poils de sourcils, chez des hommes d'âge avancé. Cçs pqils sont caractérisés par leur pointe très fine et leur aspect, fusiforme; présentant au niveau de }a partie renflée un diamètre au moins égal à celui d'uji cheveu de femme, ces poils se renflent près de la racine ^t se rétrécissent près de la pointe avec une grande brusquerie, et c'est là une particularité qui suffit pour les reconnaître.

POtLS. 541

Les cils ont Une forme arquée très spéciale, une i-acine élioite et une pointe très aiguë (fig. 96). Lfeur diamètre chez Ihommé est de 67 ;j. : celui des sourcils est de 90 ;jl : les vibrisses du nez fet de Toreilie ont une épaisseur de 86 a.

Le? poils du ti-enc ont Un diamètre de 70 u.; ceux des membres sont plus fins et mesurent seulement 43 a. On reconnaît ces poils à leur pointe, tantôt eflilochée et conique (poitrine), tantôt renflée en massue ou eflilochée en pinceau (membres, fig. 110 , et aux éraillures causées par le frottement des vêtements.

Foils de femme adulte. — Chez la femme, lés poils dont la longueur dépasse 8 centimètres sont des cheveux. Les poils dé longueur moyenne proviennent du pubis, des grandes lèvres ou de l'aisselle. Les poils courts sont des cils ou des sourcils. 11 n'existe ordinairement pas de poils sur les membres, sauf les poils apigmentés de duvet.

La difficulté dU diagnostic de lorigine des poils est donc moins grande que chez l'homme.

Les cheveux fig. 106) sont caractérisés par leur longueur, leur faible diamètre (moins de 80 ;a;, l'absence habituelle de moelle, la forme fendillée ou effilochée de la pointe.

Les poils du pubis (fig. 108) sont crépus, épais (i20 tx) et présentent une extrémité conique ôU renflée en massue ; là moelle est assez développée et forme un boudin irrégulier.

Les poils des grandes lèvres fig. 109 sont les homologues des poils du scrotum et leur diamètre moyen ne dépasse pas 90 y.. Ils sont remarquables par lirrégularilé de la cuticule, leur teinte souvent roussâtre; ces altérations sont dues aux souillures par l'urine, le sang des règles, les sécrétions utérines et vaginales.

Les poils de l'aisselle ont les mêmes caractères que chez Ihomme.

Les poils courts sont des sourcils ou des cils fig. 9.5 et 96), Ces derniers caractérisés par leur forme arquée et leur aspect nettement fusiforme. Les cils de la femme ont 95 ;j. d'épaisseur, les sourcils 60 ;j..

§ 4. — Les poils sont-ils d'origine masculine ou féminine?

Nous savons à présent reconnaître la région du corps dont proviennent les poils, à condition d'avoir au préalable déterminé si nous sommes en présence de poils d'origine masculine ou féminine. C'est ce dernier problème qu'il convient d'envisager.

Supposons tout d'abord que les poils soumis à l'examen soient à

la fois longs et minces (plus de 8 centimètres de longueur, moins de 80 ;j. de diamètre; : ces poils sont forcément des cheveux.

Or les pointes des cheveux ont toujours été coupées chez l'homme et seuls quelques cheveux courts de poussée nouvelle, ainsi qu'un certain nomhre de cheveux atrophiés, ont échappé à laction des ciseaux.

Au contraire, les cheveux de la leniiiie ont leurs pointes non coupées, et eflilochées en pinceau par faction du peigne. On tiouve même des eflilochures consécutives à une ca.ssure du cheveu. De plus, les cheveux de la femme .sont plus fréquemment dépourvus de canal médullaire que ceux de l'homme.

Parmi les poils de longueur moyenne, écarluns d'abord ceux dont la pointe a été coupée et qui proviennent forcément d'un homme (poils de barbe, cheveux). Les pointes sont-elles intactes, la confusion pourrait s'établir entre les poils du pubis, des grandes lèvres, de l'aisselle, chez la femme, et les poils du pubis, du scrotum, de l'aisselle, de la moustache, chez l'homme.

On reconnaît immédiatement les poils de l'aisselle au manchon graisseux qui les entoure: mais nous n'avons pas trouvé pour ces poils tle différences sexuelles nettes.

Les poils du pubis de la femme ne peuvent se coufondre qu'avec les poils du pubis et les poils de moustache de l'homme. Or les poils pubiens de l'homme sont généralement un peu plus fins que ceux de la femme et possèdent des racines noueuses ; les poils de moustache sont toujours plus lisses et moins crépus que les poils du pubis féminin.

Enfin les poils des grandes lèvres pourraient être confondus avec les poils du scrotum ; on les en distingue par les éraillures nombreuses de la cuticule et par les détritus qui les souillent d'une faron constante.

Nous avons déjà indiqué plus haut (page o27) les caractères qui permettent de différencier les cils et sourcils de l'homme de ceux de la femme. ... .,

Nous récapitulons dans le tableau suivant les particularités giâce auxquelles il est possible d'établir simultanément le lieu d'implantation des poils et leur oiigine masculine ou féminine.

/ Lf diamètre moyun est inférieur k

, \ 80 jx Chtveuc ttiasculins.

Poils coupes, j L^. jiaojèlie moyen est supérieur a

f 100 (ji ' Barbe.

La longueur est supérieure à 8 cenliinètres Cheveux féminins.

Poils entourés d'un manclion graisseux Aisselle.

La [ Poils ^ Racine noueuse Pubis de ikomme.

longueur V crépus. ' Racine niim-e ^Hubisde la femme.

c^t ' / Épaisseur supérieure à

comprise i l 100 [x Momlache.

jntre 3 I Poils ) ,-, . Cuticule^ in-

et 8 cent, f lisses. V '.-""'' \ tacte.... Scrotum. intérieure „ ,• , . i Gulioule

^' ^ tr. éraillée. Grandes lècres.

Extrémité Diamètre super, à 60 jjl . Poils du Ironc.

uséeou en \

. 1 pinceau. ( Diamètre inf. à GO |ji.. Poils des membres.

, I -Diamètre

longueur 1 . .

" ' I 1 supérieur

. ,, . i Extrémité l Forme \ à 80 a... Cil féminin.

infineure J »„, , J • / r» • ■ +

à 3 cent. / '^"'.^^^^ i ^'■^"''^- »l^™^'t''^'

' ou aiguè. / / in'eneur

' V à 80(1... Cil masculin. Korme sinueuse Sourcils, vibrisses.

^ 5. — Quel est l'âge de l'individu dont proviennent les pbils?

Ce n'est qu'après avoir obtenu des indications sur la région du corps dont proviennent les poils que l'on peut penser à déterminer Tàge de lindividu.

Enfanis et adolescents. — Le problème est assez simple, puisque les seuls poils des enfants sont des cheveux. Œslerlen a donné la valeur du diamètre moyen des cheveux aux différents âges:

12 jours ' 24 y.

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